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Intermittents du spectacle : une occasion manquée.

Culture_017Après trois ans de conflit, les questions soulevées par la réforme des annexes 8 et 10 ne sont toujours pas réglées. Trois ans que l'on joue avec les nerfs des intermittents. En 2005, 20 000 d'entre eux, qui s'ajoutent aux 20 000 de 2004, ont été sortis des annexes et de la solidarité interprofessionnelle. A peine la moitié a été récupérée par le fonds transitoire qui fiscalise leur indemnisation. Les jeunes artistes sont renvoyés vers la précarité. L'objectif central de la réforme, que s'assignait le MEDEF, ce n'est pas le déficit mais la réduction du périmètre de la profession. Lors d'un débat à Montlouis j'avais dénoncé l'attitude du MEDEF. Selon lui, il y a trop d'artistes, comme il dit qu'il y a trop d'enseignants, trop de médecins, trop de cheminots, trop de tout sauf de profits.

Maintenant un lourd discrédit pèse sur votre parole de Renaud Donnedieu de Vabre. Il a renoncé à ses engagements. Aujourd'hui, il ne défend même plus les 507 heures annuelles avec date anniversaire, ou alors il n’a plus la maîtrise du dossier. Trois ans après la signature d'un protocole d'accord minoritaire sur ce régime d'assurance-chômage, on a l'impression que son action n’a eu pour seul objectif que de calmer les esprits histoire de passer les étés tranquille. Une profession est en danger et, sans cette profession, il n'y a pas de culture. Les artistes et techniciens du spectacle vivant, de l'audiovisuel et du cinéma expriment leur colère justifiée et de leur indignation légitime. Nous sommes à leurs côtés et nous les soutenons sans réserve. 20 000 professionnels ont été exclus, ces deux dernières années, de leurs métiers et de la solidarité interprofessionnelle. La culture est fragilisée. Le comité de suivi des intermittents du spectacle, du cinéma et de l'audiovisuel, composé notamment de parlementaires de toutes les sensibilités politiques, a toujours joué le jeu de la concertation. J'ai personnellement apprécié son rôle à la fois consensuel et engagé pour sortir de la crise par le haut. Mais trop c’est trop ! La culture est en danger. Elle est au cœur des glissements d’une société de civilisation vers une société de comptes d’exploitation. Il est à tout le moins regrettable que la défense de ce patrimoine des arts et de la culture, facteur de cohésion sociale, ne soit pas priorisée par l’action gouvernementale. C’est peu respectueux de la riche histoire de notre pays, l’une des rares nations occidentales à disposer d’un ministère de la Culture. Le dossier dit des intermittents est au cœur de l’avenir de l’exception culturelle française. C’est la reconnaissance des professionnels de la culture qu’il convient d’optimiser, des femmes et des hommes confrontés chaque jour à la complexité et, le plus souvent, à la précarité de leur métier. Des artistes, des techniciens qui ont le droit de vivre de leur passion communicative, de créer, d’inventer, de travailler sereinement sans la peur du lendemain. Des artistes et des techniciens qui contribuent directement à offrir aux publics de nouveaux espaces de divertissement et d’évasion par la culture en général, les arts de la scène et de la rue en particulier, notamment en cette période estivale. Cette culture qui participe de la formation de la personnalité des êtres humains. Comme les 471 parlementaires, UMP, Udf, Ps et Pcf, je me suis engagé sur cette proposition de loi destinée à préciser les bases d'un régime spécifique d'assurance-chômage dans le cadre de la solidarité interprofessionnelle au sein de l'Unédic, qui définit les modalités de l'ouverture des droits à indemnisation, sur une période de référence de douze mois, avec une date d'anniversaire fixe et le versement d'une indemnité sur l'ensemble de cette même période de référence. Le ministre, a toujours refusé d'inscrire cette proposition de loi à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale et du Sénat. Les députés, à une très grande majorité, ont cosigné cette proposition de loi. La France de la démocratie doit être respectée : les intermittents qui souffrent de ce manque de reconnaissance ; les femmes et les hommes sensibles à l'essor de la liberté de création ; le public citoyen ; les élus de toutes tendances qui engagent leurs collectivités sur les chemins des arts et du spectacle, attendent un élan nouveau pour la culture dans notre pays. Comme le Comité de suivi, constatant l’inexistence d’un accord sur un nouveau protocole après 34 mois de dialogues, de diagnostic partagé, de propositions réalistes et nécessaires, j’espérais que notre assemblée vota cette loi. Il était temps, grand temps que l’assemblée nationale assume ses responsabilités. Mais tel ne fut pas le cas. Par une basse manœuvre politicienne, le président du groupe UMP de l’assemblée, Mr Accoyer, a utilisé un subterfuge du règlement pour que la représentation nationale ne passe pas au vote. La loi a donc été retirée de l’ordre du jour des travaux. Ce comportement est indigne de la république.

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