Arménie mon amie.
L’ouverture officielle de l’année de l’Arménie s’est faite en Mairie des 15e et 16e arts de Marseille le Vendredi 29 septembre 2006. J’ai lancé avec les associations arméniennes cette Année de l’Arménie dans ma Mairie d’arrondissements. Rendre compte de l’expérience historique du peuple arménien, qui est très ancien et de son rayonnement en dehors des frontières de l’actuelle République, est la vocation de cette célébration. « Arménie mon amie » évoque ainsi le destin arménien dans toutes ses dimensions, de l’histoire mythique qui débute avec l’arche de Noé échouée au sommet du mont Ararat, jusqu’à la tragédie du génocide de 1915, traumatisme historique dont la mémoire structure encore fortement l’identité arménienne, et qui vous a jeté sur les chemins de l’Exil. Une mise en lumière des relations franco-arméniennes qui remontent aux croisades. N’oublions pas que le dernier roi d’Arménie, Léon VI de Lusignan est mort en France et que son Cénotaphe se trouve à Saint-Denis. Ces relations se sont approfondies au cours des siècles et c’est leur intensité qui a conduit de nombreux réfugiés à choisir la France comme terre d’accueil dans les années 1920. Cet exil, les arméniens l’ont vécu en France, à Marseille et plus particulièrement dans les quartiers nord.
Ces quartiers qui ont toujours été à leurs côtés pour faire connaître et reconnaître aux marseillais d’abord et au peuple de France ensuite, toute la dimension horrible du génocide qui les a frappé. C’est ainsi que la Mairie des 15e et 16e arts de Marseille a tenu à créer le jardin du 24 avril et que je continue à nous battre à leurs côtés pour la reconnaissance de ce génocide par la France. C’était d’ailleurs l’objectif de la proposition de loi que j’ai déposée à l’Assemblée Nationale en février de cette année, qui vise à pénaliser la négation de tout génocide et particulièrement celui du peuple arménien. Le 12 octobre prochain je serais donc dans l’hémicycle de l’assemblée nationale pour voter la loi que, par un artifice de procédure, le gouvernement à fait interrompre sans explication et sans permettre le vote des députés le 18 mai dernier. Cette Année de l’Arménie en France convie d’abord les françaises et les français, les marseillaises et les marseillais à découvrir une histoire dense et tourmentée, dont témoigne l’exceptionnelle richesse du patrimoine arménien parvenu jusqu’à nous. A titre d’exemple, l’exposition de la Vieille Charité placée sous l’autorité scientifique de l’historien médiéviste Claude Mutafian et de Jean-Pierre Mahé, propose de découvrir quelques-unes des splendeurs qu’a inspirées l’alphabet arménien. Dans ces arrondissements, nous aurons l’occasion à travers diverses initiatives de fêter à notre manière, cette Année de l’Arménie. L’Arménie intrigue, son destin nous interroge, sa richesse culturelle nous étonne, son histoire tourmentée dont nous connaissons quelques bribes nous donne envie d’en savoir plus. Cette Année de l’Arménie est le moment parfait pour découvrir le destin singulier d’un peuple placé entre Orient et Occident. La République d’Arménie qui porte désormais ses couleurs viendra, en cette année, sa voix mêlée à celle de sa diaspora, nous conter son histoire et nous faire partager ses espérances. « Arménie mon Amie » parle de courage, de persévérance, d’endurance, de joie de vivre, d’hospitalité, de toutes ces vertus et qualités que les fils de l’Ararat ont su cultiver. Ces vertus et qualités qui sont également portées par l’ensemble des composantes de Marseille, nous conduisent à vous dire merci pour cette leçon de partage et de vie.


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