La Communauté Urbaine de Marseille va tenir sa deuxième convention sur le logement le 22 juin prochain. La situation de l'habitat est d'une telle gravité dans notre ville, que l'on ne peut plus se permettre les rendez-vous manqués. Aussi faut-il faire le point sur la politique du logement de la droite marseillaise initiée dès 1997 lors de l'approbation du plan local pour l'Habitat. Depuis plus de 11 ans, la majorité municipale n’a eu de cesse de se plier aux exigences des promoteurs et des investisseurs présents sur la ville.
Ce sont les fonds de pensions américains tels Lone Star, les Bouygues, GeorgesV et autres Kaufman and Broad qui construisent la ville. Les difficultés sont éludées, masquées par les grues des promoteurs qui répondent aux besoins des seuls investisseurs et de 8 % de la population marseillaise. Lors de la Conférence Départementale du Logement du 15 juin, nous avons pu mesurer l'état des besoins, l'ampleur des freins. Même l'emploi fait les frais de cette carence en offre diversifiée d'habitat. A Marseille, on nous répond que l'on met en chantier 5 000 logements par an. Insuffisant, très insuffisant quand on a plus de 22 000 demandes de logements sociaux en attente sur Marseille et plus de 34 000 sur la Communauté Urbaine de Marseille, quand des dizaines de milliers de marseillais s'entassent dans des taudis insalubres et dangereux. Notre ville a un manque dramatique de logements sociaux. Combien d'années faudra-t-il, à raison de 800 logements par an, pour satisfaire les demandes ? Le logement social est une urgence vitale dans tous les arrondissements de la ville. L'application de la loi SRU par arrondissement avec 20 % de logement sociaux doit être le seuil minimal. Le logement social doit remplir toutes ses missions, du très social à l’accession à la propriété. Les années des gouvernements Raffarin-Villepin-Sarkozy ont été désastreuses. En 2001, 2 900 logements sociaux financés par l'Etat ; en 2002, 1 366 ; en 2003, 941 ; en 2004, 1 129 ; en 2005, 1 305 ; et pour l'instant 2 483 en 2006. On n'a toujours pas rattrapé 2001. Depuis un an, le Maire de Marseille président de la CUM a découvert que les primo accédants ne pouvaient plus acheter dans notre ville, alors vous demandez, dans certaines opérations, de mettre des appartements à 2 300 euros le m2, 5 là, 10 là-bas. En fait, la droite municipale ne construit pas la ville pour répondre aux besoins des habitants mais pour la rentabilité des produits. Le m2 flambe du fait de la marge prise par les promoteurs. La presse a mis en exergue, le différentiel entre le coût de la construction, de 800 à 1200 euros le m2, et le prix de vente autour de 2 800 euros le m2. C'est donc bien la marge du promoteur qui contribue pour l'essentiel à l'augmentation considérable du prix au m2. Pourquoi des fonds de pension texans se sont intéressés à la rue de la République par exemple ? Parce que ce sont des produits de rentabilité rapide. Mais aujourd'hui leur marge brute risque d'être écornée par la lenteur des travaux, et pour vendre à la découpe les appartements doivent être restaurés au plus vite. Alors, ils ne se gênent pas pour rappeler à l’ordre la ville de Marseille et les offices HLM même si pour arriver plus vite à leur fin il faut s'asseoir sur la réglementation française. Pourtant, les outils pour une autre politique de l'habitat existent, PLU, PLH, loi SRU, ANRU, ZAC, EPFR etc. Aujourd'hui ces outils sont aux services d'une politique libérale, c’est pourquoi ils ne peuvent atteindre l’efficacité que l’on est en droit attendre de leur utilisation. Il en va aussi des cessions d'actifs de la ville, de l'Etat, du PAM ou de la SNCF. La ville de Marseille, en 5 ans, a cédé plus de 50 millions d'euros à des promoteurs pour des opérations spéculatives. Autres exemples du peu de cas, fait y compris des dispositifs gouvernementaux, comme celui de l'ANRU. Seuls deux dossiers marseillais ont été validés. Il s'agit de Marseille Flamants et Marseille Plan d'Aoù. 1% des sommes engagées par l’ANRU sont affectés pour Marseille la grande capitale euro-méditerranéenne. On mesure là l’aide que le gouvernement apporte à la deuxième ville de France. La droite marseillaise mène depuis plus de 11 ans une politique d'exclusion. Elle dilapide toutes les capacités de Marseille aux profits de quelques investisseurs. Cette politique est vouée à l'échec. Elle conduit à l'insécurité de la vie pour les marseillaises et les marseillais, en empêchant tout parcours résidentiel, en laissant la porte ouverte aux marchands de sommeil, et n'offre que l'alternative de logements insalubres pour une grande partie de nos concitoyens. Une politique ambitieuse de logements sociaux contribuerait à construire une ville ouverte, solidaire et attractive. C'est avec les marseillaises et les marseillais qu'il faut agir pour construire la ville, une ville remarquée, agréable à vivre, respectueuse de ses habitants et de son environnement. L’avenir est à ceux qui auront le courage de faire Marseille avec toute sa population, dans l’intérêt général. C’est ma conviction.



