Il me semble qu’après onze années de gestion libérale, les inégalités se sont aggravées dans notre ville. Les risques sont nombreux de voir monter les individualismes, de contempler passivement le délitement des liens sociaux et humains qui ont fondé Marseille et qui font de notre belle cité un tout, un ensemble cohérent et stable. La réponse que nous apporterons tient en un mot : la solidarité. C’est ce principe qui guidera notre projet pour Marseille. Aussi je me prononce :
1/ Pour une solidarité dans le logement
Je pense que seule une réponse politique peut mettre un frein à la spéculation et aux dérives dans le logement. Marseille compte 22 000 demandes de HLM non satisfaites, un habitat privé très dégradé. Il s’agira donc de produire plus de logements sociaux que les 1000 prévus annuellement pour répondre aux demandes et faire disparaître le parc social de fait, sans toutefois créer des ghettos. Cela nécessite que la puissance publique intervienne de manière forte.
Car la puissance publique a un rôle, celui de contenir l’explosion du prix du foncier en usant des outils appropriés (ZAC, ZAD, EPFR), en acquérant les terrains pour les revendre sous conditions aux constructeurs (avec des objectifs forts en terme de mixité sociale) ; la puissance publique devra également s’attacher à rétablir l’équilibre par arrondissements en ce qui concerne le logement social, à diversifier les types de logements (pour étudiants, pour personnes âgées), à inciter la construction de type Haute Qualité Environnemental, à soutenir la filière du BTP, etc.
2/ Pour une solidarité entre les Marseillais grâce à l’augmentation du nombre d’Equipements Publics
Ils doivent être suffisamment prévus dans les quartiers qui en sont dépourvus et où les besoins sont nombreux. La construction d’équipements publics doit aussi être envisagé dans les quartiers « émergents », autrement dit les nouveaux quartiers comme Le Mont d’Or. Par équipements publics, j’entends des crèches, des écoles, des structures permettant aux services publics de pouvoir s’exercer.
3/ Pour une solidarité dans les transports
Un vrai réseau de transport en commun doit servir à tous les marseillais et doit permettre de diminuer l’usage de la voiture. Il s’agira donc de réaliser de grands projets : fin de la L2 et construction d’un véritable réseau de transport en commun en site propre, en jouant la carte de la complémentarité entre les lignes, offrant des tarifs abordables aux usagers. A terme, il faudra envisager de rendre le vieux port aux piétons, de donner toute leur place aux modes de déplacements doux, et de libérer Marseille d’un trafic routier devenu trop imposant et qui porte atteinte à la qualité de vie.
4/ Pour une solidarité avec les demandeurs d’emploi, et le soutien au secteur secondaire
Il conviendra de soutenir l’activité industrielle créatrice d’emplois, et notamment le PAM et le bassin de Saint Menet. Du dynamisme de l’activité industrielle dépendra la bonne santé du secteur tertiaire. Marseille devra aussi parier sur le développement des services à la personnes. Enfin il sera nécessaire de favoriser le développement de pôle de formation et de professionnalisation permettant à chacun de se former tout au long de sa carrière.
5/ Pour une Culture solidaire et populaire
Parce la culture est créatrice de liens, les activités et les pratiques artistiques sont au cœur de notre société. Témoins de leur époque, elles permettent de s’ouvrir au monde et de se construire. Il me paraît nécessaire de trouver une conception neuve de la culture qui réponde aux aspirations populaires tout en se proposant de les émanciper. Il me paraît essentiel de favoriser la pratique artistique dans tous les milieux et dans tous les territoires et notamment auprès des plus jeunes.
6/ En faveur des actions qui tendent à plus de solidarité
C’est le soutien aux activités associatives, sportives et culturelles, mais aussi la mise en place de pratiques sous utilisées par la municipalité actuelle ; je pense notamment à la concertation systématique avec les habitants sur tous les projets.
Finalement, mener une politique solidaire revient à se tourner vers les Marseillaises et les Marseillais et à permettre à chacun de se loger dans des conditions décentes, de se déplacer autrement qu’en voiture, de travailler, d’accéder à la culture, aux loisirs…
En outre, Marseille aura d’autres défi à relever : se hisser au rang de capitale Euroméditerranéenne, être une place économique importante (à ce sujet, il ne sera pas judicieux de s’appuyer uniquement sur Euromed ; les nombreuses industries pourront aider à cela). Marseille aura aussi vocation à combler le fossé méditerranéen et accentuer le rapprochement entre les deux rives de la Méditerranée. C’est l’histoire même de notre ville qui l’exige.
Tous ces défis ne pourront être relevés qu’avec l’appui fort des Marseillaises et des Marseillais. Voilà pourquoi le premier défi sera de garantir l’intégration de toutes et tous à notre ville et de permettre à chacun d’avoir accès à la qualité de vie.




