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Mes vœux à la population le 13 janvier 2007.

Copie_de_image_ou_vido_100Chers amis, Je suis très heureux de vous recevoir ce matin. Heureux de vous souhaiter, au nom du conseil d’arrondissements, une bonne année 2007, la plus fidèle possible à vos aspirations, à vos espoirs. Comme me l’a écrit récemment Papet J, de Massilia Sound System, « que le meilleur de l’année 2006 soit le pire de l’année 2007 »… Que l’année 2007 rassemble, ici dans les quartiers nord de Marseille, les différences, les couleurs, les cultures. Pour que chacune et chacun profite de ses rencontres avec l’Autre pour s’enrichir mutuellement. Ecrire de nouvelles histoires partagées. Solidaires. Ou tout simplement une vie meilleure.
Ce matin, j’ai une pensée émue pour les victimes des guerres à travers le monde, comme en Somalie, en Irak. En Irak où George BUSH annonce l’envoi de nouveaux soldats américains au risque de jouer une nouvelle fois avec le feu dans un pays déjà embrasé. J’ai une pensée émue pour toutes les victimes du non règlement du conflit israélo-palestinien. Ce monde marche sur la tête. De plus en plus riche, il génère toujours plus de misères et de malheurs. Il y a quelques jours à la télévision – vous avez peut-être vu ces images – un reportage donnait la parole à des gens pauvres qui vendaient leurs organes non pas pour sauver des vies mais pour sortir leurs proches de la misère… Les ravages du libéralisme sont terribles ; ils sautent aux yeux. Des centaines de millions de personnes s’interrogent sur la meilleure façon de sortir de l’impasse dans laquelle ce système plonge les sociétés et plombe leur avenir. Partout dans le monde des voix s’élèvent. Des millions de Français s’interrogent, réfléchissent à l’établissement de nouvelles règles voire au dépassement de ce système sans foi ni loi. Oui, il faut avoir le courage politique de redistribuer d’une autre manière les richesses, de privilégier l’être humain et la justice sociale. L’année 2007 s’ouvre sur ces questionnements. Des réponses collectives qui émergeront dépendra l’avenir de l’humanité et de la planète. Ainsi, les enjeux écologiques et climatiques, enfin considérés comme une priorité, sont révélateurs de l’évolution de la pensée. Une crise écologique et énergétique sans précédant menace. Après que des écologistes, mes amis les Verts en particulier, nous aient alerté il y a bien longtemps déjà, il faut avoir le courage politique de lutter pour la préservation de la biodiversité. Et conforter ainsi une majorité de Français qui souhaitent que la protection de l’environnement soit une priorité de l’action publique. Comme l’a écrit Nicolas HULOT dans une lettre ouverte au futur président de la République, « l’humanité toute entière est menacée. Les populations les plus démunies sont les premières frappées par les innombrables sécheresses, inondations ou cyclones dont les terribles images sont entrées dans la banalité de notre quotidien télévisuel. C’est la raison première de l’urgence de la mobilisation ». Les familles les plus fragilisées par les échecs du libéralisme souffrent le plus de la crise de la société. Pas besoin d’aller très loin pour le constater ; il suffit d’ouvrir les yeux autour de nous, dans nos propres familles, pour s’en apercevoir. Marseille, ses quartiers nord, n’échappent pas à cette triste et dramatique réalité. Même si le chômage baisse dans les quartiers nord, je n’oublie pas que 17% de la population active est privé d’emploi. Que la précarité s’installe partout, que les salaires stagnent, que le pouvoir d’achat des familles diminue, que le dictionnaire accueillera sous peu l’expression « travailleur pauvre »… Autant d’informations qui confortent la faiblesse récurrence de la consommation des ménages et bloquent une relance active de l’économie et de la création d’emplois. Marseille se désindustrialise. Son port est en souffrance, la réparation navale se porte mal, la société nationale Corse Méditerranée s’inquiète pour son avenir. Et de lourdes