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PRESIDENTIELLES 2007. Notre pays a besoin de se retrouver, de s’unir et de vibrer pour une visée ambitieuse, par Marcel TASSY, Ancien Député PCF des Bouches du Rhône. ( le 07/08/2008 )

QUELQUES IDEES POUR DEBOUCHER SUR UN ACCORD ENTRE LES FORCES ANTI-LIBERALES. La préparation des élections présidentielle et législatives par la gauche, dite radicale, ne semble pas se faire dans de bonnes conditions. Alors qu’il y a urgence, le pronostic pour un accord est mauvais. A mon avis, cela tient à plusieurs facteurs, le premier de ceux-ci découlant de comportements politiques dominés par des logiques de partis et marqués par des volontés identitaires au détriment de la visée de fond.
UNE GRANDE AMBITION NECESSAIRE ET JUSTIFIEE. Le débat à la gauche du PS semble manquer singulièrement d’ambition. Implicitement, voire même explicitement, il est dores et déjà envisagé que les forces anti-libérales n’ont aucune chance de jouer dans la cour des grands. Il serait complètement irréaliste de pronostiquer qu’elles auraient une chance d’être présentes au second tour. Pourtant, depuis 85, des luttes populaires ainsi que des résultats électoraux - les derniers en date étant le rejet du projet de constitution européenne et la victoire contre le CPE - indiquent une volonté majoritaire de notre peuple d’être gouverné différemment. Même si il semble essentiel d’apporter plus de clarté et de repères à cette volonté, elle n’en constitue pas moins un potentiel politique considérable qu’il ne faudrait pas gâcher. Le risque est grand de voir s’installer une profonde et durable déception à l’égard de la chose politique. Il faut tout faire pour éviter le « vote utile », le vote par défaut. Il n’y a pas de fatalité dans la bipolarisation, dans une alternance de pouvoir à l’américaine, décidée par une minorité d’électeurs, la majorité ruminant son insatisfaction en restant à la maison. Un récent sondage a mis en évidence que 69% des français ne se retrouvent ni dans la droite ni dans la gauche. La droite a tellement compris le message qu’elle tente de leurrer les électeurs et nous fait le coup de la « la rupture ». Le PS, lui, n’ayant tiré aucune leçon des échecs de ses politiques gouvernementales, nous présente un projet étriqué, les compensations sociales, des conséquences du libéralisme, étant calculées sur une hypothétique augmentation du PIB. Pour les forces anti-libérales, le projet ne peut s’inscrire seulement en rupture avec le présent, ne pas être uniquement « anti », mais exprimer une visée politique nouvelle. Cette dernière se déclinerait dans ses grandes lignes, ses promoteurs - les forces politiques et sociales la soutenant - aidant notre peuple, étape après étape, à résoudre lui-même les « détails » de sa mise en œuvre. En clair, il faut créer les conditions d’une dynamique nous dégageant du libéralisme. Tel doit être notre objectif fondamental, ses étapes se conjuguant avec les exigences populaires. Notre candidature à la Présidentielle, ne serait donc pas là pour jouer les seconds rôles, ceux des protestataires ou des forces d’appoint de deuxième tour, mais pour gagner. Comment être crédibles, mobilisateurs et rassembleurs, si on ne manifeste pas une ambition à la hauteur des attentes populaires. Pour estimer à quelle hauteur la barre doit être placée, aurions-nous besoin de messages supplémentaires, à ceux déjà adressés par notre peuple depuis deux décennies ? LE RAPPORT AU PARTI SOCIALISTE. A partir de ce postulat il faut régler les questions du rapport au PS. Pour les forces anti-libérales et pour le peuple, cela doit être clair : en tout état de cause, rien dans le comportement des uns et des autres ne favorisera une politique de social libéralisme, celle - là même qui a échoué et a conduit aux résultats d’avril 2002. Si le PS est en bonne position pour gouverner - c’est sur cette hypothèse que d’aucuns font une fixation - je ne vois pas comment un parti à la gauche du PS pourrait trahir ses électeurs en participant à la mise en œuvre d’une politique d’accompagnement social du libéralisme. Cela serait contraire aux fondements de notre combat et à la conception que nous en avons, qui donne priorité au mouvement populaire. Si le PS gouverne, les élus communs de la minorité de gauche décideront au cas par cas de leur soutien ou non des décisions gouvernementales. Avec le souci d’agir toujours en lien étroit avec leurs électeurs et le mouvement social. DETERMINER UN PROFIL DE CANDIDATURE COMMUNE. Concernant la candidature, celle-ci doit être, comme le projet, comme notre ambition affichée : mobilisatrice. J’ai peur que l’on perde de vue qu’il s’agit de désigner le candidat à la Présidence de la République. Que les étroits et peu ambitieux calculs et pronostics, des uns et des autres, favorisent une désignation étriquée d’une candidature peu crédible, est une façon de voir qui n’est pas forcément celle des électeurs qui seront sollicités. A moins d’être un adepte de l’expression uniquement pétitionnaire, ou pire, du baroud d’honneur. Les personnes dont les noms circulent aujourd’hui, Marie-Georges Buffet, Olivier Besancenot, José Bové, peuvent être appréciées différemment, par les uns et les autres mais, au contraire des candidatures déclarées, elles sont réputées pour la clarté de leur positionnement anti-libéral. Cependant, à mes yeux, leur qualité de responsables de parti et mouvement politiques, n’est pas susceptible de provoquer le grand rassemblement dont nous devrions avoir l’ambition. En revanche, la proposition de Marie-Georges BUFFET tendant à faire se manifester un large panel de personnalités soutenant la candidature commune, me paraît non seulement une excellente idée, mais une démarche indispensable d’accréditation de cette candidature. Nous serions coupables si nous ne mettions pas en première ligne les représentants de toutes les forces sociales et politiques soutenant la candidature commune. Nous serions coupables de ne pas créer toutes les conditions nécessaires à la large mobilisation militante de ces forces sur le terrain du combat électoral. Le profil du candidat commun devrait nous amener non seulement à mobiliser les forces traditionnelles à la gauche du PS, mais aussi celles de la gauche du PS lui-même, et aussi, au de là, celles de toutes les forces populaires que laissent indifférentes les luttes droite - gauche, mais n’en veulent pas moins sortir le pays de l’impasse dans laquelle les gouvernements successifs l’on conduit. Concernant plus précisément les nouvelles générations, que nous en soyons attristés ou non, constatons avec courage, et cela n’enlève rien aux mérites passés du mouvement progressiste, que les références les plus récentes aux résultats de la gauche, ne sont pas celles de 36, de la Libération ou de 68, mais celles de 81 et 97. Vivre avec notre temps, c’est aussi faire preuve de réalisme historique. Créer un rassemblement populaire, large dans sa composition sociale, politique et générationnelle, tel doit être notre objectif. Mais alors vers quelle candidature devons-nous aller ? Quelqu’un ayant le profil correspondant aux critères énoncés plus haut. Quelqu’un de la « société civile ». Une femme, un homme capable de franchir allègrement les obstacles de la médiatisation, quelqu’un qui étonne. Inconnu (e) au début ? Loin d’être un handicap, cela pourrait être une chance parce que personnifiant un besoin irrésistible de renouveau. Les dirigeants politiques anti-libéraux qui mènent aujourd’hui, le bon et courageux combat pour une autre perspective se grandiraient et grandiraient l’influence de leurs partis et mouvements s’ils parvenaient à se mettre d’accord pour une candidature commune hors des sentiers battus. Ils permettraient, sans le moindre doute, que les législatives et les municipales suivantes soient autant de victoires du renouveau politique.

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