Antilibéraux : rassemblés ou pas ? Utiles ou pas ?
La réunion qui s’est tenue se week-end à Montreuil, où se sont retrouvés une partie des collectifs antilibéraux, a relancé la candidature de José Bové à l’élection présidentielle. José devrait annoncer le 1er février s’il est candidat ou pas.
A cette occasion je voudrais donner mon point de vue.
Voilà des mois que je suis engagé dans le rassemblement antilibéral. Dès septembre 2004, j’ai initié dans le département le collectif du non à l’Europe libérale qu’on souhaitait nous imposer. Le 30 mai 2005, je me suis engagé pour la création des collectifs antilibéraux pour les élections présidentielles et législatives. Ma conviction reste la même et je n’ai eu de cesse de le dire dans les différentes réunions.
Pour réussir, pour jouer la gagne, il nous faut savoir ensemble réunir deux conditions :
- il nous faut nous mettre d’accord sur un contenu politique, un projet antilibéral. C’est chose faite puisque nous avons su élaborer ensemble les 125 propositions de nature à changer la donne dans ce pays.
- notre diversité est notre richesse et c’est un atout formidable pour réussir notre rassemblement.
Nous ne réussirons qu’ensemble.
Il nous faut réunir ces conditions pour nous permettre de déboucher sur une candidature unitaire pour les élections présidentielles. Nous nous devons de réussir car le peuple de France ne peut plus attendre.
Il nous faut battre la droite et l’extrême droite. Il nous faut faire gagner la gauche sur la base d’un programme radicalement antilibéral. Cela n’est possible que si nous sommes rassemblés. Cela n’est possible que si nous sommes ensemble avec le même objectif. C’est ma conviction profonde.
Ni la candidature d’Olivier Besancenot, ni celle de Marie-Georges Buffet ne sont des candidatures du rassemblement. Celle de José Bové, si elle venait à s’ajouter aux précédentes, ne le serait pas plus.
A ce jour, aucune des trois candidatures n’est une véritable candidature du rassemblement portée par toutes les forces engagées depuis des mois au sein des collectifs.
Si ces trois candidatures sont maintenues, elles joueront en faveur de la division et de l’éparpillement des voix antilibérales. Nous devons à tout prix éviter ce scénario catastrophe qui, inéluctablement, affaiblirait la dynamique crée le 29 mai et qui n’a cessé de mobiliser depuis des milliers de citoyennes et de citoyens.
Pour ce qui me concerne, je continue à agir et vous pouvez compter sur moi pour que l’objectif d’un candidat unique, quelque soit ce candidat, devienne réalité, et qu’enfin se concrétise en 2007 un véritable espoir de changement.

Tout à fait d'accord avec cette prise de position, aucun des trois cités ne peut faire consensus.
Deux parce qu'ils sont chefs de parti et le troisième, après avoir déserté, se voudrait être le sauveur!!
Reste un nom qui était en deuxième position après le premier vote des collectifs. Etant chef de parti MGB est éliminée de facto reste en deuxième position Clémentine Autain.Quand, dans une épreuve sportive, le premier est éliminé pour diverses raisons c'est le deuxième qui prend la place!!
Clémentine est jeune, femme, et c'est une battante qui tire sa légitimité d'un vote.
Elle a tous les atouts pour rassembler
Rédigé par: Boutolleau Georges | le 23 janvier 2007 à 15:08
je partage à 100% ce que dit F. Dutoit. Le pcf (et la Ligue avant lui)portent une lourde responsabilité dans l'existence des conditions actuelles. Si Bové est candidat à son tour, il ajoutera encore à la dispersion, à la division, à l'éloignement de solutions véritables antilibérales. Les antilibéraux (dont je suis) sont pris dans un véritable piège: multiplicité des candidatures, tentation vers l'abstention ou le "vote utile". Bien réfléchir et agir pour un effort supplémentaire dans le but d'une candidature antilibérale unique; pourquoi pas le lancement d'une pétition s'adressant aux candidats s'autoproclamant "du rassemblement" ? Les membres du pcf, en particulier, devraient réflèchir en ce sens. Les non encartés aussi, cela va sans dire.
