Traitement des Déchets
Je regrette que le Conseil Général des Bouches-du-Rhône et la Communauté Urbaine Marseille Provence Métropole n’aient pas recherché une solution commune sur une question aussi sensible que celle du traitement des déchets.
Car au-delà des oppositions de fond sur le procédé industriel, la conscience de devoir régler un problème urgent et qui concerne tout le monde aurait dû conduire les acteurs à s’engager sur la voie de la mutualisation pour aboutir à un projet unique, cohérent, moderne, préservant l’environnement et la santé, et beaucoup plus ambitieux que ceux proposés actuellement. Au lieu de cela, les solutions envisagées par l’une et l’autre des collectivités risquent de donner naissance à deux projets distincts qui s’opposeront, et qui finalement ne satisferont personnes. J’aurais souhaité, dans ce domaine, que chacun puisse dépasser la tentation d’une approche individualiste.

L’incinérateur n’ajouterait parait-il que 2 % à la pollution générée par la sidérurgie, mais sans doute est-ce, en l’état actuel de l’opinion, 2 % de trop ?
On a quand même fait des progrès depuis le Moyen-Age, comme on peut le constater à l’aide de la lecture mise en lien.
Le projet d’incinérateur est plus ancien que la démarche entreprise par le Conseil Général, d’où son archaïsme. Sans doute Guérini est-il content d’embêter Gaudin, qui sait quant à lui que de devoir trier les déchets fera davantage d’électeurs mécontents à Marseille, que d’électeurs nouveaux qui voteront pour lui. L’atmosphère politique n’est-elle pas parfois polluée aussi ?
Rédigé par:Dora Factis | le 13 décembre 2005 à 23:51
J’avais lu aussi votre intervention sur le site du Groupe communiste et partenaires de la CUM. Dès lors qu’on se place dans la perspective d’un procédé durable, on ne peut qu’être favorable aux solutions que vous préconisez dans cet article : «nous partons de l’idée d’une priorité absolue à la collecte sélective, au tri, au recyclage, au compostage pour transformer nos déchets en ressource». Qu’il s’agisse de votre demande d’un débat technique, ou d’une concertation qui jouerait également un rôle de sensibilisation du public, j’adhère également.
Mais comme le relève l’intervenante précédente, le débat est également politique et je comprends qu’il soit de bonne guerre, pour des opposants au maire de Marseille, de lui faire la guerre sur ce projet.
Pour que le sujet ne soit pas phagocyté dans une guerre politique ou idéologique, mais qu’il donne lieu au débat que vous souhaitez, informez-nous plus complètement, à charge et à décharge comme on dit :
1) Alors que partout on ne parle que d’incinérateur, je lis dans la Provence de ce matin qu’il s’agit d’un incinérateur de 300 000 t, couplé à une usine de tri et de méthanisation de 110 000 t, le tout fonctionnant sur la base d’une collecte sélective, comme le projet (sans incinérateur) du CG 13.
2) La ZIP de Fos n’a-t-elle pas été faite pour recevoir des activités parfois polluantes (c’est le cas de la sidérurgie), loin des zones urbaines denses ? Est-ce vrai que la pollution de cet incinérateur ne représenterait qu’une pollution supplémentaire de 2 %, à celle déjà engendrée par la sidérurgie ?
Ces aspects techniques méritent d’être sommairement abordés, tout comme les aspects financiers. Dans la mesure où vous préconisez la création d’une SEM, où l’histoire nous apprend qu’on y a trouvé des pratiques et des coûts parfois éloignés de l’intérêt général qui les a légitimés, je suppose que ça reviendra beaucoup plus cher. Donnez un ordre de grandeur du coût de l’investissement et de celui du fonctionnement de la filière dans les deux cas.
Vous pouvez aussi mettre des liens dans vos textes, pointant vers des pages de sites où nous pouvons trouver cette information.
Je saisis l’occasion de votre blog pour prendre la parole, parce que j’avais déjà tenté de le faire sur http://www.cococum.org/ où cette possibilité est apparemment offerte, mais je n’ai jamais vu mon intervention arriver en ligne, ni aucune autre. A moins que le peu d’érotisme qui se dégage du sacro-saint principe de vos sites, qui est d’empiler les interventions des élus, pour montrer combien ils travaillent bien et pour la bonne cause, ne soit dissuasif. Dialoguez plutôt.
C’est pourquoi je salue l’arrivée de votre blog et l’initiative courageuse que vous avez prise d’accepter le débat, comme il est d’usage dans un blog : mise en ligne automatique de toute intervention, en modérant si nécessaire à posteriori dans les cas d’injures ou d’atteinte aux bonnes mœurs, mais surtout, en répondant à vos interlocuteurs.
