Si le chômage a officiellement baissé dans notre ville, le tableau que l’on peut dresser sur la situation de l’emploi à Marseille est loin d’être rose. Des points noirs subsistent, comme la situation paradoxale que connaît le secteur d’Euromed. Des emplois y sont créés en nombre, mais malheureusement pas pour les habitants de ces quartiers qui sont priés d’aller voir ailleurs. Quand le Maire de Marseille mentionne, dans son dossier de candidature à la création d’une Maison de l’Emploi, que l’établissement Public Euroméditerranée œuvre, « par des actions concrètes », en faveur de l’insertion professionnelle des habitants du centre ville c’est un peu gonflé.
En effet, les seuls arrondissements où le chômage a augmenté en 2005 sont précisément les 2è et 3è arrondissements, ceux là même qui accueillent l’opération d’intérêt national. Euromed. Cette opération ne permet toujours pas, à l’heure actuelle, de créer des emplois en direction des moins qualifiés. Oui le chômage a baissé officiellement à Marseille, mais malheureusement les marseillais faiblement qualifiés ont toujours les plus grandes difficultés à trouver un emploi. Et que dire de la situation dans certains quartiers, complètement en déshérence, dans lesquelles les niveaux de qualifications sont en majorité peu élevés, et où le taux de chômage plafonne à 40 %. S’attaquer à ce chômage là, c’est s’attaquer à l’insécurité sociale, c’est ouvrir de nouvelles perspectives d’avenir pour des jeunes dont le plus grand souhait est d’intégrer le monde du travail. Mais prenons garde. Proposer à ces jeunes d’entrer dans le monde du travail uniquement par le biais de contrats précaires est purement inacceptable. Les nouveaux contrats, CNE, CIVIS, etc., ont des effets extrêmement pervers : comment un salarié pourrait-il négocier son salaire, se syndiquer, et, c’est le plus grave à mes yeux, se projeter dans l’avenir quand il n’a aucune garantie sur son maintien dans l’entreprise. Le gouvernement a beau jeu de se scandaliser de la situation des travailleurs pauvres, alors qu’il fourmille d’idée de nouveaux contrats, plus précaires les uns que les autres. Une fois de plus, j’observe tristement le gouvernement face à ses contradictions. Enfin je voudrai revenir sur ces structures que seront les maisons de l’emploi. Pour ma part, je pense que l’ANPE doit préserver son monopole de prescription dans le recours aux dispositifs d’accompagnement, de formation ou de reclassement des intéressés. L’appel à des opérateurs privés dans le service public de l’emploi est inquiétant à plus d’un titre. Seuls les critères de rentabilité risquent d’être pris en compte, ce qui provoquerait des phénomènes de sélection visant à éloigner plus encore de l’emploi ceux qui sont les plus difficiles à reclasser. Ainsi, les personnes les plus faciles à placer deviendront l’apanage des opérateurs privés tandis que l’ANPE se chargera de celles et de ceux les plus éloignés de l’emploi, les plus déstructurés. Faire diminuer le taux de chômage dans notre ville, revient à se poser avant tout la question des moyens. Il importe que la coordination et la modernisation du Service Public de l’Emploi se fasse réellement dans le sens d’une amélioration de la qualité de service aux usagers, ce qui demande que des moyens soient pris pour recueillir leur point de vue et leurs idées. Enfin je voudrais insister sur la nécessité de renforcer le développement de l’activité industrielle et technologique. Seule l’activité industrielle et technologique permet effectivement d’asseoir le tissu économique sur un matelas d’emplois stables. Dans cette optique, nous ne pouvons envisager que toute nos réserves foncières, principalement les friches industrielles, ne servent qu’à la spéculation immobilière. Sur chaque terrain disponible, il conviendra de mener des réflexions pour cibler exactement quelles sont les parcelles qui doivent être dédiées à l’activité industrielle, à l’habitat, aux équipements. Et de se poser systématiquement la question du type d’activité. Dans chaque projet urbain nous devons, dès les premières réflexions, imaginer une mixité intelligente des fonctions urbaines, et une répartition ingénieuse des mètres carrés disponibles entre l’activité, les équipements de proximité, les logements sociaux, les logements conventionnés, et les logements libres, afin que chaque Marseillais trouve sa place dans notre ville.