Frédéric Dutoit, bon succès, bien des gens sont avec toi. Merci ! Continue.
Rédigé par: Frosini Roger | le 24 janvier 2007 à 18:01
Frédéric ne change pas ... placé accidentellement au Nord de Marseille, il va où le conduit le Mistral !
La politique ne doit pas être à géométrie variable et suivant des supposées opportunités, la langue de bois est vite décodée par les citoyens.
Allez Frédéric un petit effort, Marx n'est pas mort ... le capitalisme non plus !
Rédigé par: identité marseille | le 24 janvier 2007 à 21:25
Contribution de
Iréne Perrin-toinin. 21 ans. Etudiante en Histoire.
Yoanna Rubio. 26 ans anthropologue.
Raphaël Rubio. 30 ans. Précaire. Professeur vacataire de Philosophie.
L’hydre post-moderne !
Nous voudrions tout d’abord lever une hypocrisie en révélant ce qui s’apparente à un secret de polichinelle, certes paré des milles atours de l’anti-libéralisme !
Les collectifs ne se cherchent pas, ils s’affrontent ! Nos divergences sont plus tenaces que le « commun idéal » devant nous unir autour d’une même volonté ! Les intérêts, rivalités, haines intellectuelles mais aussi malheureusement, les soifs de domination et de pouvoir, cette pitoyable gloriole caractéristique essentielle des coeurs faibles et timides, ensanglantent cruellement notre camps ! Soyons lucides ! le 29 mai dévore ses enfants comme Saturne les Dieux anciens… Félicitons nous « camarades » que l’usage de la guillotine soit, au fil des siècles, tombé en désuétude…Il y aurait en effet fort à craindre que la sainte dame eut accompli son ténébreux office….
Nous voila donc discrédités au yeux du Peuple ! Ce Peuple qui quoiqu’en disent certains « cabris » de la post-modernité, n’a pas encore explosé en « multitude » éphémèrement connectée ! Cette belle et grande Nation, dont nous sommes fier d’être le fruit, qui après avoir démontré ses immenses capacités de résistance cherche au plus profond d’elle-même les ressources qui la mèneront à construire un monde plus libre et plus juste ! C’est en son nom, et celui de l’Europe, que nous avons le devoir, Camarades, de réussir l’unité et, osons le terme, le Socialisme !
L’unité nous affirme t-on, serait le bien le plus précieux. Nous déplorons cependant que les camarades appelant le plus bruyamment à l’union de toutes nos forces soient les premiers à avoir semé les germes de la division ! Ainsi, Madame CLEMENTINE AUTAIN en laissant sous entendre le départ de militants hors des sphères de notre rassemblement si la candidature de MARIE GEORGE BUFFET venait a être effective a rompu avec l’esprit des collectifs ! Ne sommes nous point ensemble pour, in fine, soutenir le candidat désigné, quelque soit son nom et son genre ?
Puisque la brèche est ouverte, permettez nous d’exprimer notre sentiment à propos de Madame Autain.
Soyons franc ! Nous ne nous reconnaissons pas dans la culture politique incarnée par cette personne ! De tradition réformiste, rompue aux collaborations avec la frange sociale-démocrate du Parti Socialiste parisien, sa profession de foi, se présentant qui plus est telle une mauvaise lettre de motivation, au style maladroit et hâtif, n’évoque jamais les problèmes du chômage, de la précarité et de la souffrance sociale ! Issue de la bourgeoisie bohême des quartiers riches de la Capitale, Madame Autain ne représente en rien la jeunesse française ! Nous avons en effet la faiblesse de croire, que ses préoccupations largement sociétales, ne mobiliseront jamais l’électorat populaire ! Devons nous céder à la pression médiatique, au « jeunisme » rampant et ridicule pour présenter un succédané maladroit de Madame royal à la présidence de la République ? Si pour reprendre ses propres termes la dynamique unitaire est susceptible de se briser se serait en raison de sa propre candidature….
