Alors, la licence globale ce n’est pas réaliste Monsieur Donnedieu-de-Vabre ?
Lu dans Libération : Jeudi 31 août 2006. « Universal Music: annonce en fanfare pour un accord mineur. L'offre de téléchargement gratuit, financée par la pub, sera contraignante. Par Bruno ICHER. Légal et gratuit, mais pas très convaincant. En décembre, l'accord conclu entre le groupe Universal et la plateforme SpiralFrog autorisera bien l'écoute et le téléchargement de musique issue du gigantesque catalogue de la plus importante major du monde. Ce service gratuit, réservé aux internautes américains et canadiens, sera financé par la publicité selon un modèle inspiré par les fabuleux bénéfices de moteurs de recherche comme Google.
En cela, l'initiative se rapproche des intentions de YouTube, site de partage et de stockage des vidéos, dont les dirigeants annonçaient en juillet, vouloir «d'ici douze ou dix-huit mois offrir sur le site toutes les vidéos musicales jamais créées». Malentendu. Avec SpiralFrog, on est bien loin du basculement symbolique vers le tout-gratuit que laissait entendre, mardi, l'annonce de la jeune entreprise de New York. A Paris, les ténors de la communication de Vivendi, maison mère d'Universal, rectifiaient, hier, le tir après vingt-quatre heures de silence radio : «C'est SpiralFrog qui lance un nouveau service. De notre côté, nous leur vendons notre musique, selon notre politique commerciale qui n'a pas changé.» Le léger malentendu n'a pas bouleversé l'industrie musicale. «L'essentiel est que l'artiste et les différents ayants droit soient rémunérés, commente Morvan Boury, directeur général adjoint d'EMI, un concurrent d'Universal. Peu importe si l'utilisateur final n'est pas directement à l'origine de cette rémunération. C'est déjà le cas avec les différentes plateformes qui tirent principalement leurs revenus de la publicité, comme QTrax aux Etats-Unis avec qui EMI Music a passé un accord de distribution il y a quelques mois.» Dans le détail, l'offre Universal-SpiralFrog sent un peu le pétard mouillé. En premier lieu, il faudra pour chaque téléchargement s'enfiler la bagatelle de 90 secondes de spots pub... Autant dire une punition pour des internautes peu connus pour leur patience. D'autre part, cet accès libre n'est pas éternel. Parce que l'accord entre les deux partenaires concerne, dans un premier temps, une période d'essai d'un an. Mais surtout parce qu'il sera indispensable de fréquenter régulièrement la plateforme ¬ histoire d'y subir une dose réglementaire de publicité ¬ sans quoi les morceaux finiront par s'autodétruire. Mieux, le format employé (Windows Media Audio de Microsoft) et les mesures de protection associées (DRM) devraient interdire de graver cette musique sur un CD et de l'embarquer sur un iPod, le baladeur numérique d'Apple leader incontestable du marché. Désespéré. Une fois encore, il s'agit de proposer des solutions légales à un public jeune dont une bonne partie n'a jamais acheté un CD de sa vie. D'où, depuis plusieurs mois, une exploration méthodique et vaguement désespérée de nouveaux modèles qui permettraient à l'industrie de sortir de l'impasse. AOL a annoncé le lancement dans les prochaines semaines d'AOL Music Now, une nouvelle plateforme de téléchargement. Pour 9,95 dollars par mois, l'internaute pourra télécharger un nombre illimité de titres choisis parmi les 2,5 millions de chansons que comptera le portail. Depuis cet été, eMusic Europe offre des formules de téléchargements (sans DRM) sur la base de forfaits de 12,99 euros par mois pour 40 MP3 à 20,99 euros pour 90 téléchargements, acceptés par n'importe quel baladeur. Déjà, fin 2005, MTV lançait le site Urge en partenariat avec Microsoft et proposait à la vente plus de 2 millions de morceaux issus du catalogue des majors comme de certains labels indépendants. Sous l'argument ultime de lutter contre le piratage, tout ce beau monde se livre une bataille féroce pour se ménager quelques sources de revenus dans un marché qui plonge. Avec pour objectif, à court terme, de tailler des croupières au leader, l'iTunes d'Apple et ses 75 % de parts de marché. Avant la fin de l'année, il faudra aussi qu'ils affrontent un autre redoutable concurrent : Microsoft, qui, avec son projet Zune, s'apprête à lancer sa propre plateforme. » Et les droits d’auteurs dans ce cas Monsieur Donnedieu-de-Vabre ?

Pour la petite histoire, et toujours au sujet de la loi DADVSI et du débat qui a eu lieu, en 10 jours les DRM de Microsoft ont été cassés. La dernière fois pas plus tard que le 2 septembre. Qui prétendait qu'ils étaient nécessaire pour se prémunir contre le piratage ?
