Aujourd’hui, le conseil municipal a autorisé le Maire de Marseille à signer un bail emphytéotique avec l’association « la Mosquée de Marseille ». La création de ce nouvel équipement est la reconnaissance concrète des besoins issus de la diversité culturelle de Marseille. A ce jour, seuls les marseillaises et les Marseillais de confession musulmane n’avaient pas de lieu de culte connu et reconnu, ce sera chose faite demain.
Le respect de l’Autre est une des valeurs de la République que Marseille s’est toujours enorgueilli de défendre. Face à la montée des extrémismes politiques et religieux, des démagogues de tous poils, des populistes patentés, apprécions l’expression des différences, la foi dans le dialogue et la tolérance. Les dangers qui menacent Marseille ne sont pas la religion, la philosophie ou la politique. Il est clair qu’à Marseille où toutes les religions sont représentées, où les musulmans sont originaires du Maghreb, de l’Afrique noire et d’Europe la laïcité est parfois malmenée. Le chômage, la mal-vie ou cet horizon de logements indignes enterrent fréquemment les derniers espoirs, les dernières croyances en une société plus humaine. La République a mal à ses valeurs : la liberté, l’égalité, la fraternité, la laïcité. Est-ce une raison pour ne plus croire en elles ? Aussi je veux faire miennes ces phrases écrites par Jean Jaurès dans le premier numéro du journal « l’Humanité », le 18 avril 1904 : « A mesure que se développent chez les peuples et les individus la démocratie et la raison, l’histoire est dispensée de recourir à la violence (…) Qu’une vigoureuse éducation laïque ouvre les esprits aux idées nouvelles et développe l’habitude de la réflexion ». Un siècle après, j’estime que la laïcité impliquera toujours, aujourd’hui comme demain, que la conviction de l’autre, différent, participe de l’épanouissement de l’humanité. La laïcité, c’est la rencontre de l’autre, la liberté de conscience, la liberté de pensée ; c’est le refus de la pensée unique. Exactement le contraire recherché par les intégristes qui ne représentent en rien les musulmans de notre ville. La laïcité, c’est aussi et surtout cela, c’est permettre à chacun et à chacune d’exercer sa religion en toute transparence. C’est cette conception qui fonde l’unité de Marseille, celle d’aujourd’hui comme celle de demain. Avec ce projet, les Quartier Nord de Marseille deviennent un phare et une vitrine de la pluralité marseillaise. Une nouvelle dynamique est lancée dans les quartiers Nord de Marseille. Cette mosquée sera situé sur la ZAC de St Louis, site des abattoirs, lesquels il y a 20 ans organisaient la vie sociale de ce quartier et qui, de part leur fermeture avaient engendré la perte de lien social. Mais pour que ces quartiers de St Louis, la Calade/Bernabo, redeviennent avec l’ensemble des quartiers nord un lieu dynamique vecteur de développement pour l’avenir de Marseille, a été voté en 1999 un projet avec la réalisation d’un Plan d’Aménagement de Zone comprenant l’Ecole de la 2ème chance, des logements, une petite zone réservée à l’activité économique, etc. Ce projet avait été à l’époque validé par la population. Or, cette exigence citoyenne je l’ai réaffirmée à plusieurs reprises. Dans les quartiers nord, rien ne ce fait sans la concertation de la population. Sans la prise en compte de cette démarche citoyenne rien ne peut se réaliser, rien ne peut se construire, rien ne peut s’élaborer. C’est pourquoi, nous ne pouvions modifier le projet de la ZAC des abattoirs sans repasser devant la population pour modifier les objectifs du Plan d’Aménagement de Zone qui avait été défini pour permettre l’implantation du centre culturel musulman et la mosquée, l’implantation de l’école catholique, le Centre National des Arts et Métiers, un nouveau parking de plus de 400 places, l’ouverture de la zone des abattoirs par une transversale piétonne et trois transversales routières. Aussi, j’ai obtenu du Maire de Marseille une concertation avec la population avant que notre conseil municipal ne l’autorise à signer ce bail emphytéotique pour la réalisation de la mosquée de Marseille. Cette concertation c’est déroulée mardi dernier et les citoyens présents ont validés les modifications du projet de la ZAC St Louis. A travers les débats tenus lors de cette réunion publique, nous avons fait la démonstration de la possibilité de donner un sens noble au mot politique dès lors qu’il s’agit de travailler concrètement à la réponse publique aux besoins des populations et ce, quels que soient les clivages politiques. On est bien là dans le respect de la démocratie participative et je m’en félicite. C’est donc fort du vote unanime de tous les groupes politiques, de mon Conseil d’Arrondissement qui s’est tenu le lendemain, que j’ai proposé aux membres du conseil municipal de voter en faveur de la signature du bail emphytéotique pour la mosquée de Marseille. Après cette expérience positive de l’exercice de la citoyenneté, je peux dire aujourd’hui combien je suis fier d’être le Député-Maire des Quartiers Nord de cette grande ville de Marseille et de toute sa population.