Nous tenons en second lieu, à dénoncer la culture antidémocratique du « consensus » animant les collectifs. Cette pratique, éminemment libérale, est rappelons le calquée sur le mode de fonctionnement et d’organisation des multinationales capitalistes… , pareille à elles, certains d’entre nous sont mus par la crainte des élections tout simplement parce qu’incapables de toute forme de transcendance et de véritable synthèse, les différences ne sont plus des richesses mais bien des facteurs paralysants…. La tradition républicaine, elle, veut qu’un scrutin fasse consensus parce qu’au delà de nos diversités nous partageons sens et destin commun…Il ne s’agit donc pas dans cette perspective de réduire les minorités à un silence mortifère, ni même de brimer leurs capacités d’actions, d’initiatives et d’informations, mais plutôt d’exprimer un acte immense de confiance en nous même et en notre unité ! Visiblement les mots aux vertus émancipatrices de République et de Souveraineté semblent tout autant effrayer les technocrates européens que les collectifs soi disant anti-libéraux. De grâce Camarade ne réinventons pas le libéralisme au nom de nous ne savons quelle post modernité en réseaux !!! Pour notre part, nous estimons que les partis politiques sont tout aussi légitimes pour incarner le rassemblement qu’aucun autre représentant de la société civile ! Laissez nous d’ailleurs exprimez notre scepticisme au sujet de ce concept extrêmement vague !
Véritable tarte à la crème des libéraux du XIX e siècles, il fut utilisé par ces derniers pour critiquer dans un même mouvement la communauté politique républicaine et la société organisée d’Ancien Régime. De nos jours, alors que plus personne n’ose se pencher sur le trésor idéologique sur lequel nous sommes assis, il est devenu une expression valise à l’usage dangereux ! Camarade ! nous sommes entrain de faire disparaître l’espace politique, organise par la raison spéculative et critique, le dialogue sans concession, et régit à la fois par l’intérêt général et la souveraineté populaire, sous les coups de butoir d’un agrégat d’intérêts informes, sommairement qualifié de « société civile » ! N’accomplissons pas le vieux rêve du capitalisme d’en finir avec cet univers mental spécifique, rationnel et émancipateur qu’est l’espace publique politique ! Ne confondons pas la simple administration des choses, voir la simple participation avec l’objet politique !!! quelle erreur et quelle confusion idéologique !!! Oui la pratique politique doit être renouvelée, oui la classe politique est déclinante, oui elle a trahi la Nation, dérobé dans les âmes l’espérance, interdit tout forme de participation citoyenne, mais vouloir substituer à cette indécente classe politique des notabilités, toute aussi carriéristes, issues de la société civile, fussent par consensus, est à notre sens totalement absurde !!!
Camarades ressaisissons nous ! Ne perdons pas confiance, ni dans le Socialisme, ni en la République, ni, puisque la mode est à l’ivresse de son exécration, en la France…
Iréne Perrin-Toinin
Raphaël Rubio
Yoanna Rubio décembre 2006
Rédigé par: Moroni | le 24 janvier 2007 à 21:51
En accord avec l'idée qu'aucun des trois ne peut représenter la gauche antilébérale, la question maintenant est peut on sortir de cette situation et comment ? J'avoue ne pas voir d'issue si ce n'est une action plus centrée sur les législatives.
Rédigé par: VIGNOLLES hervé | le 25 janvier 2007 à 08:09
Frédéric
Les choses sont tellement envenimées qu'il faut chercher des solutions qui remobilisent et fassent qu'aucune sensibilité du camp antilibéral ne soit perdante.
