Lors du deuxième Comité interministériel de prévention de la délinquance, qui s'est tenu sous la présidence du Premier ministre le 24 mai, Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur, a exposé son projet de loi de prévention de la délinquance. Prochainement présenté aux parlementaires, ce texte, deuxième phase de la politique de lutte contre la délinquance, "entend renforcer le pouvoir des maires, lutter contre les comportements à risque et assurer un meilleur suivi des délinquants sexuels".
L'UMP vante parmi les mesures qui figurent dans l'avant-projet, celles qui renforcent le pouvoir du maire. Ce dernier présidera un «conseil des droits et des devoirs des familles», qui pourra effectuer des rappels à l'ordre et proposer des mesures d'aide aux parents qui rencontrent des difficultés à assurer leur mission d'éducation, il pourra également proposer un accompagnement parental «lorsque l'ordre et la tranquillité publique sont menacés», il détiendra le pouvoir de décider d'une hospitalisation d'office. Les conseils locaux de prévention de la délinquance sont généralisés à l'ensemble des villes de plus de 10 000 habitants. Pour le juge Jean-Pierre Rosenczveig : "Tout logiquement les pouvoirs du maire ont le vent en poupe : il lui reviendrait de recevoir les informations, y compris nominatives, sur les familles en difficulté, de mettre en œuvre les politiques et les réponses adaptées. Concrètement à travers son délégué, il recevrait les informations utiles détenues par les travailleurs sociaux. C'est le maire-shérif, juge et décideur politique qui se dessine au risque en le faisant entrer dans l'arène qu'il perde l'autorité morale dont il dispose qui transcende son origine politique"



