Plusieurs blessés lors d'incidents au gymnase de Cachan.
PARIS mardi 19 septembre 2006, 21h24 (AFP) - Plusieurs personnes hébergées dans le gymnase de Cachan (Val-de-Marne) et un policier ont été blessés mardi au cours d'incidents qui ont opposé les expulsés aux forces de l'ordre à proximité de la salle de sport, a-t-on appris de sources concordantes.
Malika Zediri, conseillère régionale Cacr (communiste-alternative citoyenne-républicain) d'Ile-de-France, a affirmé à l'AFP qu'une vingtaine de policiers ont utilisé à la mi-journée des bombes lacrymogènes et matraqué des personnes, blessant deux femmes qui ont été hospitalisées. Il y a eu "agression des forces de police, donc réponse" de leur part, a affirmé de son côté le préfet du Val-de-Marne, Bernard Tomasini, déclarant qu'à sa connaissance, il n'y avait pas eu de femmes matraquées. La brigade des sapeurs-pompiers de Paris a seulement déclaré avoir "transporté sept personnes légèrement blessées, dont un fonctionnaire de police, vers l'hôpital du Kremlin-Bicêtre. Selon Mme Zediri, dont le témoignage est corroboré par une infirmière puéricultrice également présente au moment des faits, peu après 12H30, "les incidents ont éclaté lors de l'interpellation d'un père de famille par quatre policiers à proximité du gymnase". Toujours selon l'élue régionale, des personnes du gymnase ont alors tenté de s'interposer. Les policiers ont été rejoints par une vingtaine d'autres policiers "en tenue anti-émeutes" qui ont usé de bombes lacrymogènes et de matraques, selon la conseillère régionale. Elle a affirmé qu'une femme du gymnase avait dû être hospitalisée après avoir reçu des coups de matraque, ainsi qu'une autre femme qui aurait été victime d'une crise d'épilepsie. Sur des images filmées par Public Sénat, notamment diffusées sur France 2, on peut seulement voir une petite partie de la scène: une femme est assommée par une bouteille d'eau lancée sur des policiers, tandis qu'une autre femme reste à terre un peu plus loin. Lors d'une conférence de presse, le préfet a expliqué de son côté que les policiers avaient été visés par des "jets de pierre et de canettes". Un policier "a été blessé" et "pour se dégager, les policiers ont fait usage de bombes lacrymogènes", a déclaré M. Tomasini, ajoutant que les fonctionnaires avaient été "agressés par une vingtaine de personnes". De source policière, on a indiqué que les fonctionnaires étaient intervenus en premier lieu parce qu'un homme "urinait sur la voie publique", afin de contrôler son identité. Pris à partie par des personnes qui sortaient du gymnase et victimes de jets de cailloux, ils ont appelé des renforts. "Ce contrôle a été vécu, par les hébergés, comme une nouvelle provocation, après les nombreuses interpellations dont celle, hier (lundi), d'un père de famille sur le chemin de l'école", a estimé le député-maire (PS) de Cachan, Jean-Yves Le Bouillonnec, dans un communiqué. Il a "regretté vivement cet incident, extrêmement révélateur de la tension qui règne actuellement dans et autour du gymnase. Alertés par téléphone, les acteurs Djamel Debbouze et Mathieu Kassovitz se sont rendus sur place. "La situation au gymnase est intolérable. En tant qu'êtres humains, on ne trouve pas ça juste", a dit le premier. Mathieu Kassovitz a souhaité que "(Nicolas) Sarkozy montre un minimum d'humanité et contrôle sa police". Le président (PCF) du conseil général du Val-de-Marne, Christian Favier, et plusieurs autres élus communistes sont venus assurer les habitants du gymnase de leur solidarité. Il faut "mobiliser le plus grand nombre de gens possible pour la solution d'urgence de Limeil-Brévannes", a ainsi déclaré Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF. Le maire DVG de Limeil-Brévannes (Val-de-Marne), Joseph Rossignol, a proposé d'accueillir provisoirement dans d'anciens locaux du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) les personnes hébergées depuis un mois dans le gymnase. Il se heurte à l'opposition du préfet, pour qui le bâtiment concerné "n'est pas destiné à un usage d'habitation".

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