Suppression de 15000 postes de fonctionnaires !
Le Premier ministre vient d’annoncer, pour l’an prochain, la suppression de quelques 15000 postes de fonctionnaires, dont 8700 au moins dans l’Education nationale, au prétexte de réaliser des économies. Cette réduction sans précédent du nombre des agents de l’Etat témoigne une fois encore du mépris dans lequel il tient notre fonction publique, le peu de cas qu’il fait de nos services publics et des besoins de nos concitoyens.
Il est scandaleux de faire des fonctionnaires les boucs émissaires des choix politiques désastreux de la droite. Que signifie le fait de supprimer autant de postes dans l’Education nationale, quand les évènements qui se sont déroulés dans nos banlieues à l’automne dernier, devraient au contraire nous inciter à renforcer l’efficacité de notre système éducatif, à améliorer l’encadrement scolaire de nos enfants ? Le gouvernement fait, une fois de plus, fausse route en consentant des cadeaux fiscaux démesurés aux ménages les plus aisés, aux détenteurs de gros patrimoines, aux entreprises du CAC 40. Le tout à fond perdu, pour venir ensuite nous expliquer qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses et qu’il faut faire des économies. De qui se moque-t-on ? Il se moque de l’ensemble des français, qui sont demandeurs de services publics toujours plus performants et efficaces, ce qui ne peut se faire sans maintenir un niveau d’emploi élevé dans la fonction publique. Il se moque également de nos agents publics, auxquels vous continuez de refuser tout rattrapage de leur pouvoir d’achat. Mais il est vrai que vous vous préparez également à ne pas revaloriser le Smic cette année, sans doute pour permettre à quelques poignées d’actionnaires d’accroître leurs profits.

Vive les gouvernements qui font le contraire de ce qu'il faut faire pour s'en mettre plein les poches :)
Rédigé par: Romain | 17 juin 2006 at 11:42
15 000 postes de fonctionnaires de moins mais on recrute dans les collectivités et les association subventionnées, et comment ! Ci-après une intervention de Hélène Geindre dans la Lettre du Territorial :
« Les jeunes et les moins jeunes (par effort de solidarité) se sont opposés fortement à la mise en place de contrat précaire tel que le CPE dans les entreprises privées. Ils ont obtenu gain de cause.
« Pendant le même temps, les collectivités locales et les associations, encouragées par les représentants de l'Etat dans le cadre du plan de cohésion sociale, se sont lancées dans le recrutement de jeunes de moins de 26 ans grâce aux Contrats d'Accompagnement à l'Emploi (CAE). Ces contrats de deux ans maximum permettent à l'employeur de bénéficier, selon les cas, de 70% à 105% du SMIC en subventions. (…)
« L'aspect négatif du phénomène, c'est bien entendu l'utilisation abusive d'un système de contrats aidés à caractère précaire par des collectivités qui, encore une fois, donnent des leçons aux entreprises privées mais ne savent pas montrer l'exemple.
« Le positif c'est de découvrir qu'il existe encore des jeunes qui font le choix d'une mission avant celui du statut, mais peut-être avec la conviction au fond d'eux, que les collectivités publiques offriront une sécurité qu'ils ne trouveront jamais dans le privé et tant pis s'il faut pour cela attendre que leurs aînés aient pris leur retraite et contracter une "période d'essai" de 2 ou 3 ans. »
Rédigé par: Jean-Louis | 23 juin 2006 at 18:15
Emploi public
Il semble que cette affirmation de 15 000 postes de fonctionnaires supprimés soit un peu sortie de son contexte de l'évolution de l'emploi public : http://www.pournepasmouriridiot.eu/pnpmi/Convergences%20R.html
Je cite : "la tendance lourde est que, en onze ans, le nombre des agents de l’Etat a cru de 245 000 alors que, plus généralement, l’effectif de la fonction publique augmentait de 752 000 agents dont 650 000 fonctionnaires titulaires" (pp 41 et 44) : http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/cgi-bin/brp/telestats.cgi?brp_ref=064000380&brp_file=0000.pdf
Rédigé par: Jean-Louis | 04 juillet 2006 at 17:47