Le chômage, la précarité, le fait que cette jeunesse n’a aucun avenir ou débouchés devant elle, concourt à banaliser la violence
Entretien avec Frédéric DUTOIT, maire d’Arrondissement et député de Marseille à « l’Humanité Dimanche »A Marseille, SARKOZY n’a pris aucune mesure pour garantir la sécurité. Après l’incendie meurtrier du 28 octobre, Frédéric DUTOIT, Député et Maire communiste de deux arrondissements populaires, revient sur les évènements qui secouent la France. HD. Vous êtes Député des quartiers Nord de Marseille. Comment réagissez-vous aux évènements dramatiques qui ont eu lieu le samedi 28 octobre ? FD. Mama Galledou a été victime d’un acte ignoble, barbare. Un acte que je condamne avec la plus grande fermeté. Les auteurs de ce délit doivent être sévèrement condamnés, à la hauteur de l’atrocité qu’ils ont commise. Cet acte montre à quel point nous vivons une grave crise de société puisque des enfants ne voient même plus les conséquences dramatiques que peuvent entraîner leurs gestes. Arrêter et condamner les coupables, c’est bien, éviter le drame, c’est mieux.
HD. Vous parlez de graves crises de société… FD. Tous les analystes un peu sérieux, les gens de terrain, les animateurs, les enseignants, les élus, les policiers savent bien quels sont les problèmes qui minent notre société et particulièrement nos quartiers populaires. Le terreau qui permet à cette violence de s’exprimer de cette manière, c’est la crise sociale dans laquelle vivent les habitants des quartiers populaires. Le chômage, la précarité, le fait que cette jeunesse n’a aucun avenir ou débouchés devant elle, tout cela concourt à banaliser la violence. Cette situation implique de prendre des mesures à court terme et à long terme. Il faut effectivement des mesures de répression lorsque c’est nécessaire. Sur cette question de la répression, il faut être sérieux, et que le ministre de l’intérieur arrête son cinéma ; Il affiche une volonté sécuritaire qui se traduit uniquement par l’envoi de CRS pour réaliser des opérations médiatiques. HD. Vous évoquez les acteurs de terrain dont vous êtes, mais avez-vous les moyens d’agir pour changer la vie dans ces quartiers ? FD. Au niveau de la sécurité, il faut savoir que Nicolas SARKOZY a supprimé les contrats locaux de sécurité en 2002. Malgré cela, j’ai maintenu des relations mensuelles avec les forces de police, à la fois municipale et nationale, ainsi qu’avec les éducateurs pour faire le point sur ces questions de sécurité afin de prévenir plutôt que de sévir. Et je constate que, depuis 2002, nous avons perdu entre 40 et 60 policiers, qui étaient en lien avec la population rien que sur les arrondissements dont je suis élu. Nous avons besoin d’une police au service de la population, en contact permanent avec elle et non d’une police au service d’opérations médiatiques. Bien, qu’il le prétende, le ministre de l’intérieur n’a pris aucune mesure pour garantir la sécurité au quotidien… au contraire. HD. Mais est-ce que cela peut suffire pour répondre à la crise de société ? FD. Bien évidemment que non, le rétablissement du lien entre la police et la population est nécessaire mais pas suffisant. C’est une mesure simple et facile à mettre en œuvre pour peu qu’on le décide. Mais en même temps nous devons travailler sur le terreau de cette crise de société. Il faut décréter l’urgence sociale pour les quartiers populaires. Il faut dégager des moyens financiers et humains d’une ampleur exceptionnelle dans un vaste plan de reconquête et de modernisation des services publics, dans l’éducation, dans l’emploi, le logement, la santé, la police de proximité. Depuis 2002, je constate, dans les arrondissements dont je suis élu bénéficiant de l’ensemble des dispositifs dits de « politique de la ville », une baisse catastrophique du financement public d’Etat de ces dispositifs. Des centres sociaux ont vu leurs subventions baisser de 40% à 60% par an depuis 2002, d’autant que les collectivités locales n’ont pas les moyens de compenser ces baisses. D’autre part, avec 17% de la population active au chômage dans ces quartiers, on mesure que le discours du premier ministre sur la reprise n’est que de la poudre aux yeux. La diminution du chômage dont il parle correspond à l’explosion de la précarité et de l’intérim. Je le vérifie tous les jours dans ma circonscription ; Enfin je constate que les fameuses zones d’éducations prioritaires n’ont de prioritaires que le nom. Les moyens affectés à ces ZEP sont nettement insuffisants pour répondre aux besoins et aux missions des enseignants dans ces endroits. C’est cette pénurie organisée qui permet à certains d’avancer l’idée d’en finir avec la carte scolaire. Il faut investir dans la jeunesse, lui faire confiance et le lui dire, pour qu’elle retrouve foi en elle, dans son propre pays qui lui tourne trop souvent le dos et ne lui propose que des horizons bouchés et la précarité comme mode de vie. Il faut, contrairement à la politique actuellement menée, engager le pays dans cette nouvelle direction. C’est une urgence républicaine. Humanité Dimanche. Stéphane Sahuc


Chers Camarades,
Tout d’abord, je voudrais dire que je suis socialiste. Ce n’est pas une honte, quoi que, en ce moment… Et en plus je suis membre du PS.
Non, je ne peux pas me resoudre au blanc seing pour Madame Royal. Non, decidemment, je ne le peux.
Dans cette optique, j’ai pris la decision de fonder une coordination de la gauche socialiste anti-liberale et non-royaliste. Nous constituerons une force de projet, independante, vraiment, mais DE GAUCHE !
Ce que nous voulons, c’est militer pour l’application d’un projet de gauche, authentiquement de gauche..
Merci de me donner votre avis, et, si vous vous reconnaissez dans la demarche, de participer.
http://laurentfabius2007.over-blog.com
Rédigé par: Bruno Lamothe | le 19 novembre 2006 à 10:13