La Ville de Marseille a décidé, aujourd’hui 6 février, d’adhérer à l'Association des Développeurs et des Utilisateurs de Logiciels Libres pour les Administrations et les Collectivités Territoriales dans le cadre de sa démarche sur l’utilisation des logiciels libres. Bravo !
Les objectifs de l'A.D.U.L.L.A.C.T sont de constituer, maintenir et promouvoir un patrimoine de logiciels libres permettant de mutualiser les développements existants en les rendant homogènes, compatibles et interopérables ; de définir une charte de qualité commune dans les cahiers des charges pour des appels d'offres mutualisés, les membres feront développer ensemble des logiciels libres qui viendront grossir le patrimoine commun ; enfin, d’encourager l’utilisation de ce patrimoine. Cela permettra de rejoindre une communauté de collectivités qui souhaitent partager entre elles des ressources logicielles libres afin de mieux utiliser l'argent public, de participer à la mise en place de la structure nécessaire pour animer cette communauté à l'échelon national, de permettre à la Ville de Marseille de jouer un rôle actif et de faire entendre sa voix dans les choix d'architecture et le développement de ce patrimoine commun de logiciels, d’avoir accès aux services réservés aux adhérents, et notamment à un espace de téléchargement de logiciels ayant fait l'objet d'un contrôle qualité suffisant pour qu'ils soient pris en charge sans surprise par des professionnels de l'informatique. Mais j’ai alerté le Maire de Marseille que si la loi « Droit d’Auteur et Droit Voisin dans la société de l’Information » (dite dadvsi) est adoptée, tous ces objectifs de liberté seront annihilés. Marseille, comme toutes les autres collectivités ne pourra plus utiliser les logiciels librement. Le gouvernement veut en effet légaliser la pratique des DRM, ou mesures techniques de protection. En d’autres termes, la ville de Marseille devra payer à chaque fois qu’un de ses services téléchargera un fichier. Elle devra payer chaque fois qu’elle voudra adapter un logiciel issu des grosses industries de l’informatique. Elle devra payer chaque fois qu’un marseillais utilisera un fichier musicale ou littéraire dans une bibliothèque municipale comme l’Alcazar par exemple. Je me suis félicité, bien entendu, de l’adhésion de Marseille à l’Association des Développeurs et des Utilisateurs de Logiciels Libres pour les Administrations et les Collectivités Territoriales, et j’ai demandé au Maire de Marseille d’intervenir pour faire retirer cette loi inique de l’ordre du jour du parlement de la république.



