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L’internet, c'est un vrai outil de travail utile.

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En 1991, les pionniers de l'internet créent l’Internet Society (ISOC) – www.isoc.org/

afin de promouvoir et de coordonner le développement des réseaux informatiques dans le monde. L'ISOC est aujourd’hui l’autorité morale et technique la plus influente dans l’univers de l’Internet. Son président, Sébastien BACHOLLET m’a convié au dîner du Chapitre français de l’Internet Society le 20 décembre 2006. Compte rendu :

« Le Chapitre français de l'Internet Society a accueilli M. le député Frédéric Dutoit lors de son dîner mensuel du 20 décembre 2006. Élu des Bouches-du-Rhône, membre du groupe communiste à l'Assemblée nationale, Frédéric Dutoit est également maire d’arrondissement à Marseille.

Au sein du PCF, il est l’un des plus actifs sur les questions liées à la société de l’information. Pourtant, il est le premier à le reconnaître, il est inculte techniquement. Il a acheté son premier ordinateur en 1999, pour ses filles, et, s’il utilise plus que ses deux index pour taper, il n’est pas encore un professionnel de la dactylo. Mais fin 2003, lorsque le texte du projet de loi pour la confiance dans l’économie numérique revient devant l’Assemblée nationale en seconde lecture, il prend conscience que, derrière le monde de la technicité prôné dans la loi, il y a des enjeux de l'ordre du social.

Et quand il parle de social, il veut parler de « transformation de la société, ce qui, pour un communiste, est le moteur de son engagement ». Désormais « sherpa » de son parti sur ces questions, Frédéric Dutoit estime que les discussions autour du projet de loi relatif au droit d’auteur et aux droits voisins dans la société de l’information (Dadvsi) ont été d’autant plus vives que le législateur considère comme fondamental tout ce qui touche de près ou de loin à la création. Il a lui-même acquis le sentiment que l'informatique et l'internet peuvent révolutionner les rapports entre les hommes.

Preuve en est qu’ils ont déjà commencé à faire éclater les frontières au sein même de l'Assemblée nationale. Élu de terrain, Frédéric Dutoit reste cependant lucide. Si l’internet est désormais partout, à l’Assemblée comme dans sa mairie, l’outil ne remplace pas l’expérience personnelle et le contact humain. D’ailleurs si Frédéric Dutoit a un blog qu’il écrit lui-même, il y voit un moyen de communication parmi d’autres, venant en complément. L’internet fera-t-il les prochaines élections ? Il ne le pense pas.

D’ailleurs, selon lui, ce n’est pas de l’internet dont les élections ont besoin mais d’un nouveau mode de scrutin, la proportionnelle qui, si elle n’est pas sans inconvénient, pourrait libérer les élus du cycle de la réélection permanente et leur permettre de s’attacher davantage au travail politique de fond.

RETRANCRIPTION DES DÉBATS

Sébastien Bachollet : Monsieur le député, merci d'être venu ce soir à notre rencontre, à quelques jours des Fêtes. Nous organisons tous les mois environ une réunion de l'Isoc France autour des thèmes liés à l'internet, son évolution, sa gouvernance... Nous y avons déjà convié des personnalités aussi diverses que Roland Moreno, inventeur de la carte à puce, Guy Sebban, secrétaire général de la Chambre internationale de commerce, et Christian Paul, député socialiste.

Après le dîner avec Christian Paul qui suivait de peu les débats de décembre 2005 autour de la loi sur le droit d'auteur, la fameuse Dadvsi, nous avons décidé d'organiser les réunions de fin 2006 et de début 2007 dans l’idée et avec pour objectif de dialoguer avec les principales organisations politiques du pays. C'est l'occasion d'entendre vos positions sur l'internet et son développement et aussi de vous exposer nos idées pour que cela puisse éventuellement servir à la fabrication des positions des uns et des autres.

Nous recherchons donc un dialogue, pas seulement un monologue. Les Egeni 2007 doivent être une caisse de résonance avant les élections Notre idée est aussi de faire de ces rendez-vous ponctuels un tremplin qui débouche sur un des rendez-vous annuel du Chapitre, les Egeni qui ont lieu en 2007 à Paris, le 22 mars, juste avant les élections présidentielles. Nous voulons cette année les ouvrir aux candidats à l’élection présidentielle et à deux panels : l'un composé de personnalités internationales comme Vint Cerf, le « père de l'internet », l'autre réunissant des candidats aux élections législatives des différents parties politiques.

