Sogerma-Mérignac : l’Etat et EADS ont les moyens de sauvegarder les activités et les emplois.
Soucieux de redorer leur blason aux yeux de l’opinion, le premier ministre et son gouvernement se présentent en sauveur des salariés de la Sogerma, alors que, pour l’heure, ils se contentent de négocier avec la direction d’EADS un accompagnement et un étalement du plan de casse du site de Mérignac. Au lieu d’entériner une réduction massive des effectifs et un abandon de l’activité de maintenance aéronautique, il faut rechercher en toute transparence les moyens de sauvegarder et de développer le potentiel industriel existant, qui représente la base la plus solide pour d’éventuelles diversifications.
La société EADS, qui a réalisé 1,7 milliard d’euros de profit net en 2005, a les moyens d’assurer la pérennité de l’établissement de Mérignac dont les pertes conjoncturelles ne représentent que 10% des 250 millions d’euros de déficit de sa filiale Sogerma. EADS et l’un de ses actionnaires majeurs, le groupe Lagardère, ont des comptes à rendre à nos concitoyens, eux qui prospèrent grâce aux commandes et aux aides publiques. Ces firmes bénéficient notamment de divers soutiens accordés dans le cadre des pôles de compétitivité, qui couvrent à ce jour 73 zones dans le pays pour un montant d’aides estimé à 1,5 milliards d’euros en trois ans. Il serait incompréhensible que l’argent des contribuables soit utilisé sans aucun contrôle ni aucune contrepartie, au moment où des centaines d’emplois sont menacés à Mérignac. Les responsables de l’Etat et des collectivités locales concernées doivent suspendre le versement de toute subvention à des entreprises dépendantes d’EADS afin d’obtenir l’ouverture de véritables négociations sur les propositions alternatives avancées par les représentants du personnel et les organisations syndicales. Le gouvernement doit agir pour que les programmes aéronautiques civils et militaires ne soient pas l’occasion d’une mise en concurrence sans foi ni loi, sur fond de moins disant social, mais que les appels d’offre participent au contraire à la mise en valeur des atouts industriels et des compétences de nos territoires dans une coopération équilibrée avec nos partenaires européens.

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