DADVSI : nos réflexions depuis Marseille
Jeudi 9 février s’est tenue à mon initiative, en Mairie de Secteur, une réunion débat sur la loi DADVSI. La diversité des personnes présentes (bibliothécaires, défenseurs des logiciels libres, blogueurs, artistes, handicapés, etc.) a permis un débat de qualité, chacun ayant une approche différente de la loi et de ses conséquences.
Les Podcasts audio et vidéos de la réunion seront bientôt disponibles sur le blog d'Annie Viglielmo et sur Pauv'Cast.
Quant à moi, fort des multiples interventions de jeudi soir, je continue à parfaire mon argumentation pour le débat prévu en mars à l’Assemblée Nationale.

Deux podcasts sont à présent en ligne sur Meltingtalks avec une première partie consacrée à l'intervention de Frédéric Dutoit pendant le débat et la mienne sur le podcasting.
La deuxième partie donne à entendre 5 interviews avec des plasticiens, musiciens, bibliothéquaires, association de promotion des logiciels libres et Frédéric Dutoit qui conclue sur la position qu'il adoptera à l'Assemblée Nationale.
Je donne également ma propre position sur les DRM : moulette ou miroir aux alouettes ?...:)
Quelques problèmes techniques ont retardé la diffusion de la video, mais elle ne saurait tarder !
A bientôt
Annie Viglielmo
Rédigé par:Annie Viglielmo | le 14 février 2006 à 13:20
J'étais à la table-ronde de F.Dutoit podcastée par Annie de Meltintalks.
Je poste ici un commentaire (très personnel) que j'ai également posté chez Annie.
Il y avait pas mal de gens plus intéressés par une occasion de s'opposer, de combattre et de brandir des étendards, que de réfléchir vraiment ensemble sur quoi faire, et comment.
Le vieux cirque militant, quoi.
1) j'apprécie l'intelligence politique et le sens de l'ouverture que ça signifie, surtout chez un communiste. Pas vraiment dans la ligne (je veux dire dans les habitudes de ses camarades) et c'est à noter. J'étais assez content de rencontrer un politique qui se choisit ce genre de cheval de bataille, plutôt que de revendiquer le conservatisme habituel. (mais je ne voterai pas pour autant communiste, à titre personnel, même si Loic Le Meur le fait !)
2) je ne crois pas du tout aux vertus de la licence globale. Par principe et par expérience les systèmes de taxe aveugle sont injustes, inefficaces et génèrent un mauvais niveau de redistribution.
Ensuite, c'est retomber dans le pire travers de l'intermittence du spectacle : la "fonctionnarisation" des artistes, en les rémunérant sur une collecte de fonds qui s'apparente plus à l'impôt qu'à la reconnaissance de leur talent par le public.
3) il y a un grave malentendu avec les DRM : en anglais il s'agit, si je traduis correctement, de "gestion des droits numériques", et en français on a appelé ça les mesures techniques de protection.
Il y a loin de la gestion à la protection.
4) Plus sur les DRM (et ça a été dit, mais ça n'est pas vraiment le cheval de bataille de tous les "opposants") : la question de l'interopérabilité, notamment pour la musique ; mais c'est aussi vrai pour les textes d'ailleurs, et pour les images ou la vidéo, les formats n'étant pas nécessairement compatibles ; voir à ce sujet les questions de transfert et d'affichage sur les terminaux mobiles.
C'est là le vrai danger, tant pour la liberté de choix, de consultation et de prêt, que pour la question de la pérennité de l'accès. Ca a été très bien dit par les personnes qui travaillent en bibliothèques. Imaginons un peu qu'une société détienne le monopole de l'encre, ou celui du papier.
D'ailleurs, à la Libération (après guerre) ç a fait l'objet d'une législation très forte pour garantir la liberté de la presse, donc le débat politique et l'information générale.
Je ne suis pas opposé, en tant qu'entrepreneur aussi bien que "philosophiquement" à la notion de protection de droits légitimes. Mais il ne s'agit pas de ça en fait, mais simplement de la lutte à mort (économique) entre les empires d'hier (les majors, les éditeurs, les sociétés de droits) et les aspirants empires de demain, qui eux viennent de l'informatique, de l'internet et des telecoms.
Je ne vois qu'une seule voie : la réappropriation de leurs droits initiaux par les artistes "responsables". Les autres resteront des machines à faire du cash pour les empires (les anciens aujourd'hui, les nouveaux demain).
A côté pourrait se développer une autre façon pour les artistes de se produire, de se promouvoir, de se diffuser, en assumant totalement (je souligne totalement) les responsabilités qui vont avec les droits.
quelques-uns l'ont compris. Mais il reste un sacré chemin à faire dans ce monde d'individualités souvent soulagées de ne pas "se salir les mains" avec ces questions très ennuyeuses dont veulent bien se charger les maisons de prod et les autres.
Merci à Annie et à F. Dutoit de ces belles occasions de faire - un peu - avancer les choses.
Il faut aussi en profiter pour dire que F Dutoit aide depuis ses débuts le festival des Rencontres de la Voix organisé par Les Voies du Chant, association à laquelle je consacre un peu de mon temps ; qu'il en soit remercié ici aussi.
Rédigé par:Michel Lecour | le 15 février 2006 à 16:38
J'aimerais intervenir,
La licence globale optionnelle.
Il me semble tout à fait possible de mettre en place un système de distribution décomptant les oeuvres téléchargées.
Ce qui assurerait assurément une distribution plus juste que celle des majors reposant notamment sur "estimations de ventes" et la célébrité de l'artiste.
Rédigé par:Raph | le 15 février 2006 à 19:13
Je trouve affligeant la tournure que prend le débat sur le projet de loi Droits d’Auteur et Droits Voisins dans la Société de l’Information.
Premièrement, Les médias jouent la carte de la propagande pro DADVSI et de la désinformation. A leurs yeux nous citoyens et consommateurs sommes pris comme des délinquants et pirates alors que la copie privée est encore légale. C’est intolérable d’être traité de cette façon dans un pays soit disant démocratique, serions nous revenu à un état vassal de Vichy ? C’est honteux.
A part la copie privée, que vont devenirs les logiciels libres comme Linux faces au DRM ? Je vois en cela juste un moyen de les éliminer pour laisser place au géant de Redmond Microsoft et à Apple principaux producteurs de DRM.
Aucune chaîne télévisé n’a encore eu le courage d’ouvrir un vrai débat en direct avec tous les intervenants de la musique libre, logiciel libre, les associations comme EUCD.INFO, les webradios, les bibliothécaires, les députés contre le projet de loi, les députés pour la loi, les majors, enfin un débat démocratique et approfondi.
Deuxièmement, suite au reportage de France 2 « Complément d’enquête » du 13 février 2006, M. Daviot député UMP a déclaré au journaliste, je cite « Quand un président d'organisme menace des parlementaires de leur supprimer des subventions pour des festivals c'est du lobbying. » et M. Carayon rajoute un peu plus loin dans la discussion « Mais les enjeux financiers sont considérables. Et, les enjeux financiers, parfois, justifient pour certains des méthodes que la morale réprouve. »
Je demande donc à vous, Monsieur les Députés élus de la nation, respectueux de la démocratie et des conditions d'examen d'un projet de loi dans notre république, d’appuyer l’association EUCD.INFO dans sa demande d’établir une commission d’enquête sur cette affaire de pression politique des députés par les majors pour faire adopter au plus vite le projet de loi DADVSI.
Rédigé par:S-ATAn | le 22 février 2006 à 01:22