De plus en plus de citoyens dans notre pays sentent, plus ou moins confusément, que la logique ultra libérale ne peut faire émerger les solutions pour un avenir de progrès. Le mouvement populaire a porté haut et fort cette aspiration à une autre politique. Des luttes de 1995, en passant par la réaction électorale de 2002, du NON au libéralisme constitutionnel qu’on nous proposait pour l’Europe aux luttes massives contre le CPE, le peuple Français témoigne de son aspiration au changement. Et regardons de plus prés cette réalité nouvelle.
Tout nous montre à quel point notre société évolue dans le comportement citoyen de plus en plus d’hommes et de femmes qui pensaient jusqu’alors que leur seul engagement associatif, ou social permettrait de faire bouger les choses. Ils veulent aujourd’hui aller plus loin, franchir la frontière qui les séparaient du « politique » et se battre sur ce nouveau terrain avec leurs voisins, leurs collègues, leurs semblables qui, comme eux souffrent et n’ont qu’un désir, en finir avec cette logique économique qui frappe toujours plus durement. Ils se transforment donc en « acteurs politiques », mais ne retrouvant pas leurs marques dans tel ou tel parti ; leur combat transcende, en quelque sorte, ceux ci. Alors disons le haut et fort, ce mouvement est très positif pour ceux qui, comme les communistes français, se fixent l’objectif de la transformation sociale et du progrès de l'humanité. Son extrême diversité constitue un atout considérable qui ne nie en rien la place et le rôle des partis politiques. Et rien n'indique que ce mouvement va aller en diminuant. C'est même probablement le contraire qui devrait se produire ; c'est heureux ! En ce sens, tous ceux qui ici et maintenant veulent construire une autre alternative, donner vie au projet antilibérale qui fait aujourd'hui cruellement défaut sont nombreux. Ils se trouvent dans les organisations syndicales, les associations anlter-mondialistes, les partis politiques de gauche comme le PCF, la LCR, LO, les Verts, les alternatifs et dans le PS même, etc. Ils se trouvent également, et surtout, dans le peuple lui-même sans percevoir la force capable de les rassembler. Aucune de ces forces ne peut donc prétendre isolément détenir la légitimité du combat antilibéral et simplement demander aux autres de la rejoindre. Mais nous nous devons de réussir car le peuple de France ne peut plus attendre. Il nous faut battre la droite et l’extrême droite. Il nous faut faire gagner la gauche sur la base d’un programme radicalement transformateur. Cela n’est possible que si nous sommes rassemblés. Cela n’est possible que si nous sommes ensemble avec le même objectif. Alors, quand plusieurs candidats se réclamant peu ou prou du même combat se retrouvent côte à côte mais adversaires par la logique d’une élection, le risque est grand que ces citoyens dispersent leurs suffrages au gré de leur propre sensibilité, de leur propre appréciation qu’ils ont, non point du programme, puisqu’il est semblable, mais de l’homme ou de la femme qui le porte. A ce jour, aucune des trois candidatures, Marie Georges Buffet, Olivier Besancenot, José Bové, ne représente tout le rassemblement antilibéral qui nous a porté ensemble à la victoire du 29 mai. Elles ont toutes les trois leur légitimité et doivent, à mon sens, toutes les trois participer du rassemblement capable de donner force à l’alternative politique dans notre pays. Devant les sirènes du bipartisme en France, notre peuple a besoin d'espoir. Alors, il faut nous rassembler ! C'est la première chose à faire, la plus urgente, car le succès passera obligatoirement par-là. Je l’ai déjà dit et écrit, je ne me résigne pas à ce que nous ne puissions pas capitaliser tous ces suffrages. Alors, ne devrait-on pas chercher ensemble le moyen, si ce n’est d’avoir un candidat commun, tout au moins une campagne harmonisée, cohérente, voir convergente. Nous devons nous unir en pensant à l’avenir. C’est ma conviction profonde.




