Lors du conseil municipal d’aujourd’hui, la ville de Marseille s ‘est doté d’équipements de chauffage au gaz pour les écoles afin de répondre aux besoins de nos enfants et de nos concitoyens. C’est une bonne chose. Mais voilà que le gouvernement va mettre une fois de plus notre ville en grande difficultés financières dans sa gestion du bien public. En effet, j’ai attiré l’attention du conseil municipal sur la dangerosité du projet de privatisation de Gaz de France dont nous allons supporter les graves conséquences.
Un projet extrêmement dangereux pour l’indépendance énergétique de la France, pour des millions de familles et, ce qui doit éveiller votre sagacité mesdames et messieurs de l’UMP, des milliers d’entreprises. C’est à Marseille que je pense. Aux familles marseillaises en général, aux familles modestes en particulier qui, demain, découvriront de nouvelles hausses sur leurs factures de gaz quelles n’arrivent déjà plus à payer. A la Ville de Marseille qui paiera plus cher la libéralisation des prix du gaz et qui, in fine, répercutera ces augmentations substantielles sur les contribuables ; des contribuables marseillais qui seront ainsi doublement pénalisés. L’enjeu, c’est la disparition ou non des tarifs régulés au profit de contrats indexés sur les marchés libres, lesquels affichent des prix jusqu’à deux fois plus élevés. C’est la mise en place de tarifs différents à travers le pays, un aménagement du territoire appauvri par le renforcement de grandes inégalités de traitement. L’enjeu, c’est l’affaiblissement des contrats d’approvisionnement de Gaz de France à hauteur de 21% d’après les spécialistes, avec à la clef, selon un rapport d’experts indépendants, la suppression de 20 000 emplois. Cette privatisation de GdF qui n’a pour but que la fusion de l’entreprise publique avec l’entreprise privée Suez, va livrer aux énormes appétits du privé les 11 millions d’usagers d’un service public aujourd’hui efficace et compétitif. Je rappelle, pour mémoire, que GdF à fait un milliard sept cent mille euro de bénéfice l’année dernière. Bien évidemment, tout cela pour augmenter confortablement les dividendes versés aux actionnaires privés de Suez. Au final, cette fusion va concurrencer Electricité de France et généraliser la marchandisation de l’énergie. Cette vision libérale de la société, les Françaises et les Français l’ont rejetée le 29 mai 2005, les Marseillaises et les Marseillaises en tête, ne l’oublions pas. Comme je n’oublie pas que Nicolas SARKOZY, alors ministre de l’Economie et des Finances, promettait en mai 2004 à l’assemblée nationale, je l’ai entendu de mes propres oreilles, de ne pas descendre la part de l’Etat en dessous des 70% du capital de Gaz de France. Il s’engageait solennellement devant la France entière de ne jamais privatiser les entreprises publiques de l’énergie. Certes, les promesses n’engagent que ceux qui y croient ! Mais avouez quand même que la parole de l’état devrait être respectée quand on brigue ses plus hautes fonctions. Alors, je me suis adressé à mes collègues députés marseillais ! Dominique Tian, Guy Teissier, Jean Roatta, Bruno Gilles, Roland Blum : « demain, mardi 3octobre lors du vote solennel à l’Assemblée nationale, vous au moins respectez la parole de l’état, respecter la parole de votre ministre d’état, respecter la parole de votre président (de parti) ne votez pas la privatisation de Gaz de France. Pensez aux intérêts de la France et des Français, aux intérêts de Marseille et des Marseillais, pensez aussi à vos électeurs, faites, avec moi et toute la gauche, échec à ce funeste projet ! » Nous verrons bien demain si leur vote est déterminé par un choix dogmatique ou par le choix de l'intéret général.




