Mon blog a pour vocation de débattre avec tous ceux qui souhaitent contribuer à faire progresser la réflexion pour une transformation sociale. Ci-dessous l’échange entre Henri Génard et Jacques Fortin de la LCR. Frédéric DUTOIT. « Après ma contribution, j’ai entretenu une série d’échanges avec Jacques Fortin de la direction nationale de la LCR, en voici le contenu (Henri GENARD):
Réponse de Jacques : « Je tiens à te préciser que pour ma part et celle de la direction de la LCR ainsi que de la large majorité de ses militants, contrairement à l'attitude à mon avis sectaire de certains minoritaires de la LCR actifs dans les collectifs, la question n'est pas celle de la personne, MG Buffet pourquoi pas ? La question est celle du fond politique. MG Buffet a été ministre cinq ans sous le gouvernement qui a le plus privatisé depuis des années; elle était du gouvernement qui a pris les engagements de libéralisation (privatisation) des secteurs de l'énergie (GDF par exemple) Elle était du gouvernement qui a pris les engagements sur les retraites que Raffarin a mis simplement en musique. Elle était du gouvernement qui a scindé en deux la SNCF en vue de la privatisation, qui a privatisé Air France ça fait beaucoup pour une candidate soudainement emblématique de l'antilibéralisme. Mais je veux bien. Alors qu'elle prenne et toi avec, l'engagement clair et net de ne faire d'accord ni parlementaire ni électoral avec la direction du parti socialiste dont le programme est le plus à droite des 30 dernières années (RM Genard) et qui est clairement libérale. Si c'est ce que VEUT DIRE le texte des collectifs alors pourquoi à notre demande NE LE DIT-IL PAS ? Si ceci est clair, dit et acté (ce que réfute clairement Cohen Seat qui dit que c'est une divergence stratégique avec la LCR, je le cite) alors elle sera pourquoi pas notre candidate unitaire. Peu importe qu'elle soit d'un parti ou qu'elle porte un lourd passé libéral. Chacun sa croix et son droit à l'erreur. Sinon c'est Non. Et actuellement c'est non. Nous avons un candidat et nous sommes en campagne. Prends t'en à vos orientations politiques stratégiquement divergentes d'avec celles de la LCR selon vos propres dirigeants. Et ne cherche pas à fourrer la responsabilité sur autrui. Un peu de courage et de clarté. Assume ! Jacques » Je vous fais parvenir aussi la réponse que je lui ai faite Cher (e) camarade, Prenant mon courage à deux mains, je voudrais d'abord par ce message, te remercier de m'avoir si rapidement répondu. Tu parles de clarté : c'est bien. Je vais te produire une citation du texte "Ambition-Stratégie-Candidatures" adopté par la réunion nationale des collectifs le 10 septembre à Saint Denis. "Notre objectif est une politique apportant des solutions durables aux grands problèmes de notre société, répondant aux besoins et aux aspirations populaires, donc la constitution d'une majorité et d'un gouvernement de gauche qui mènent une politique de rupture avec le libéralisme et développent une politique de transformation sociale, environnementale et démocratique". Ce que je traduis, si je connais bien mon vocabulaire, par l'idée que nous n'irons au gouvernement que sur la base d'un programme antilibéral. Je poursuis les citations dans le texte : "Nous ne serons pas d'un gouvernement dominé par le social libéralisme qui, dans sa composition comme dans son projet, ne donnerait pas les moyens de rompre enfin avec le libéralisme, ne répondrait pas aux attentes. Le parti socialiste, notamment, a adopté un programme qui tourne le dos avec une rupture franche avec le libéralisme. Il est hors de question pour nous de négocier sur cette base un contrat de gouvernement dont l'action, décevant une nouvelle fois, déboucherait inéluctablement sur le retour d'une droite plus dure encore." Ce qui je traduis par l'idée que sur la base d'une politique social libérale, nous n'irons pas au gouvernement. Je te pose une question, claire, nette et précise. Quel amendement dans le texte provoquerait la décision de la direction de la LCR de rejoindre la bataille pour un rassemblement unitaire et des candidatures communes? Peux-tu me formuler concrètement cet amendement? Avez-vous envoyé un tel amendement au collectif unitaire national? Dans l'attente d'une réponse de ta part, reçois, cher camarade, mes salutations révolutionnaires. Henri GENARD Voici ci-dessous la réponse de Jacques : « Cher camarade : La circulation des informations de la part du collectif national est très sélective !!! Nous avons présenté nos amendements depuis des mois et en particulier par écrit pour le 10 octobre. Sans consulter la salle la direction des collectifs ne les a purement et simplement pas retenus estimant qu'ils n'allaient pas dans le sens du texte adopté ! Renseigne-toi, tu