menaces pèsent sur le devenir de l’usine Saint-Louis Sucre, à côté d’ici. Une usine où chaque salarié a offert, en moyenne sur les cinq dernières années, la bagatelle de 53 000 euros de dividendes aux actionnaires… Cette entreprise est, à elle seule, malheureusement révélatrice des dégâts du libéralisme en France et en Europe. C’est ce que j’ai dénoncé, pas plus tard que mardi dernier à l’Assemblée nationale. L’abandon de l’activité raffinage est envisagé avec insistance par l’entreprise dont la direction estime pourtant qu’elle est en capacité de produire 270 000 tonnes de sucre blanc. Un abandon au profit d’une délocalisation en Bosnie-Herzégovine et d’une spéculation immobilière à Marseille. Avec en sus le pactole du fonds de restructuration versé par la commission européenne… Nous sommes là au cœur des dérives néolibérales de la construction européenne rejetées par 55% des Françaises et des Françaises le 29 mai 2005. Au cœur de « la concurrence libre et non faussée inscrite dans le projet de traité constitutionnel européen » et rejetée à 80% dans les quartiers nord de Marseille. Le gouvernement français, que j’ai officiellement et publiquement alerté il y a trois jours à peine, fait la sourde oreille. Au grand mépris de 247 salariés et de leurs familles, au mépris de l’avenir industriel de l’aire métropolitaine marseillaise et de son port, il a refusé d’entreprendre la moindre initiative afin d’empêcher l’éventuelle délocalisation de l’usine de Saint-Louis. Le triste exemple de l’usine Nestlé à Saint-Menet n’a servi à rien. C’est navrant ! Lamentable ! J’ai honte de l’impuissance avérée de ce gouvernement ! Personnellement, aux côtés des salariés et de leurs représentants, j’inviterai sous peu tout Marseille à se lever, je dis bien tout Marseille à se dresser contre cette nouvelle attaque contre l’industrie agroalimentaire phocéenne. Je défendrai d’ailleurs, dans quelques jours à l’Assemblée nationale, une proposition de loi des députés communistes et républicains destinée à interdire les licenciements dits boursiers, à rétablir le contrôle des fonds publics accordés aux entreprises, à instaurer des dispositifs extrêmement contraignants et dissuasifs contre les délocalisations, et à empêcher les pratiques en cours de dumping fiscal et social. Cette proposition de loi relève à la fois de l’urgence sociale et de l’urgence économique. Oui, il faut avoir le courage politique de lutter contre les délocalisations…Comme il faut avoir le courage politique d’affronter le chômage des jeunes. Et d’anticiper les effets du baby-boom, les départs à la retraite des salariés nés après la Seconde guerre mondiale. Pourquoi, comme je l’ai proposé, ne pas envisager, par la négociation entre les partenaires sociaux, de recruter des centaines de milliers de personnes, notamment des jeunes, pour remplacer les futurs retraités ? Pourquoi – je pense notamment aux jeunes des quartiers nord de Marseille – sans toucher à l’équilibre économique des entreprises, ne pas proposer, à grande échelle, des contrats à durée indéterminée convenablement rémunérés à des jeunes habitués aux petits boulots et aux plus bas salaires ? Vous conviendrez avec moi que c’est quand même autre chose que de dire aux plus anciens de travailler plus longtemps pour sauver les retraites, et de dire aux plus jeunes qu’ils sont trop jeunes pour commencer à travailler… Investir dans la jeunesse, c’est à mes yeux une priorité émancipatrice pour l’ensemble de la société française. Respecter ses jeunes, les encourager, les aimer et leur dire, voilà une vraie priorité de l’action publique. Il est temps, mesdames et messieurs, de revenir à quelques fondamentaux de l’action publique. C’est tout particulièrement vrai pour les offres de logement aux personnes, aux familles qui en sont privées à cause des carences des politiques gouvernementales et de la Ville de Marseille. Les solutions récemment annoncées en faveur des personnes sans domicile fixe, les Sdf, sont louables, sous réserve bien évidemment que les actes