Une proposition: si les 3 candidats se rencontrent et disent: "ce qui nous rassemble est plus important que ce qui nous sépare. Cet épisode de l'histoire n'a pas permis qu'une candidature unique se dégage. L'élection présidentielle avec sa personnalisation s'y prêtait mal. Mais notre but est de continuer, aux législatives et ensuite, à constituer un rassemblement antilibéral qui pèse dans la vie politique française. Les voix qui se porteront sur chacun d'entre nous s'affirmeront comme des voix antilibérales. Faisons chacun notre campagne, en l'ouvrant à l'expression du mouvement social dans sa diversité, faisons quelques actions et meetings communs, autour de la charte antilibérale, chacun avec sa personnalité et ses variantes. Et considérons comme une victoire commune et un point d'appui pour la suite le total des voix qui se porteront sur nos candidatures."
Pourquoi pas?
Rédigé par: Catherine Gégout, Conseillère de Paris | le 25 janvier 2007 à 08:56
Cher Frédéric Dutoit,
comme pour des milliers de mes semblables, en appelant Bové à revenir dans le jeu, mon objectif était, face aux stratégies de la LCR et du PC, de tenter de sauver ce qui pouvait encore l'être de la dynamique initiée le 29 mai.Il s'agissait pour moi d'un ultime recours. De ton côté, tu sembles croire encore à la possibilité d'une candidature unique et tu nous annonces agir dans ce sens. Soit. Mais je ne partagerais ton optimisme et surtout, je ne croirais à la sincérité de ta position que si tu nous expliques comment tu comptes t'y prendre dans les délais qui nous sont désormais impartis et ce que tu fais exactement pour y parvenir. Car, sauf à demander haut et fort et agir concrètement pour
1)que le PC retire sa candidature dans jours qui viennent
2) qu'il propose dans la foulée aux collectifs de s'entendre dans la semaine qui vient sur une autre candidature que celles de OB, MGB et JB,
je vois mal à quoi peuvent correspondre tes déclarations. J'attends donc des précisions et des gestes de ta part qui me convainquent de la crédibilité et de la sincérité de ta position.
JRP
Rédigé par: Jean-René Pendariès | le 25 janvier 2007 à 12:08
bien sûr qu'il faut que les trois candidats se réunissent ! Mais comment ? Avec trois noms ? La seule candidature qui peut porter les couleurs de la gauche anti libérale a toujours été et reste celle de José Bové. D'accord avec F Dutoit, mais maintenant, que faire ? La seule issue pour arriver à la convergence des campagnes est de faire celle de José, les autres devront suivre puisqu'ils savent comme nous tous qu'ils ne pourront réunir derrière leur nom.
Bonne continuation
AV
Rédigé par: AV | le 25 janvier 2007 à 16:53
1) A propos de la réunion de Montreuil des 20 et 21 janvier :
A- En quoi celle-ci constituerait elle un fait nouveau ? Par le possible retour de J Bové ?
Et si c'était le cas, (pour autant qu'il soit encore temps et possible que les collectifs locaux qui s'étaient déjà exprimés à deux reprises en décembre le fassent à nouveau et idem pour les adhérents des formations et organisations qui auraient aussi à se prononcer une nouvelle fois), sachant que sa candidature ne recueillerait absolument pas le fameux double consensus, en quoi cela débloquerait la situation ?
B- En quoi les décisions prises lors de cette réunion de Montreuil (je cite) "où se sont retrouvés une partie des collectifs antilibéraux" (environ 300) aurait plus de légitimité que les votes exprimés par près de 700 collectifs locaux et qui ont choisi à 61% la candidature de MG Buffet, n'accordant pour ne parler que de la candidature arrivée 2 ème, moins de 20% à Autain ?
D'ailleurs, il y a parfois des "raisonnements" pour le moins curieux. Comme celui que j'ai pu lire dans un commentaire précédent selon lequel "Quand, dans une épreuve sportive, le premier est éliminé pour diverses raisons c'est le deuxième qui prend la place!! " Autrement dit quand la première ne fait "que" un peu plus de 61%, c'est en prenant la deuxième, qui obtient moins de 20% que l'on peut encore mieux rassembler... Et il paraîtrait, que, de plus, se serait encore plus démocratique...
