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Mon Hommage à Guy Hermier, vendredi dernier.

Copie_de_img0034 Le 28 Juillet 2001, Guy HERMIER nous quittait après avoir lutté avec courage, détermination et abnégation pendant plusieurs années contre cette terrible maladie qui le rongeait. Des années durant lesquelles il a continué, malgré tout, à assumer toutes les responsabilités que les habitants de ces quartiers lui avaient confiées au travers de ses mandats de député, de conseiller régional puis de maire sans oublier les responsabilités que ses camarades lui avaient données au sein du Parti communiste français.

Tous les ans depuis, j’ai souhaité organiser cette cérémonie pour rendre hommage à cet homme de courage, de fidélité et d’honnêteté, cet homme d’exception. Mais je ne pouvais le faire sans l’accord de Simone, son épouse. Cette année enfin, Simone m’a donné son autorisation pour organiser cette cérémonie en hommage à Guy. Comme elle me l’a confirmé récemment, je cite : « je ne vois aucune opposition pour que tu fasses quelque chose pour les cinq ans….. Mais je ne me sens pas le courage d’y assister. Tu peux faire ce que tu entends…. Je t’embrasse, Simone.» Aussi, je veux te dire Simone, merci pour tout. Nous comprenons que ta peine soit encore trop présente pour être avec nous aujourd’hui. Sois assurée de mon total soutien, de mon affection et mon amitié la plus sincère. Guy était une grande figure nationale respectée par tous quelles que soient nos convictions. Je suis d’ailleurs très sensible aux centaines de messages de personnalités connues et inconnues qui ont tenu à s’excuser pour leur absence mais qui ont voulu nous dire qu’elles étaient avec nous par la pensée aujourd’hui. Je ne peux citer tout le monde, et vous m’en excuserez, mais je veux notamment remercier pour les messages chaleureux qu’ils m’ont adressés mesdames et messieurs, Jean-Louis Debré, Jean-Michel Dubernard, Emile Zuccarelli, Dominique Voynet, Noël Mamère, Marie-Georges Buffet, Robert Hue, Alain Krivine, Jean-Noël Guérini, François Holland, Ségolène Royale, et bien d’autres encore. Permettez-moi également un message personnel qui s’adresse à mon ami Jack Ralite. Tu le sais Jack, ton soutien, ta présence aujourd’hui est pour nous, est pour moi un réconfort et une invite à poursuivre sur le chemin tracé ici par ton fidèle ami Guy Hermier. C’est pourquoi, je suis chargé de te transmettre de la part de Marcel Tassy, ancien député, et de celle de tous les compagnons de combat de Marseille et de notre région qui ont fait un bout de chemin avec toi et Guy, et qui n’ont pu être présent aujourd’hui, je cite Marcel : « toute l’amitié affectueuse à mon vieux camarade et ami Jack Ralite ». C’est encore avec l’émotion au cœur que je veux donc rappeler aujourd’hui le souvenir de Guy Hermier. Issu d’un milieu familial modeste, Guy entre à l’école normale de Nîmes. La poursuite de ses études le conduira jusqu’à l’obtention de l’agrégation de lettres modernes. Après avoir été secrétaire général de l'Union des étudiants communistes de 1964 à 1968 et participer à la création de l'UNEF-renouveau, il militera pendant quarante ans au Parti Communiste Français où il défendra tout particulièrement la cause des intellectuels. En 1979, il lancera l’hebdomadaire « Révolution ». Guy était pour moi ce qu’il était aux yeux des autres : un homme de passions, un homme de grandes convictions, un homme de réflexion et d’action. A l’échelon national, comme à l’échelon local, c’était le même homme politique engagé au service des autres, au service de la liberté d’expression, au service de l’émancipation humaine. Un homme ouvert à l’autre, aux idées neuves ; réfractaire à tous les sectarismes, à tous les communautarismes, à tous les intégrismes. Un homme droit qui a toujours combattu la politique politicienne, les populismes. Guy, était le monsieur Propre de la politique. Un homme politique intègre, un exemple pour tout le monde, par-delà les sensibilités des uns et des autres. Bien des hommes et des femmes politiques feraient bien de suivre ce chemin à l’heure ou la démagogie et le cynisme se substituent au débat d’idée. Même s’il s’est toujours battu pour faire exister sa différence, la fidélité à ses convictions fut son honneur et sa force, tout au long de sa vie. Il a toujours pensé et agi en homme de culture et de dialogue, au service du progrès et de la liberté d'expression. J’ai personnellement