Rédigé par:Jean-Louis | le 15 décembre 2005 à 19:42
Vous pouvez consulter le site du Centre national d’information indépendante sur les déchets, très complet sur les risques liés à l’incinération : http://www.cniid.org/
Rédigé par:Frédéric Dutoit | le 18 décembre 2005 à 12:08
Sur l'incinérateur :
Je viens de recevoir le compte rendu du comité départemental d'hygiène dont la préfecure (état) tire les ficelles. Si tous les représentant de gauche et associatifs avaient été présent et avait voté contre, l'avis de ce CDH aurait été négatif. Il est dommage de constater que Mrs Dutto et Molino qui y siègent étaient absents (n'ayant pas pris la peine d'envoyer leurs suppléants), ainsi que l'abstention de l'UDVN qui représente les assoc d'environnement.
bien à vous
Bruno Malvezin
Rédigé par:Malvezin Bruno | le 05 janvier 2006 à 12:58
Personne ne sait aujourd'hui, à partir de grandes d'unités industrielles traiter correctement le problème des déchets, sans nuisances pour la santé des populations riveraines.
Une des solutions reste le traitement en petites unités, après avoir effectué un tri sélectif très rigoureux, en responsabilisant les citoyens. Comment responsabiliser les citoyens? En leur faisant payer l'élimination de leurs déchets... s'ils payent, ils trient, et s'ils trient, il y a des solutions. Dans les zones d'habitat individuel : lombriculture: élimination de 40% des déchets fermentescibles par ce procédé qui est écologique.
Toutes les communautés d'agglomérations auront à traiter ce problème. Jusqu'à ce jour, les élus et les industriels essayent de traiter ce problème à moindres coûts, et dans l'opacité la plus totale. Voir notre cas dans le gard, à Salindres, où l'on projette une usine devant traiter, dans un village de 3200 âmes les déchets de 106.000 habitants. Projet bâclé, mal ficelé, mais tout le monde s'en fout. Personne ne veut les déchets des autres, mais dans notre commune, un bon samaritain (le Maire) accepte tout pour une aumone pour 2€ par tonne de déchets.Tout cela sans demander son avis à la population, tout cela sans évaluer les risques et la dangerosité potentielle bactérienne,virale, mycosique, etc... (aspergillus fumigatus et flavius entre autres)Problème des bioaérosols, de la redéposition des poussières...
Les industriels proposent des usines clefs en mains, avec de beaux dessins,un process (procédé industriel) sans failles...sur le papier: ils lavent l'air, promettent "0" rejet atmoosphérique, etc...
Allez jeter un coup d'oeil... édifiant! http://salindresvillepoubelle.over-blog.com/
Enfin, une précision: il ya , derrière les déchets une montagne d'Euros en jeu... ne vouis étonnez pas des "montages" douteux qui sont la règle aujourd'hui: tout le monde y gagne: élus, industriels; les euls qui perdent: ce sont les habitants qui doivent subir les risques, les dangers en cas de pannes, erreurs humains, ou défauts de conception et les nuisances!
Vous êtes dans notre cas? Vous pouvez me contacter!
Rédigé par:le citoyen conscient et responsable "lambda" | le 14 janvier 2006 à 13:43
Pourquoi chacun informe-t-il de façon aussi partielle sur ce sujet, où la cause des anti-incinérateurs paraît d’autant plus juste, qu’elle constitue une arme destinée à combattre le maire de Marseille ?
Est-ce que la commune d’Istres a demandé aux communes riveraines si elles étaient d’accord pour que sa station d’épuration pollue l’Etang-de-Berre, qui appartient autant à tout le monde que l’air de Fos ? Allez vous promener sur les berges de l’Etang là où ces eaux « épurées » se déversent : c’est un cloaque. Il y a pourtant plusieurs jolies plages dans le coin.
On parle du non à l’incinérateur après le référendum que les communes ont réalisé, mais la question posée n’était pas celle-là. Elle portait sur la souveraineté des élus sur leur territoire, comme s’il s’agissait de Monaco ou de l’Andorre.
Personne ne m’a contredit sur les 2 % de pollution supplémentaire générés par cet incinérateur par rapport à la sidérurgie déjà installée sur le site. Quelle est la vérité ? Les communes qui on fait ce référendum n’ont-elles pas pleuré lorsque la 2ème tranche de l’usine sidérurgique qui aurait doublé la production, n’a pas été réalisée ?
J’apprends qu’il y a 140 incinérateurs de ce type, mais moins modernes, en fonction actuellement sur le territoire national, est-ce exact ?