2) Affirmer que "Ni la candidature d’Olivier Besancenot, ni celle de Marie-Georges Buffet ne sont des candidatures du rassemblement." revient à faire un sacré tour de passe-passe !
Je m'explique : D'une part, parce que c'est mettre sur le même plan deux situations totalement différentes.
C'est dès le mois de juin 2006 que la LCR a pris la décision de présenter la candidature de Besancenot, se situant ainsi en concurrence avec celle de la gauche antilibérale. Elle l'a fait parce qu’elle est en désaccord radical avec les objectifs et la stratégie que les collectifs unitaires ont décidé ensemble. Ainsi, la LCR n'a pas signé le texte « ambition - stratégie - candidatures » : un nouveau pas pour le rassemblement, adopté lors de la réunion nationale des collectifs locaux du 10 septembre 2006.
Alors que, en ce qui concerne le Parti communiste, dont les militantes et militants ont contribué activement, depuis son origine, au développement du processus unitaire, il a mis en débat la candidature de MG Buffet dans le cadre de ce processus et dans le strict respect des règles de discussion qu’il s’est données. Et c'est dans le cadre de ce processus que les collectifs locaux ont très largement placé en tête des candidatures celle de MG Buffet.
Aussi, dire que la candidature de MG Buffet n'est pas une "candidature du rassemblement" c'est tout simplement s'asseoir sur ce processus démocratique et sur la volonté exprimée par celles et ceux qui y ont pris part. En se prononçant sur les différentes propositions de candidatures qui leur étaient soumises, les collectifs locaux ont répondu à la demande qui leur était faite d’exprimer leur opinion quant au choix qui leur paraît le plus efficace, à partir de critères acceptés par tous. Leur discussion s’est développée de façon transparente, dans la pleine connaissance des arguments avancés par les uns et les autres.
3) Pourquoi entretenir des illusions autour de l'existence encore possible "d’un candidat unique" ?
Si le point de blocage est réellement la question d'une candidature recueillant l'adhésion de toutes les composantes sans exception de la gauche anti-libérale, comment laisser penser qu'une proposition providentielle peut être sortie (par qui ?) miraculeusement du chapeau aujourd'hui ?
Certes, on ne peut que regretter ce blocage. C'est effectivement un rendez-vous manqué. Il y en aura d'autres. Et puis cela ne doit pas gommer les avancées réalisées, l’accord sur une orientation, sur un programme.
Mais pour l'élection présidentielle, du fait de son échéance proche, de la bipolarisation engagée autour de Sarkozy et Royal et, surtout, de l'absence préjudiciable dans la campagne d'une expression permettant de relancer la dynamique populaire et de porter les exigences de changement, tout cela rendait urgent l'entrée dans la bataille.
Mais, Méa culpa, je viens subitement de réaliser que la vie pourrait me donner tort ! En effet, il est possible que "l’objectif d’un candidat unique" évoqué par Frédéric Dutoit "devienne réalité"... Alors unissons nos efforts pour que la LCR qui a pris sa décision en marge du mouvement anti-libéral et de l'avis des collectifs locaux retire la candidature de Besancenot, et pour que Bové qui s'était retiré à l'automne du mouvement et dont la candidature n'a donc jamais été envisagée ni même débattue et encore moins exprimée dans les votes des comités anti-libéraux ne présente la sienne.
Alors, je compte sur toi Frédéric...
Rédigé par: claude Dutto | le 31 janvier 2007 à 17:10
A Claude Dutto,
Etant, par mégarde, devenu vieux, je ne peux pas me satisfaire de la résignation aux "rendez-vous manqués," même si "il y en aura d'autres", comme tu le dis vite, avec cette vague foi en l'avenir qui caractérise les croyants tièdes.