Ne serait il pas temps de reprendre un vrai débat, et trouver de vraies solutions dans l'intérêts des artistes, des internautes, et un peu moins dans celui des majors de l'industrie musicale ? Il y en a un qui a tout compris depuis longtemps c'est le patron d'Apple et de son iTunes Music Store (ITMS). Mais il ne fait pas partie des majors de l'industrie musicale. Il a des balladeurs à vendre lui...
En son temps il y en a un autre qui a failli louper le train de l'Internet, il s'appelle Bill GATES. Il n'était pas convaincu au début des années 90 du développement de ce médium. Heureusement pour lui il a vite corrigé le tir. Ce qui n'est pas le cas des majors de la musique. Ils ont un train de retard et ils voudraient faire arrêter celui qui les précède enfin d'en prendre le contrôle.
Alors à quand un vrai débat démocratique et populaire sur le sujet ?
Au fait comment se fait il que sur certains sites on puisse acquérir de la musique, légalement, à des prix défiant toute concurrence ?
Voir: http://allofmp3.com/
Rédigé par: Gérard | le 04 septembre 2006 à 22:43
Les DRM de Microsoft ont été cassés deux fois en 10 jours. La deuxième fois le 2 septembre malgré que M$ ait apporté des corrections à sa première version crquée 10 jours auparavant...
Rédigé par: Gérard | le 04 septembre 2006 à 22:47
Le gouvernement australien est bien moins bête que nous.
http://www.ratiatum.com/breve3579_L_Australie_revoit_a_la_baisse_la_protection_des_DRM.html
Ils ont l'air d'avoir compris les conséquences du renforcement exagéré des DRM, il faudra attendre quelques temps pour que la France s'en rende compte aussi.
Rédigé par: Fulgore | le 05 septembre 2006 à 20:36
je vous incite à suivre ces liens sur cette histoire :
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-651865,36-807584@51-807592,0.html
http://www.figaro.fr/medias/20060830.WWW000000298_les_fichiers_spiralfrog_seront_illisibles_sur_lipod.html
http://www.lefigaro.fr/eco-entreprises/20060830.FIG000000228_piratage_microsoft_menace_du_casse_du_siecle.html
les DRM ont été piratées et le seront encore alors que les décrets d'application de DAVSI ne sont pas pris !!
Rédigé par: Annie | le 06 septembre 2006 à 08:58
La licence globale revient ? Visibiblement les éditeurs indépendants regrettent déjà DADVSI.
"Nous sommes prêts à donner toute sa chance à la technologie pour voir s'il est ou non possible d'endiguer le piratage. Mais si tel n'était pas le cas, il faudrait alors en passer par des mécanismes alternatifs, c'est-à-dire par une autre forme de monétisation, qu'il s'agisse de la publicité, de la licence globale ou d'une licence légale dite taxe FAI [destinée à soutenir pour partie le développement de la filière musicale, NDLR]", reconnaît à 01Net Stéphane Bourdoiseau, président de Wagram Music et directeur de l'UFPI.
La suite ici : http://www.01net.com/editorial/325258/economie/premiers-signes-d-essoufflement-pour-la-musique-en-ligne/
Rédigé par: Fulgore | le 07 septembre 2006 à 16:42
un autre exemple d'échec des DRM annoncé en Australie :
http://www.ratiatum.com/breve3579_L_Australie_revoit_a_la_baisse_la_protection_des_DRM.html
Rédigé par: Annie | le 07 septembre 2006 à 17:11
La licence légale, dont la mise en œuvre nécessiterait une taxe FAI, n’a pas reçu l’assentiment de tout le monde, et notamment des majors. Cela pour une bonne raison : il serait quasiment impossible techniquement de mesurer le nombre de musiques téléchargées par artiste, et donc de permettre une rémunération juste des artistes à posteriori.
Toutefois, les partisans de cette taxe usaient généreusement de l’argument suivant : la taxe sur les FAI (de l’ordre de 7 à 10 €) permettrait de générer une masse d’argent bien supérieure que celle produite actuellement par la vente d’album et de morceaux musicaux (vente directe en magasin ou vente en ligne). Alors pourquoi ne pas user dans ce cas de cette taxe ? Je vous renvoie à l’argument précédent.
Or il me semble qu’il y aurait des moyens de contourner la difficulté technique de l’évaluation du nombre de musiques téléchargées par artiste. Par exemple, si l’on créé une plate forme publique de téléchargement, sur le principe de la licence légale, et en faisant payer chaque téléchargement une somme dérisoire, par exemple 0,10 € par album. Je pense qu’il serait toujours plus intéressant pour l’internaute grand amateur de musique de venir télécharger sur une plate forme légale, même à ces tarifs, que d’être dans l’illégalité. Il s’agirait ensuite de reporter la somme due par l’internaute qui a téléchargé sur sa facture Internet. En outre, il serait possible, dans ce cas, d’évaluer exactement le nombre de musiques téléchargées par artiste et de rémunérer justement ces derniers.
Cette solution vous paraît-elle envisageable ?
Rédigé par: Marie-Lys | le 11 septembre 2006 à 09:47