Nouvelle hausse de tarif de 1,7% de l’électricité pour les consommateurs alors que le bénéfice net d’EdF a doublé l’an dernier.
La publication des résultats nets semestriels des entreprises du CAC 40, groupes industriels, bancaires et financiers confirme la santé resplendissante de l’actionnariat boursier, et l’efficacité des politiques mises en œuvre depuis quatre ans, au service de l’évolution exponentielle des dividendes, par les gouvernements successifs. Au nombre des sociétés tirant profit de ce contexte figure EDF, dont le bénéfice net a doublé l’an dernier, à 3,24 milliards d’euros, soit + 102%, et dont le chiffre d’affaires porté par l’explosion des prix de l’énergie, a encore progressé de plus de 19% au second trimestre 2006. Transformée en société anonyme depuis la loi du 9 août 2004 imposée par la majorité parlementaire,- loi que le gouvernement s’apprêtez d’ailleurs à bafouer en ramenant à 34% la part de capital détenue par l’Etat dans GDF malgré les engagements du gouvernement de ne pas descendre sous la barre des 70%-, EDF court au-devant de son actionnariat avec la décision d’appliquer au 15 août aux ménages, une nouvelle hausse de tarif de 1,7% que rien ne justifie.
Cette décision inacceptable ne fera qu’aggraver les difficultés de nos concitoyens, lesquels subissent déjà en matière d’énergie, les hausses des prix des carburants, du fioul, du gaz (30% en 18 mois, soit dix fois l’inflation !)... Au lieu d’entériner la dérive d’EDF dans la compétition boursière engagée pour le contrôle des groupes énergétiques européens, le gouvernement devrait mettre tout son poids, à la fois dans l’exigence que les bénéfices de l’entreprise nationale soient affectés à l’amélioration de ses installations et du service dû aux usagers ; et à la fois dans la définition d’une autre politique de l’énergie, française et européenne, privilégiant les coopérations, la fusion des moyens et des outils au lieu de leur mise en concurrence, pour répondre aux besoins des populations, de l’économie, et d’aménagement du territoire. On est aujourd’hui loin du compte et l’immobilisme du gouvernement face aux orientations poursuivies par EDF, finit de lever le voile sur la réalité des objectifs qui sont les vôtres. Les mobilisations en cours contre le projet de privatisation de GDF sous couvert de fusion avec Suez et de patriotisme économique, témoignent de la lucidité du regard de nos concitoyens sur les choix destructeurs que le gouvernement veut faire aboutir, et de leur très forte et ferme opposition au nom de l’intérêt général, à cette marchandisation à outrance de l’énergie. La gauche devrait s’engager solennellement à remettre en cause ces dispositions et lois scélérates mises en œuvre par la droite depuis 2002.

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