La présidentielle agite les parlementaires du PCF.
Par Sébastien Crépel dans « l’Humanité » du 7 septembre.
Réunis à Tremblay, les députés et sénateurs communistes, déterminés à mettre en échec les projets de la droite, sont partagés sur la stratégie pour les élections de 2007. La journée d’étude des parlementaires communistes s’est concentrée sur trois grands thèmes : la poursuite de la résistance à la politique de la droite dans les Hémicycles, en lien avec les mouvements sociaux, le combat qui s’engage aujourd’hui contre la privatisation de GDF, et la construction d’une alternative dans le cadre des élections de 2007. Si les élus communistes partagent les ripostes et propositions à opposer à la droite, il n’en est pas de même sur la façon d’aborder les échéances électorales, et singulièrement la candidature à promouvoir pour la présidentielle.
Ce débat a accaparé la matinée, avec, en filigrane, la question des législatives et de la nécessité d’« assurer la présence d’un groupe communiste à l’Assemblée », ainsi que l’a rappelé son président, Alain Bocquet, dans son introduction. À la base de la discussion, un même constat résumé par Alain Bocquet : « Tout est fait pour réduire le débat politique à la confrontation de deux candidats pré-choisis (Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal - NDLR). Le débat de fond est confisqué (...). On nage en plein délire politicien... », estime le député du Nord, dénonçant un « culte de la personnalité » à « mille lieues des préoccupations quotidiennes » des Français. « Comment déjouer le piège du bipartisme ? », s’interrogent les uns et les autres. Pour Alain Bocquet, le PCF doit « prendre la tête de ce combat pour rendre à la politique (...) ses lettres de noblesse et d’efficacité ». Cela passe par la candidature de Marie-George Buffet et « tout indique » que ce sera le cas, estime-t-il. Mais d’autres ne font pas leur cette conviction. Si personne n’écarte l’utilité d’une candidature communiste qui rassemblerait largement à gauche sur un contenu antilibéral, les avis sont partagés sur la nécessité de reporter ou non sa désignation. Deux grandes options se dégagent : l’une propose de poursuivre le processus de désignation d’un candidat commun issu des comités d’union antilibérale, et de ne pas le compromettre en arrêtant maintenant une candidature du PCF. Il faut tout « mettre en œuvre pour se rassembler », estime Muguette Jacquaint, à l’instar de Frédéric Dutoit qui propose de tout tenter « jusqu’au dernier moment ». Pour Pierre Goldberg, l’émiettement des candidatures renforcerait « le poids du social-libéralisme dans la gauche ». Une analyse que partage Jean-Claude Sandrier, pour qui l’existence du PCF n’est pas soumise à sa candidature (« On peut aussi avoir un candidat et ne plus exister... ») mais à l’utilité de ses propositions et de sa stratégie de rassemblement. Pour lui, avoir « neuf à dix candidats » à gauche serait « suicidaire ». L’autre option principalement débattue est l’affirmation de la nécessité absolue d’une candidature communiste à la présidentielle, quel que soit le cas de figure. Jacques Brunhes estime « impensable » l’absence d’une telle candidature, qui a « vocation à rassembler ». « Ce sont les tergiversations qui rendent la tâche difficile », et non « ceux qui souhaitent la candidature » de la secrétaire nationale du PCF, prévient Jacques Brunhes, qui juge sans fondement le « postulat » de José Bové hostile à une candidature de parti. Reste la question posée par le sénateur Robert Bret : quelle attitude adopter, si le processus unitaire ne désignait pas comme candidate Marie-George Buffet ? Pour Jacqueline Fraysse, oser un candidat de consensus serait « faire preuve d’audace ». Une option qui rime au contraire avec « la mort assurée » du PCF, selon Maxime Gremetz. Pour d’autres, à l’instar de Michel Vaxès et de la présidente du groupe au Sénat, Nicole Borvo, l’heure est d’abord à rompre avec « la timidité » à mettre en débat la candidature de la secrétaire nationale du PCF dans le cadre unitaire. C’est aussi la conviction de Marie-George Buffet : « Le collectif humain qu’est le PCF est une plus-value pour le rassemblement, martèle-t-elle. Il faut débattre de toutes les candidatures, dans les collectifs et avec le peuple tout entier. Mais on ne peut laisser dire que celle issue du PCF serait un obstacle. »

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