beaucoup appris à ses cotés. Avec lui, nul n’était besoin de démonstrations, d’explications, de consignes. Jamais il ne voulait guider l’autre, il le laissait libre. Libre de choisir, de proposer, de faire, en toute responsabilité. L’émouvant hommage que vous venez de lui rendre est significatif des liens démocratiques et humains qui unissent ceux qui savent donner toute sa dimension à l’esprit républicain. Je vous en remercie. Pour moi, Guy était avant tout un ami, un grand frère. Si je suis maire et député aujourd’hui, c’est parce qu’avec Guy, j’ai appris tous les jours à ses côtés que la politique devait être faite du respect de l’autre, d’écoute, de réflexion, d’ouverture d’esprit. C’est avec Guy, grâce à lui, à son inestimable expérience, à son intelligence politique, à son humanisme que j’ai appris, jour après jour, le sens de mon engagement au service des autres dans les mandats électifs auxquels rien ne me destinait. Il avait placé sa confiance en l’avenir pour les quartiers nord de Marseille, pour toute la cité phocéenne. Les grands défis qu’il avait lancés pour redonner à nos quartiers et à sa population une place majeure dans Marseille, nous les accomplissons jours après jours, malgré les obstacles, les embuches, et les difficultés. Fidèle à sa volonté, aujourd’hui, de l’Estaque à la Belle de Mai, en passant par Saint Louis et la Cabucelle, les quartiers changent, ils s’épanouissent, ils reprennent vie pour le bien être de leurs populations. Le regard que l’on peut poser sur ces quartiers ressemble à celui que l’on poserait sur un minot qui se serait éloigné de nous pendant quelque temps. Au quotidien, on ne le voit pas grandir. Après une courte absence, on le découvre différent, parfois on ne le reconnaît presque plus. Avec la désindustrialisation de Marseille dont ils ont été les premières victimes et la baisse générale d’activité économique, le chômage, les difficultés, les quartiers nord ont souffert plus rapidement qu’ailleurs. Avec Guy HERMIER ils ont ensuite résisté et se sont lancés de nouveaux défis. De grands projets ont été élaborés, toujours dans la concertation. Depuis quelques années, ils voient le jour. Grâce à un cadre environnemental qui redevient un facteur décisif pour leur développement, les quartiers nord de Guy sont de nouveau incontournables. Guy serait fier de ce long chemin parcouru en peu de temps. Comme il était fier de la richesse des femmes et des hommes, de cette diversité sociale et culturelle, de ces métissages qui font l’identité des quartiers nord et plus généralement de Marseille. Soucieux du quotidien comme des grands projets, la transformation des quartiers s’opère en tout premier lieu pour celles et ceux qui y vivent, qui y travaillent, celles et ceux qui ont Marseille au cœur. La mobilisation des citoyens, des entreprises, des collectivités locales, des services publics et de l’Etat permet l’aboutissement de ces changements, de ces transformations parfois un peu brusques, mais toujours réalisés à l’écoute de la population. C’était ça la volonté de Guy Hermier pour ses quartiers nord et pour Marseille. Alliant travail, logement, commerce, environnement, implantations d’entreprises nouvelles et innovantes, développement culturel, cette nouvelle centralité urbaine représentée par ces quartiers se concrétise jour après jour. Guy, je crois que tu serais heureux de voir aujourd’hui que le combat que tu as engagé ici et dans le pays se poursuit, que nous le poursuivons ici et dans le pays. Beaucoup reste à faire bien sûr, mais je suis fier de pouvoir dire, en toute modestie, à mon ami Guy : j’ai honoré ta confiance. Toi, Guy, qui nous a toujours invité à nous promener dans la vie jusqu’au bout de nos engagements, à repousser toujours plus loin les limites du possible. Pour Guy HERMIER, à sa mémoire, je vous demande d’observer une minute de silence. Je vous remercie.

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Commentaires

Frédéric,
Merci pour cet hommage si émouvant en mémoire de Guy.
Gros bisous à toi et ta famille et à bientôt.
Véro Joël

Bine que n etant pas communiste j'ai découvert Guy Hermier en Mai 78 lors d'un débat aus dossiers de l'ecran.
J'avais alors noté la très grande integrité et honneté de cet homme .
Depuis , je l'avais suivi et je le savais très sincère dans ses convictions politiques.
Son décès m'a beaucoup chagrinné.
PMauguin

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