verras. L'amendement clé est le suivant (je cite de mémoire) : nous ne ferons aucun accord ni parlementaire ni gouvernemental avec la direction du parti socialiste. On nous dit que c'est ce que VEUT DIRE le texte : cf. les citations que tu fais, alors pourquoi NE LE DIT-IL PAS NOIR SUR BLANC si la présence de la LCR est IMPORTANTE ET SURTOUT s'il n'y a pas de problème politique ! Cohen Seat a clairement répondu y compris à la dernière réunion nationale de la coordination des collectifs : il dit qu'il a bel et bien une (je cite) divergence stratégique avec la LCR et que le PCF ne VEUT PAS S'INTERDIRE tout accord etc... avec la direction du PS. L'exemple de Bordeaux est là de plus. Le vrai problème et la poursuite des négociations du PCF avec le PS le montre (le PS a réservé 80 circonscriptions pour ses "futurs" alliés) est que le but des animateurs auto promus des collectifs (Salesse, Debons etc) et du PCF est d'obtenir le meilleur rapport de force possible POUR NEGOCIER avec le PS. Ils développent l'illusion mortifère (on l'a vu pour le PCF depuis trente ans) que l'on peut influer sur le PS en le poussant vers sa gauche. Ce qui, alors que le PS aura pour lui les traités européens, tous les medias, le patronat, les gouvernements européens etc., est une plaisanterie. La manoeuvre européenne derrière tout ça (comme en Italie, en Allemagne) est devant la montée d'une contestation anticapitaliste en Europe, de tenter de refaire entrer dans le jeu institutionnel et politicien les organisations qui captent ou animent cette contestation afin de les rendre euro compatible, comme simple forces contestataires DU système mais contestataires DANS le système, avec leurs élus, leurs subventions, leurs fauteuils, leurs prébendes... leurs accords avec les sociaux libéraux dont ils seraient la gauche... vois la synthèse au PS, Terrible non ? Sans nous ! Bien amicalement. Jacques NB je te signale que je suis membre de la direction nationale de la LCR. NB. Sur les formules très gauche comme celles que tu cites, il y avait dans le programme commun de la gauche des formules autrement radicales... on sait ce qu'il en fut. NB. Jospin s'était engagé durant sa campagne à renégocier le traité d'Amsterdam, quinze jours après son élection il le signait !!! Et Buffet était au gouvernement avec quelques autres. Tout ceci nous rend extrêmement prudents ! Tu le comprendras et devrait, vous aussi membres du PCF si souvent plumés parce qu'embarqués dans ces duperies, vous rendre exigeants. Voici la réponse que je lui ai faite : Cher Jacques, Tu as raison, c’est un désaccord stratégique qui nous sépare, vous et la majorité des personnes rassemblées dans les collectifs. Car dire, « Nous ne ferons aucun accord, ni parlementaire, ni gouvernemental avec la direction du PS », c’est décidé à l’avance qu’aucun rapport de forces ne pourra nous permettre d’obtenir une majorité à gauche pour les idées de rupture avec le libéralisme, comme on l’a fait pour le référendum. L’objectif, ce n’est pas de « peser » sur le PS, car sur cette question, tu as raison, on va se planter. L’objectif, c’est de prendre en compte le rejet majoritaire des politiques libérales pour en faire un rassemblement majoritaire autour d’une politique de rupture avec le libéralisme. D’entrée de jeu, dire aux gens : tout accord avec le PS ne peut se faire que sur la base du social libéralisme, c’est d’avance accepter qu’un tel objectif ne peut être atteint et que nous ne pourrons pas briser l’hégémonie d’une politique social libérale sur la gauche. C’est ton droit de penser cela, mais tu pars au combat d’ores et déjà battu. Envoyer un tel message aux hommes et aux femmes de gauche, c’est leur ouvrir un boulevard pour le prétendu « vote utile ». Si votre objectif, c’est de faire entendre une voix antilibérale, à vocation minoritaire, sans dire que nous pouvons dynamiter la gauche au point d’arriver à une majorité sur la base d’un programme antilibéral, vous laissez le PS seul en capacité de battre la droite, avec comme seule alternative au deuxième tour soit de s’abstenir, soit de voter PS, avec le programme qu’il a. Je prends date dès maintenant avec toi. Si vous maintenez cette position, nous courrons à l’échec. Pour ce qui vous concerne, vous allez vers un score minable avec Besancenot, parce que l’enjeu n’est pas, pour les hommes et les femmes de gauche, de sanctionner la gauche comme en 2002, mais de battre la droite. Et sur ce point, ne commençons pas à dire que nous serons minoritaires à gauche. Ne faites pas ce cadeau au social libéralisme ! Vraiment, pour une telle stratégie d’échec, ce sera sans moi. Je réitère mon appel. Vous avez encore le temps de rejoindre le rassemblement. Tous ensembles, on peut gagner. Henri GENARD »