Ce doit être l’occasion pour nos élus de venir exposer et dialoguer, l’événement servant de faire caisse de résonance sur ces sujets à quelques jours des élections présidentielles et à quelques mois des élections législatives. Mais permettez-moi de vous présenter notre association.

L'Isoc est une structure internationale née aux États-Unis, avec un siège aux États-Unis et un autre à Genève. Ce n'est cependant pas une structure centralisée et on trouve, au niveau national et régional, des chapitres indépendants. Notre Chapitre, le Chapitre français, est un de ces chapitres nationaux. Il vient de fêter ses dix ans cette année et représente bien la France, toute la France avec même des adhérents à l'Île de la Réunion. Cela ne nous empêche pas de travailler beaucoup avec nos collègues des autres chapitres, au niveau de la Francophonie avec les Chapitres du Sénégal, du Mali, du Maroc, de la Tunisie, du Québec... comme dans un cadre plus large avec, notamment, le Chapitre qui couvre l'ensemble des îles du Pacifique.

Nous connaissons aussi un certain nombre d'autres responsables avec lesquels nous avons des rencontres régulières. Nous travaillons ainsi avec nos collègues européens, par exemple sur les questions liées au .EU, dans le cadre de discussions avec la Commission européenne, etc. L’Isoc est présent sur toutes les questions liées à l’internet Nous participons aussi activement aux structures en France. Nous sommes administrateur à la Fing, au Forum des droits sur internet jusqu'au dernier renouvellement.

Nous participons également à Villes internet et nous assistons à des réunions internationales en notre nom propre, que ce soit le Sommet mondial de la société de l'information, le Forum de la gouvernance de l'internet, l'Icann… Nous sommes présents sur toutes les questions liées à l'internet, son évolution, sa gouvernance, ses usages... sachant que notre leitmotiv, notre slogan, est, pour l'ensemble de l'Isoc, « internet pour tous », slogan qu'avec quelques autres nous avons complété par la formule « internet par tous ». C'est une façon de répondre au « buzz » autour du web 2.0 pour essayer d'y mettre du contenu et, surtout, de l'humain. Frédéric, tu es donc le premier à ouvrir notre cycle d'invités menant aux Egeni, et aux élections présidentielles et législatives. Je te laisse donc la parole !

Frédéric Dutoit : Merci Sébastien et bonsoir à tous. Permets-moi d'abord de vous demander d'excuser mon inculture technique sur les sujets qui vous tiennent à cœur. Pour vous restituer un peu mon parcours, j'ai acheté mon premier ordinateur en 1999 ! J’ai acheté mon premier ordinateur en 1999, pour mes filles

Odile Ambry : Cela vous rend très sympathique à mes yeux !

Frédéric Dutoit : Merci. À cette époque, je me suis dit, comme tout parent, que, mes filles commençant à grandir, un ordinateur leur serait certainement utile, ne serait-ce que pour leurs études ! Pour vous dire, je ne savais même pas taper à la machine ! J'ai donc acheté un ordinateur. Mes filles s'en sont occupées un peu, mais pas trop, et je me suis rendu compte, alors que j'étais déjà élu député de la 4ème circonscription des Bouches du Rhône, que cette machine pouvait m'aider dans mon travail d'élu du Peuple. Une copine secrétaire m'a dit : « Surtout, Frédéric, ne tape pas avec un doigt ! Mets tes deux mains sur le clavier et force-toi à taper avec ! » C'est ce que j’ai fait. Je vous avoue que j'ai eu un peu de mal mais elle avait bien raison. Comme je suis têtu, cela a fonctionné. Je tape un peu avec les autres doigts que les deux index. En tous cas, j'ai commencé à jouer avec la technologie.

J'avoue qu'en tant que maire d'arrondissement à Marseille, j'ai même contraint mes collaborateurs à utiliser l'ordinateur et à travailler par mail. De fil en aiguille, on se rend compte que l'informatique, puis l'internet, c'est un vrai outil de travail, utile.

