Alors que le gouvernement se dit vouloir répondre au problème du logement des SDF après les actions de l’association Don Quichotte, l’intervention publique pour les quartiers en difficultés est progressivement abandonnée depuis 2002. Dans un contexte où certains de nos représentants nationaux, comme le toujours ministre de l’intérieur, s’égarent dans une stigmatisation sans gêne des habitants des quartiers en difficultés et notamment des jeunes, un an après la révolte populaire des banlieues de 2005, il me semble que nous serions bien inspirés de prendre le recul nécessaire pour analyser sérieusement les raisons de cet échec.
Ces cinq dernières années, les choix du gouvernement en matière de politique pour les quartiers en difficultés ont porté sur une destruction complète de la Politique de la Ville. Née officiellement en 1981, après les incidents survenus à la cité des Minguettes à Lyon, la Politique de la Ville se fondait sur un principe simple : déployer des financements croisés supplémentaires, en sus des financements de droit commun, pour des secteurs bien identifiés, confrontés à des difficultés urbaines, sociales et économiques particulières. Avouons que nous en sommes loin. L’efficacité et l’efficience de la Politique de la Ville ont souvent été discutées, voire contestées. Pourtant, que seraient devenus, sans cet outil, Marseille et les quartiers nord en particulier ? Sans ces financements croisés, la part propre que Marseille met, en droit commun, sur mes, 3e, 15e et 16e arrondissements est portion congrue. Pourtant beaucoup reste à faire, énormément reste encore à faire. La Politique de la Ville, que veut tuer le gouvernement, a certainement permis, à minima, d’éviter une aggravation de la situation. Mais depuis cinq ans, les villes qui se sont engagées dans des opérations Politique de la Ville, ont dû revoir leur plan d’actions à la baisse. Bien souvent il a fallu compenser la baisse des crédits d’Etat. Rappelons-nous quand même que l’une des premières décisions du gouvernement, Raffarin, Sarkozy, De Vilepin, a été de diminuer de 50 % les crédits alloués au FASILD. Certaines collectivités ont compensé, d’autres non. Enfin, les Zones Franches Urbaines. Dans les cités de la Castellane, à la Bricarde, ou du Plan d’Aoù par exemple, les taux de chômage culminent toujours à 40, 50 %, notamment chez les jeunes ! Voilà sur quoi se construit le ressentiment de notre jeunesse. Quand aux Zones d’Education Prioritaires, elles n’ont de prioritaire que le nom. Les moyens supplémentaires sont virtuels. Les heures allouées à ces établissements sont très insuffisantes, les personnels d’éducation et de surveillance ne sont pas plus nombreux que dans les autres structures scolaires. Et en plus, ce sont principalement des jeunes professeurs tout justes diplômés, sans aucune expérience professionnelle qui sont nommés dans ces secteurs. La situation est aujourd’hui dramatique dans ces établissements d’enseignement. Finalement, par la casse de l’outil Politique de la Ville ce sont les quartiers en difficulté sur le territoire communautaire qui en font les frais. Je pense que la solution pour nos quartiers, c’est d’y mettre les moyens, c’est de mener une politique volontariste qui n’exclut pas les catégories de la population les moins aisées, et c’est, avant tout, respecter les habitants de tout le territoire sans exceptions.