accompagnent les paroles ministérielles. Toutefois, sur le fond, elles ne sont pas à la hauteur des besoins et des enjeux sociétaux. Le droit au logement opposable est une idée que je soutiens ; je retiens néanmoins qu’il ne construit aucun logement supplémentaire dans une France où il y a des millions de personnes sans toit, qui dorment sur des bouts de carton dans les halls d’immeubles, sous des tentes, dans des voitures, sous des ponts, dans des caves ; des millions de personnes qui vivent dans des taudis, des appartements insalubres et dangereux pour la santé, notamment des enfants et des personnes âgées ; des millions de Français dans l’attente d’un logement dans le parc social locatif. C’est vrai dans toute la France, à Marseille également. Rien que dans la deuxième ville de France, 24 000 demandes de logement social ne sont pas satisfaites. Combien êtes-vous dans ce cas ici ce matin ? Des dizaines, à coup sûr… Pour inverser cette tendance, réduire réellement les délais d’attente et régler les urgences, il faut avoir le courage politique de réquisitionner les logements vides, de lancer un vaste programme de constructions de logements sociaux dans tous les arrondissements de Marseille et de lutter contre la spéculation immobilière au lieu de l’encourager comme nous le voyons dans notre ville. Dans le troisième arrondissement, nous avons récemment empêché la vente de 6000 mètres carrés voués à la spéculation immobilière et réussi à maintenir sur place, au Comptoir, des activités culturelles et économiques de qualité, au cœur des quartiers populaires Belle de Mai et Saint-Mauront. C’est un bel encouragement. Une leçon à retenir pour relever de nouveaux défis, à Marseille et ailleurs. Dans le même sens, je soutiens les associations, la fédération des CIQ du 3e et la Maire du secteur, mon amie Lisette Narducci, pour imposer à la ville de Marseille la préservation du dernier espace vert possible que constitue l’ex-maternité de la Belle de Mai. A Marseille et ailleurs car la crise du logement implique une autre politique nationale, y compris l’application sur l’ensemble du territoire national de la même loi française qui oblige chaque commune à disposer d’au moins 20% de logements sociaux. Pourquoi tolérer plus longtemps qu’une commune comme Neuilly-sur-Seine, chère au président d’un grand parti politique, abrite moins de 2% de logements Hlm ? Comment accepter que les communes de la communauté urbaines de Marseille, quelques soit leur couleur politique, ne respecte pas se quota minimum pour répondre aux besoins de leurs administrés ? Le ministre de l’Intérieur – comme vous le savez, il porte plusieurs casquettes – serait bien intentionné, par ailleurs, d’écouter les Françaises et les Français, mécontents de sa politique de communication qui s’invente des résultats que l’actualité a rattrapés ces jours derniers. L’actualité qui fait état d’une grave augmentation, entre 2002 et aujourd’hui, des violences sur les personnes et des actes de violence gratuite. L’actuelle politique sécuritaire tourne le dos aux aspirations de la population. Que les auteurs de délits soient activement recherchés, arrêtés et jugés est une obligation, me semble-t-il, pour la Police nationale et la justice de notre pays ; il n’y a là rien d’extraordinaire à mes yeux. Ce qui, au contraire, est inquiétant, c’est de voir moins de fonctionnaires de police à la disposition des habitants dans les quartiers, ce qui renforce le sentiment d’insécurité de la population. C’est ce qu’ont dénoncé plus de 2 000 habitants qui ont signé une pétition initiée par la fédération des comités d’intérêt de quartier du 15ème arrondissement de Marseille, pétition que j’ai personnellement transmise au ministre de l’Intérieur. C’est ce qu’ont dénoncés les habitants et leurs CIQ pour maintenir le commissariat de police du 16e arts qu’ils ont obtenus après mon interpellation du ministre de l’intérieur sur les bancs de l’assemblée nationale. C’est ce que dénoncent les commerçants et habitants de St Louis, avec tout mon soutien, qui