C’est avec émotion que j’ai accueilli dans ma mairie d’arrondissements des quartiers nord de Marseille, samedi 24 juin, les familles sans papiers pour célébrer le parrainage républicain destinés à mieux protéger ces enfants et ces familles menacées d’expulsion. Emotion car je me souviens que c’est ici, en 1998, que Guy HERMIER avait initié ce dispositif solidaire. Emotion car j’ai reconnu des visages de femmes, d’hommes et d’enfants que j’ai déjà rencontrés dans cette mairie, dans mes permanences parlementaires, dans les quartiers et les cités. En ce samedi 24 juin 2006, des citoyens, des marraines et des parrains ont déclaré accepter la mission de protéger des êtres humains sans papiers et d’œuvrer en faveur de la régularisation administrative de leurs dossiers sur le territoire national, en application des droits de l’homme et des principes de solidarité et de fraternité de la République française.
A l’écoute des associations impliquées dans cette cause de la dignité humaine, à l’écoute des femmes et des hommes que j’ai rencontrés un peu partout en France, et bien évidemment par cette conviction chevillée au cœur, j’ai pris l’initiative de ces parrainages ; une initiative qui s’inspire de la Déclaration des droits des quartiers élaborée par la mairie des 15ème et 16ème arrondissements de Marseille en concertation avec les habitants. Dans son article 8 qui me tient particulièrement à cœur, il est dit que « la population de nos quartiers est riche de sa diversité, du brassage des cultures, des pratiques religieuses, des traditions, des modes de vie. Sa mixité sociale irrigue le moule fécond de la citoyenneté ; c’est un repère fondamental qui trouve son expression première dans le croisement de ses diversités ». Cette déclaration est un vibrant appel à « oublier la peur des différences et vaincre les a priori pour mieux rencontrer les autres » dans la patrie des droits de l’homme malheureusement étouffée par la politique dogmatique et inhumaine du ministre de l’Intérieur et de ses soutiens. Nous sommes ensemble pour à la fois dénoncer la tentative d’expulsion de dizaines de milliers de personnes de cette France terre d’accueil et dire à ces victimes d’une double peine que nous nous engageons solennellement à les défendre contre des actes barbares. Il n’y a pas d’autres mots qui me viennent à l’esprit lorsque le gouvernement s’apprête à accélérer sa chasse au faciès, sa chasse à l’homme. Il n’y a pas d’autres mots qui me viennent à l’esprit lorsque des enfants vivent dans la peur d’être expulsés vers « leur » pays que la plupart du temps ils ne connaissent pas, ce pays que leurs parents ont quitté pour rechercher en France cette liberté qu’ils ont déjà perdue une fois. Condamnées à vivre dans la clandestinité, pour le plus grand plaisir des marchands de sommeil et de quelques entrepreneurs spécialisés dans le travail au noir, des familles affichent au grand jour leur colère, leur indignité. Leurs rêves aussi ; leur espoir de vivre en paix, dans cette France du sursaut républicain. Il est réconfortant de voir des femmes et des hommes de tous horizons devenir des citoyens engagés, solidaires de leurs voisins de pallier. Il est réconfortant de voir des solidarités naître, même dans la souffrance. Le
jeune élève que l’on veut expulser, c’est parfois le copain de son propre enfant, celui que justement on a invité à un goûter. Dans ce combat, des voix s’élèvent pour empêcher l’irréparable. Comme des personnalités, des artistes, des sportifs, des intellectuels s’engagent également à protéger des enfants. On assiste à une vraie prise de conscience face aux dérives sécuritaires, répressives ; des dérives empreintes d’aveuglement et de surdité face aux drames humains qui se trament partout en France. Face au rassemblement de militants, de démocrates, de républicains, le gouvernement a été contraint à quelques reculs. Je me souviens avoir relayé cette dynamique naissante à l’Assemblée nationale auprès de Nicolas SARKOZY et de sa majorité. Aujourd’hui, une circulaire adressée aux préfets a pour objet, je cite, de « présenter les mesures ponctuelles à prendre à l’égard des ressortissants étrangers en situation irrégulières dont un enfant au moins est scolarisé, dont il leur avait été demandé de suspendre l’éloignement jusqu’à la fin de l’année scolaire 2005/2006 ». Cette avancée, qu’il nous revient de bien mesurer car elle est recèle de nouveaux possibles, ne concernerait toutefois que 720 familles sur près de 50 000 dossiers recensés par le Réseau éducation sans frontières. Je constate également que le gouvernement n’assume pas ses propres responsabilités et renvoie l’examen de toutes les demandes des familles « au cas par cas » vers les préfets et leur « pouvoir d’appréciation ». Je persiste à penser et à dire, à Marseille comme à l’Assemblée nationale, que la France s’honorerait à abandonner cette politique indigne d’elle et de ses valeurs de tolérance. Elle s’honorerait à assurer une sécurité juridique aux enfants et aux familles menacés d’expulsion. Elle s’honorerait à régulariser les sans papiers une fois pour toutes. C’est le sens de la journée de parrainages du 24 juin 2006 ; c’est le message qui nous unit par-delà nos différences et que nous entendons transmettre à l’opinion et aux plus hautes autorités de l’Etat.
Je viens de lire dans l'Expresse que le Député Bruno GILLES venait de déposer une proposition de loi visnt à instaurer une journée d'hommage nationale aux victimes du communisme.
Q'en pensez-vous?
Pourquoi n'en parlez-vous pas?
Rédigé par: Marc | le 26 juin 2006 à 16:24
Une journée d'hommage nationale aux victimes du communisme? J'aurais admis une journée d'hommage nationale aux victimes du Stalinisme, mais du communisme, l'amalgame est rapide. D'autres pourraient alors proposer une journée d'hommage nationale aux victimes du capitalisme en pensant aux victimes des colonies, des guerres mondiales etc. Ce genre de combat d'arrière garde est fait pour éviter de condamner les totalitarismes, tous les totalitarismes d’où qu’ils viennent. Soyons honnêtes et condamnons ensemble toutes les atteintes à la dignité humaine pour tenter ensemble, avec nos conceptions différentes du monde, de ne jamais recommencer les atrocités faites par l’homme au nom de ses idées. Amicalement.
Rédigé par: Frédéric DUTOIT | le 26 juin 2006 à 23:02