400 000 au mois de février, près d’un million de manifestants mardi dernier, le rejet de ce nouveau contrat de travail est massif. La précipitation avec laquelle le gouvernement a fait adopter son texte dit « Egalité des chances » est indigne. C’est une faiblesse que de vouloir légiférer dans ces conditions. C’est la preuve que ces mesures, et tout particulièrement le CPE, ne sont pas partagées.
La jeunesse de notre pays, rejoint par une majorité de salariés, ne veut pas d’un contrat de travail qui la soumet au droit divin de l’employeur. Elle ne veut pas d’un contrat de travail qui lui impose 2 ans de mise à l’essai, sans protection, et qui au final peut être rompu à tout moment, sans justification, sans motivation ! Elle ne veut pas de ce contrat de travail qui méprise toutes les recommandations internationales imposant pourtant une justification à la rupture du contrat de travail et des protections pour les salariés ! A défaut, tous les abus seront possibles. On le voit déjà avec le CNE qui est source de nombreux contentieux. Cette instabilité juridique n’est pas bonne ni pour les entreprises, ni pour les salariés et ni pour notre économie et l’emploi ! Le CNE, d’ailleurs qui n’a pas véritablement créé d’emploi. De l’aveu même du Premier Ministre, un tiers d’entre eux auraient donné lieu à des créations d’emploi. Donc les deux tiers restants ont été des effets d’aubaine pour les employeurs ! Le CPE risque de connaître le même sort. Plutôt que de légaliser la précarité du travail, les 600 000 emplois qui doivent se libérer par an pendant 10 ans en raison des départs à la retraite, doivent être un moyen de créer des emplois stables pour les jeunes. Et non pas une aubaine pour les grandes entreprises cotées au CAC 40 ! On ne prépare pas l’avenir sérieusement dans ces conditions en rendant incertaines les conditions de vie de milliers de jeunes. Il n’y a pas de fatalité au CPE, d’autres choix sont possibles et le gouvernement n’a pas le monopole de la bonne décision. Sinon, un million de personnes n’auraient pas exigé le retrait du CPE. La lutte contre le chômage ne doit pas être le prétexte à la précarité généralisée qui est la cause déjà dans ce pays de la misère et de la pauvreté.



