Meeting des forces antilibérales à Aubagne : « Unité, unité, unité ».
Par Christian Digne (La Marseillaise, le 30 juin 2006).
Plus d’un millier de personnes a participé à Aubagne au meeting des forces antilibérales. Malgré les obstacles rencontrés, la volonté d’unité autour d’un projet et de candidatures communes en 2007, ne cesse de grandir. Il y a eu les discours, le plus souvent dynamiques et charpentés, de la quinzaine d’orateurs, incarnation de la riche diversité des forces antilibérales. Mais l’événement du meeting d’Aubagne dépasse le cadre formel de ces interventions. Il tient à la dynamique de la vague qui monte du peuple de la gauche radicale et alternative.
Dans la salle du Palais des congrès aubagnais, plus d’un millier d’acteurs de l’alternative antilibérale n’était pas venu faire de la figuration. Ils voulaient se faire entendre urbi et orbi. Pour lancer quel message ? La nécessité et l’urgence de « l’unité » autour d’un projet, d’un rassemblement et de candidatures pour la présidentielle et les législatives. Dix fois, quinze fois, les orateurs ont été interrompus par ce mot d’ordre qui puise sa substance dans la victoire référendaire du 29 mai dernier, dans le retrait imposé du CPE. Avant même que le meeting ne commence, un participant dont le témoignage a été projeté sur grand écran donne le ton. Coupe du monde oblige, il s’inspire du célèbre slogan de 1998 : « et un, la victoire du non ; et deux, le retrait du CPE ; et trois la candidature unitaire et un score à 2 chiffres en 2007 ». Le doute n’est plus permis l’absence de démarche et de candidatures communes des forces de la gauche antilibérales ouvrirait la porte à de nouvelles désillusions et à un « vote utile » aux perspectives incertaines. Car, ainsi que le souligne le maire d’Aubagne Daniel Fontaine, « 2%+2%+2%+2% au soir du premier tour de la présidentielle, cela fera zéro ». Chacun doit jouer le jeu collectif. Ce désir d’union, l’ensemble des représentants des collectifs locaux l’ont décliné à tous les modes. « Ici, inaugurons une campagne unitaire qui nous mènera à la victoire », lance Sylvie Pillé, d’Aubagne-La Ciotat. Elle propose que dès septembre, soit établi « un collège électoral le plus large possible » pour « désigner par un vote citoyen » les candidats communs. Si elle est forte, cette exigence ne minimise pas les difficultés rencontrées. Aucun des représentants des forces et partis politique n’a tenté de masquer les problèmes en suspens. La candidature annoncée d’Olivier Besancenot par la LCR fait débat. Selon Alain Krivine, son parti « souhaite qu’un débouché politique soit trouvé à la mobilisation sociale. Nous voulons qu’il soit unitaire ». Mais il ne peut y avoir « d’alliances parlementaires et gouvernementales avec la direction du PS ». Dans une vidéo enregistrée, Olivier Besancenot précise qu’il « est prêt à retirer » sa candidature s’il obtenait "toutes les garanties qu’une éventuelle candidature unitaire n’aille pas soutenir un nouveau gouvernement socialiste ». Pour José Bové, « ce n’est pas la bonne stratégie » car « nos adversaires attendent que l’on se plante ». S’il répète qu’il est « prêt à assumer ses responsabilités dans la campagne », il ajoute : « chacun doit jouer le jeu collectif. (..) Je fais le pari qu’on peut gagner. Nous ne sommes pas là pour témoigner ni pour apporter une bonne conscience sociale. Nous faisons la campagne pour être en tête ». Recherchant « une victoire partagée » qui refuse « la personnalisation du débat », le porte-parole du PCF, Olivier Dartigolles rappelle qu’ « une alternative réelle est possible » mais que « seul un grand rassemblement durable pourra changer la donne ». Pour le jeune dirigeant communiste, « la décision du conseil national de la LCR n’est pas une bonne nouvelle » car « avec une pareille posture, nous n’aurions pas gagné en 2005. ». Il propose « l’objectif d’être les premiers à gauche ». S’il rappelle la mise en débat par le PCF d’une candidature issue de ses rangs, il ajoute : « la campagne présidentielle doit se faire à plusieurs voix ». Pour Yves Salesse, la menace principale n’est pas la réédition de la gauche plurielle car les forces antilibérales ont su traduire « en mesure concrètes » 1a logique de la rupture au libéralisme. Pour lui, annoncer sans connaître « la diversité des situations politiques » qui naîtront de 2007 qu’il n’y aura « aucun accord gouvernemental ou parlementaire avec le PS nie le combat politique ». « Levons une nouvelle force politique, lance Yves Salesse, ensemble nous pouvons y parvenir. » Une proposition au collectif national. Au nom du collectif départemental, le député Frédéric Dutoit a fait la proposition que le collectif national se saisisse de la question des candidatures et impulse un grand débat dans tous les collectifs locaux et dans tout le pays.

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