Je lis également plus haut que si MM Dutto et Molino avaient siégé au comité départemental d’hygiène et que l’UDVN ne s’était pas abstenue, cette commission aurait émis un avais négatif.
Beaucoup d’informations manquantes et de questions sans réponse dans ce thème de discussion. Pas non plus de positionnement clair de M. Dutoit. Mais bon, parlons de musique.
Rédigé par:Dora Factis | le 17 janvier 2006 à 15:26
Beaucoup d'informations manquent effectivement pour pouvoir emettre un avis éclairé. C'est ce que j'exprime dans mon nouveau billet sur la décharge / Centre de Stockage des Dechets d'Entressen.
Car de quoi s'agit-il finalement ?
D'une part de la question du traitement des déchets dans les Bouches du Rhône, et sur cette question il semble que les ambitions politiques des uns et des autres viennent considérablement polluer le débat. Car finalement la méconnaissance des risques liés à l'incinération, malgré qu'il puisse déjà exister des incinérateurs dans notre pays, ne font pas de ce procédé un procédé d'avenir, sage et vers lequel il convient de se diriger.
La solution que je propose aujourd'hui est de considérer la modernisation d'Entressen. On pourrait effectivement s'appuyer sur cette structure, équipée des techniques les plus modernes, pour traiter les déchets les 3 prochaines années en attendant la mise en place du Plan Départemental, qui parie lui sur la méthanisation-tri-compostage.
Sachez que si ce centre ferme à la fin de l'année comme cela est prévu, les nouveaux espaces de stockages tout neuf seront vides au 2/3. Il serait dommage que la Communauté Urbaine ait investit à perte plus de 8 M€. Et c'est ce qui m'a incité à déposer un projet de modernisation de la loi de 1992.
D'autre part cette affaire a effectivement mis en avant la question du droit des élus à disposer de la destination des sols sur leur territoire. Il apparaît ici que les lois de decentralisation et de démocratie de proximité sont largement remises en cause. Et je trouve dommage que M. GAUDIN s'engage dans la construction d'un incinérateur à Fos, précisemment parce qu'il y est dégagé de toute pression électorale.
Le débat reste ouvert, je vous invite à continuer à écrire, et je vous promets de répondre à vos commentaires dès que le temps me le permet.
Enfin je suis effectivement très fier de redire ici toute mes fécilitations aux membres du groupe des Psy 4, originaires du Plan d'Aou et qui ont su créer une musique pleine d'émotion.
Rédigé par:Frédéric Dutoit | le 17 janvier 2006 à 17:18
Une réponse plus locale qui manquait peut-être, dans un échange trouvé sur le blog du maire d'Istres : http://istresdialogue.typepad.com/michelcaillat/2006/01/pas_de_banalisa.html
Rédigé par:Jean-Louis Schwendimann | le 31 janvier 2006 à 20:59
La lettre de la Région de Mars 2006 propose un petit article "environnement" en page 21 intitulé : "le compostage, un geste fertile". Cette action, coordonnée par le groupe énergie renouvelable et environnement (GERES) et financée par la Région et l'ADEME est menée grâce au concours de cinq jardins du réseau des Jardins Solidaires Méditérannéens et proposent, outre une démarche d'insertion, des visites, ateliers. En résumé, une initiative intelligente relayée par des associations compétentes et motivées. Un seul bémol, on n'y parle pas ou peu de lombriculture (un peu comme si on oubliait de parler du solaire dans le cadre des énergies renouvelables). Ceci dit, j'ai pris contact avec ces associations et je vais de ce pas leur fournir toute l'information utile à leur démarche.
Rédigé par:Cyril Aubligine | le 21 mars 2006 à 12:17
Sur l'incinérateur, toute la vérité doit être dite.
On pourra ainsi s'étonner que les maires successifs de Fos aient favorisé depuis des années la venue à Fos d'un vaste centre de retraitement des déchets marseillais. Sans exclure l'incinération.
Là est le vrai scandale de la situation actuelle.
Brandir un combat anti-incinération, pour mieux faire avaler à la population fosséenne d'accueillir la gestion des déchets marseillais, telle est la manoeuvre des élus fosséens depuis des années. Ont-ils demandé à la population son avis, eux qui cherchent maintenant à se cacher derrière elle pour empêcher le projet d'incinération ?
N'a-t-on pas affaire à des apprentis sorciers qui se sont brûlés les doigts ?
Et dans toute cette histoire, où est passé l'intérêt de la population fosséenne ?
Pour lever un coin du voile :
www.avenir13.org
Rédigé par:Avenir 13 | le 18 avril 2006 à 18:04