Stefan Jaffrin : Si vous me permettez, il faut aussi préciser le contexte. Vous êtes maire dans un quartier très déshérité, les quartiers nord de Marseille, où l'internet a eu peut-être plus de mal à percer qu'ailleurs. Il y a, dans ces quartiers, tout un travail de réappropriation de la culture de l'internet qui est à faire. Il y a notamment une développeuse de Spip, Axelle Benaich, qui fait un très grand et un très beau travail là-dessus.

Frédéric Dutoit : C'est vrai. Comme maire d'arrondissement, j'ai moi-même organisé un cyber-espace. Mais je vais passer rapidement sur cela pour vous parler de la raison pour laquelle je suis ici. J’ai commencé à m’intéresser au projet de loi pour la confiance dans l’économie numérique car j’ai senti les enjeux sociaux derrière le débat technique Comme vous le savez, je suis député et, en 2004, passe en première lecture devant l'Assemblée nationale la loi sur la confiance dans l'économie numérique, la LCEN. Elle est envoyée devant la Commission économique et, comme je suis dans la Commission du budget et des affaires sociales, je n'y ai d'abord pas fait attention. Le groupe communiste n'intervient pas du tout lors de cette première lecture puisqu'aucun député communiste ne s'est senti compétent pour intervenir sur cette question.

Quand la seconde lecture arrive, je me dis « merde, il y a quelque chose qui ne va pas! » Je commence à m'intéresser un peu à cette deuxième lecture, en n'ayant aucune compétence, en étant vraiment inculte dans ce domaine. Mais je m'y intéresse. Pourquoi ? Parce que je sens que, derrière le monde de la technicité prôné dans la loi, il y a des enjeux de l'ordre du social, de la politique. Et quand je dis social, je veux parler de transformation de la société, ce qui, pour un communiste, est le moteur de son engagement. Je m'intéresse donc à cette question.

Vient ce deuxième projet de loi sur le droit d'auteur et les droits voisins, la Dadvsi, avec un débat très intéressant. L'enjeu touche là plus directement les politiques puisque la loi concerne le droit d'auteur, une question fondamentale dans nos débats depuis de nombreuses années, même si l'incompréhension est totale. Il fallait que nous, députés, comprenions les enjeux derrière des débats techniques.

Cela a été difficile, y compris dans mon groupe. Ils m'ont donc fait confiance dans un premier temps et, quand il y a eu la forte pression de l'industrie, notamment musicale, appuyée par des artistes, des gens de théâtre, de cinéma... mes propres camarades étaient réticents à l'opposition au projet de loi. Il a fallu un peu les pousser même si, une fois les enjeux éclaircis, ils ont su prendre position. La Dadvsi a fait éclater les frontières au sein de l’Assemblée nationale Encore une fois, je ne suis pas compétent techniquement mais j'ai le sentiment que l'information et l'internet peuvent révolutionner les rapports entre les hommes.

C'est pourquoi les débats autour de la loi sur le droit d'auteur m'ont tant éclairé. J'ai le sentiment qu'on a à faire là à une véritable révolution qui a fait éclater les frontières au sein même de l'Assemblée nationale. La possibilité que l'internet offre à chacun de communiquer avec tous est un élément ou de socialisation, d'humanisation de la planète ou de flicage. C'est mon sentiment. Ma réflexion se porte donc sur les actions que l'on peut avoir pour que les usages de l'internet soit de libération et non le contraire.

L’usage de l’internet peut être un facteur de démocratie À chaque révolution technique, nous avons eu ce type de raisonnement de nature philosophie et ce que j'ai compris de cet outil informatique, c'est qu'il change tout. Il n'y a plus de division entre émetteur et récepteurs. Nous avons potentiellement un récepteur qui peut aussi être un émetteur. C'est la leçon que j'ai tirée de la bataille que j'ai menée, avec d'autres, contre le caractère libéral de la constitution européenne en 2005 ou des combats que peuvent mener les altermondialistes aujourd'hui. L'usage de l'internet peut être un facteur de démocratie.

Sébastien Bachollet : Merci Frédéric. La suite de ce que tu dis est, à mon sens, l'intégration de l'outil informatique, de l'internet, dans le fonctionnement des institutions, que ce soit au niveau local, national ou international. Il est intéressant de voir que les institutions internationales comme l'Union internationale des télécommunications, l'Icann, ou des structures comme le SMSI ou le Forum sur la gouvernance de l'internet qui sont censés se saisir de l'internet ne l’utilisent pas comme outil pour sa régulation.