réclament légitimement un bureau de police sur ce quartier pour remplacer le commissariat injustement supprimé depuis plusieurs années déjà. Oui, il faut avoir le courage politique de revoir, dans l’intérêt des Françaises et des Français, les missions de la police nationale. Il faut une police proche des citoyens et à leur disposition immédiate. Comme je l’ai dit à maintes reprises au Premier ministre et au ministre de l’Intérieur, il faut rétablir la police de proximité, celle que l’on voit tous les jours et que l’on peut interpeller immédiatement. Rechercher les auteurs de délits, c’est bien évidemment normal et légitime, mais les empêcher d’œuvrer, c’est mieux. Prévenir les actes de délinquance par une présence plus soutenue et plus visible des policiers de proximité est une attente populaire qu’il convient de satisfaire au plus vite. Sous peine de voir, au printemps, des électrices et des électeurs se réfugier une nouvelle fois dans un vote extrémiste de sinistre mémoire pour tout républicain et tout démocrate. Les quartiers nord de Marseille concentrent tous les maux de la société. En même temps, ils recèlent des trésors d’imagination et d’espérance, à commencer par les femmes et les hommes qui y vivent, y travaillent, ou les associations dynamiques qui rapprochent des populations différentes que l’on nomme peuple de Marseille. C’est sur ce potentiel humain, ce mélange de doutes et d’espoirs, cette foi en soi et cette confiance en l’Autre que repose l’avenir des quartiers nord. Un avenir qui n‘a de chance de réussir que dans l’appropriation citoyenne des projets. Des projets déjà bien avancés qui, pour se fondre avec le réel, devront être améliorés et validés par les Marseillaises et les Marseillais que je solliciterai de nouveau dans les jours et les semaines qui s’annoncent. En dépit de la faiblesse de l’implication de l’Etat et des ambitions limitées de la Ville de Marseille, les quartiers nord se transforment petit à petit par l’intervention citoyenne de ses habitants. Avec, je tiens à le souligner ici et comme je leur ai demandés, le concourt des conseils régional et général et à l’implication personnelle de mes amis Michel VAUZELLE et Jean-Noël GUERINI qui renforcent la crédibilité recouvrée d’un vaste territoire. Des atouts qu’il convient, comme je m’y emploie avec le conseil d’arrondissements, de dynamiser dans l’intérêt général et de préserver des tentations spéculatives. Dans les 15e et 16e arts, des projets deviennent réalité sous le contrôle des habitants comme à St Antoine, au Plan d’Aoù, à la Savine, aux Créneaux, à la Viste, à la Calade, à St Louis, à St André, à St Henri. Comme devient réalité le doublement de la voie Sncf, véritable RER entre Marseille et Aix avec l’ouverture de gare de Saint-Antoine à la fin de l’année 2008 et d’une halte à St Joseph/le Castellas. D’autres projets seront sur les rails pour de nouvelles transformations comme à Arenc, la Cabucelle. Je pense également au plan de déplacements urbains que je place de bout en bout sous le contrôle des habitants. Vous le voyez, mesdames et messieurs, chers amis, les quartiers nord sont fiers d’être fidèles à ce qu’ils sont : un territoire en mutation qui conserve son âme grâce à l’implication active et souveraine des habitants dans son devenir. Des quartiers nord qui ont impérativement besoin d’un nouveau souffle pour que le dynamisme qu’ils dégagent profite à davantage d’habitants. Un nouveau souffle conditionné, ne nous le cachons pas, par une attention plus engagée et plus soutenue de l’Etat et de la Ville de Marseille. Je souhaite que l’année 2007 soit l’année du renouveau des idées et de l’action publique. L’année de tous les espoirs. Je compte sur vous comme vous pouvez compter sur moi. Ensemble, il nous revient d’inventer de nouveaux possibles. Dans la continuité et dans l’innovation.

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Voici les sites qui parlent de Mes vœux à la population le 13 janvier 2007. :

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