En réalité, le texte initial du Rassemblement Antilibéral souffrait dans sa rédaction initiale de ses imprécisions sur le rejet des alliances que nous avons connues avec le Parti Socialiste. A l'époque ces ambigüités pouvaient se justifier par la nécessité d'appuyer les positions du PRS au PS.
La majorité de la LCR n'a pas voulu dès le départ travailler à lever ces hypothèques stratégiques en temps utile. Elle a recherché à s'appuyer sur le flou des formulations, exigées par Cohen Seat et Dartigoles,pour mettre sur les rails, au printemps 2006, la candidature d'Olivier Besancenot. Il faut dire que l'épisode électoral de Bordeaux a révélé par la suite certaines tendances à faire comme avant.
La LCR est un petit parti qui doit sa notoriété médiatique à Olivier Besancenot.
Sa direction a fait le choix funeste de préferer ses interêts de parti, en sous-estimant les caractéristiques de la période ouverte par l'élan massif et unitaire du non au TCE.
La direction du PCF, à la même période, a choisi de réactiver beaucoup de comités qui ne s'étaient plus réunis depuis un an, sans avoir d'autres perspectives que de les transformer à terme en comités de soutien à la candidature de Marie Georges.
De ce fait, entre autres, le comité national avait prévu le "double consensus" comme garde fou.
Là aussi, les intérêts de parti ont amené la direction à passer en force.
A la trappe, la nécesaire recomposition de la gauche à visée communiste et écologique, appelée par le mouvement contre le TCE!
Peut-on se satifaire, encore une fois, d'aller au combat contre les sociaux libéraux et la droite en espérant faire 4% par ci et 3% par là ? Est-ce à la hauteur des besoins de notre peuple ?
La résignation au statu quo qu'imposerait "l'esprit de parti" doit être dénoncée!
La gauche antilibérale a particulièrement progressé sur le programme.
Il n'est donc pas exorbitant, sur cet accord de diagnostic et de propositions, de préférer une candidature non partidaire comme celle de José Bové, si elle peut entraîner un plus grand nombre.
Il est possible que OB ne puisse pas recueillir les 500 signatures, et que MG en reste à 3 ou 4%. Ne pourraient-ils pas, avec d'autres comme Clémentine Autain se constituer enfin en porte parole de la candidature antilibérale la plus efficace ?
Rédigé par: Bernard Mounier | le 01 février 2007 à 04:11
A Bernard Mounier
Affirmer que "La direction du PCF... a choisi de réactiver beaucoup de comités qui ne s'étaient plus réunis depuis un an, sans avoir d'autres perspectives que de les transformer à terme en comités de soutien à la candidature de Marie Georges." est effectivement une façon d'apprécier les efforts déployés par les communistes depuis des mois pour que le plus grand nombre possible de femmes et d’hommes rejoignent ou créent des collectifs, y mènent le débat, participent aux décisions. Et cela devrait être ramené à une volonté de peser abusivement sur le débat ? On doit plutôt regretter que tout le monde, du côté des autres organisations et sensibilités politiques, n'en ait pas fait autant.
D'autre part, il suffit de prendre connaissance des propositions formulées par MG Buffet sur le type de campagne qu'elle entendait mettre en oeuvre - http://www.pcf.fr/spip.php?article1018
pour constater que sa candidature ne pouvait être décemment associée à des "intérêts de parti".
Manifestement, il y a nécessité de pousser la réflexion à propos des causes qui ont conduit au blocage.
On évoque volontiers la question du critère du "double consensus" auquel la candidature de MG Buffet, largement placée en tête par les votes des collectifs locaux - http://www.pcf.fr/IMG/pdf/Resultats_des_collectifs.pdf
n'aurait pas satisfait.
Mais le problème semble se situer ailleurs. Et lorsque Bernard Mounier dans le commentaire précédent indique "A la trappe, la nécesaire recomposition de la gauche à visée communiste et écologique, appelée par le mouvement contre le TCE!", je crois qu'il met le doigt sur la réelle raison du blocage.
