D’où provient ce que j’appellerais « l’exception des quartiers nord » sur l’échiquier politique marseillais ? J’avancerai quelques pistes de réflexion qui n’engagent que moi, bien évidemment. Je pense que l’une des particularités de l’exception des quartiers nord de Marseille s’appuie sur une grande capacité d’écoute et de dialogue avec les habitants. C’est ici, dans les 3e, 15e et 16e arrondissements de Marseille, que sont nés, en 1995, les premiers espaces de démocratie participative. Cette dynamique, aujourd’hui renouvelée sinon réinventée, a efficacement contribué, me semble-t-il, à rapprocher la population des lieux de décisions.
La chose politique n’est pas, ici, entre les mains des seuls élus, même s’ils jureront tous qu’ils réfléchissent et se prononcent toujours dans l’intérêt des gens, de la commune. Cette manière de concevoir les indispensables complémentarités de la démocratie représentative et de la démocratie participative, cette démocratie interactive par essence, a été couronné de moult succès de la population. La mobilisation des habitants a ainsi empêché la réalisation de projets concoctés en catimini, donc sans concertation préalable, par la mairie centrale contrainte de revoir sa copie ; l’implication citoyenne a par ailleurs été à l’origine de projets novateurs qui ont abouti ou sont en passe d’aboutir. Avec mes amis politiques, j’ai toujours veillé, au côté de Guy Hermier puis en direct, à associer les gens à l’action publique. A la placer de bout en bout sous leur contrôle. Cette manière de faire autrement de la politique propose une bonne lecture de l’activité de l’élu dont l’engagement désintéressé, la disponibilité et l’utilité sont la marque de fabrique. C’est également un gage d’efficacité pour les populations qui investissent tous les champs d’intervention possibles.