Car c'est un fait que, s'éloignant des décisions qui fondent le projet d’une gauche antilibérale, certains ont curieusement avancé l'objectif d'une recomposition d’ensemble, d’une nouvelle construction politique à gauche - lire le compte rendu de la réunion du Collectif national d’initiative du 19 décembre ici : http://www.pcf.fr/spip.php?article1076
Le constat, lors de cette réunion, que c'était en fait sur la perspective d’une « recomposition » à gauche et de son rapport avec le PCF que butait la candidature de MG Buffet, avait d'ailleurs amené la délégation du PCF à "regretter que cette question n’ait jamais été évoquée pour telle auparavant – et notamment pas dans les décisions qui fondent le projet d’une gauche antilibérale : ni dans l’appel initial, ni dans le texte « Ambition-stratégie-candidatures » du 10 septembre."
Moralité, quand on a la volonté d'avancer, de travailler, de construire ensemble, il ne faut pas changer en cours de route les règles, la démarche et les objectifs élaborés collectivement auparavant.
C'est vrai en tout domaine et particulièrement en politique où, si les citoyens sont malheureusement les premiers à faire les frais de telles pratiques -ici en locurrence toutes celles et tout ceux qui aspiraient à une candidature unitaire des forces antilibérales, leurs auteurs ne tardent pas à en payer également le prix.
Rédigé par: Claude Dutto | le 01 février 2007 à 15:11
Cher Claude D
Parler des efforts sincères des militants d'un parti antilibéral ou d'un autre pour faire avancer l'unité de la vraie gauche, pour compter collectivement est une chose, évaluer les intérêts à courte vue et l'inertie des partis, autre chose.
Tout identifier constitue une façon de penser qui ne tient pas compte de l’engagement de très nombreux militants de bonne foi, minoritaires au PCF et à la LCR, qui ont choisi d'autres stratégies, qui me semblent plus porteuses d'avenir.
Pour autant, ils ne s'excluent pas de leur engagement partidaire.
Quant à ta leçon, je cite:" Moralité, quand on a la volonté d'avancer, de travailler, de construire ensemble, il ne faut pas changer en cours de route les règles, la démarche et les objectifs élaborés collectivement auparavant.", elle s'applique, malheureusement, à la décision politique de la direction du PCF de ne pas tenir compte de ses engagements sur l'acceptation du double consensus.
Si j'ai bien compris, cet accord, au mieux, n'avait pas été évalué par les dirigeants et négociateurs en temps utile, au pire, avait été accepté du bout des lèvres en pensant qu'on pourrait, le cas échéant passer en force.
Si le débat politique sur les propositions a pu avancer et aboutir à une unité satisfaisante, d'autres débats n'ont pas pu être menés suffisamment et à temps au sein des collectifs et du collectif national.
Menons-les ici comme ailleurs.
Rédigé par: Bernard Mounier | le 01 février 2007 à 21:54
A Bernard Mounier
Je suis désolé, sans doute est-ce dû au fait que je n'ai pas poussé trop longtemps les études mais je n'ai pas compris le sens de ta réponse aux faits et éléments chiffrés que j'ai rappelés.
Cela dit, comme toi je souhaite la poursuite de l'échange et de la confrontation, ici et ailleurs.
Mais pour l'heure, j'ai des priorités. Comme j'appartiens à ce que Mme Böet appelle "un ramassis de cinglés et de communistes archaïques" je considère, un peu bêtement je l'avoue, qu'après le temps du débat, puis celui des décisions, vient le moment de la mise en oeuvre. Je suis donc en campagne pour le vote MG Buffet, non pas pour rassembler derrière ou autour le PCF mais pour une expression efficace des exigences de transformation sociale.
Rédigé par: Claude Dutto | le 02 février 2007 à 10:03