Je vais prendre un exemple. Quand on organise dans ces enceintes un dialogue entre des intervenants de différents pays, continents, c'est encore aujourd'hui l'usage du téléphone d'hier qui prévaut. Les outils de l'internet ne sont pas encore utilisés pour mettre en œuvre sa gouvernance, ce qui fait réfléchir sur les personnes qui disent que l'internet va permettre de changer la façon dont on fait la loi, dont on interagit avec les citoyens. Cela ne veut pas dire que ce n'est pas possible mais qu'il faut se méfier des coups de baguette magique. Il faut une réflexion, une mise en œuvre qui ne se satisfont pas de grandes déclarations.

Philippe Batreau : À ce sujet, j'ai une question monsieur le député. Est-ce que l'internet est utilisé en interne à l'Assemblée nationale ?

Odile Ambry : Avant que vous ne répondiez, si je peux me permettre, je vais rebondir sur la question de Philippe en vous questionnant sur le problème de l'échelle. Quand je vous entends parler de l'Assemblée nationale, je pense à deux événements qui ont eu lieu récemment et qui ont traité de gouvernance et de régulation, tous ces thèmes à la mode en ce moment. Il y a d'abord eu la première réunion du Forum sur la gouvernance de l'internet à Athènes et puis la « plénipotentiaire » de l’Union internationale des télécommunications, l'UIT. La plénipotentiaire était une première pour moi et, avant d'y aller, je n'avais pas le début d'une idée de ce que c'était, ce à quoi cela ressemblait. Pourtant les plénipotentiaires sont des endroits où se décident de vraies choses au nom des gouvernements.

Quand je me rends dans ces lieux, étant soucieuse de la démocratie dans mon pays, je m'interroge sur la pertinence des instances nationales. Même à l'échelle de l'Europe, nous avons beaucoup discuté avec Catherine Trautmann qui suit ces sujets et nous nous sommes demandé comment la politique pouvait les réinvestir. Or force est de constater qu'il y a très peu d'élus qui se rendent à ce type de réunions. Ma question porte donc sur le « niveau » utile auquel intervenir et la place que les élus du Peuple pourraient y tenir.

Frédéric Dutoit : Je vais commencer en répondant sur l'usage de l'internet à l'Assemblée. Aujourd'hui, l'Assemblée fonctionne quasiment exclusivement avec cet outil. Aujourd’hui, l’Assemblée nationale fonctionne quasiment exclusivement avec l’internet Quand je suis arrivé à l'Assemblée en 2002, c'était la première fois que l'on mettait un poste ordinateur dans chaque bureau de député. C'est assez significatif ! Mais, aujourd'hui, les élus, les attachés parlementaires travaillent principalement avec l'informatique et l'internet. Tout fonctionne. En plus, les attachés parlementaires étant souvent jeunes, ils ont habituellement une bonne connaissance de l'informatique et de l'internet, à la différence des députés ! Maintenant, s'agissant de la présence d'élus dans les lieux de travail, de réflexion, vous savez, quand on est député, on a un vrai problème, c'est que les gens votent. Et, malheureusement, ils revotent !

Odile Ambry : Catherine Trautmann le dit aussi. Être député européen, c'est plus confortable, il y a plus de temps.

Frédéric Dutoit : Exactement. Même pour ce soir ! Je suis resté à Paris exprès pour ce repas mais, les activités à l'Assemblée étant très concentrées sur les mardis et les mercredis, quand je n'ai rien le mercredi, le mardi à 16h, ma valise est prêt et escapa! comme on dit. Je rentre vite à Marseille. Je rentre tout de suite. Vous ne verrez pas d’élus dans les lieux où l'on parle de gouvernance de l’internet car les gens votent ! Bien sûr parce que j'ai envie de rentrer mais aussi parce que, le lendemain matin, je suis à la mairie, je suis à une réunion de travail, je vais à un comité de quartier...

Aussi, honnêtement, parce que ceux qui vont voter, notamment en juin prochain, il faut qu'ils se disent « Mon député, je le vois, je le connais et donc je voterai pour lui... ou pas ! ». J'espère qu'ils voteront pour moi mais c'est une des raisons essentielles pour laquelle vous ne verrez pas d'élus dans les lieux dont vous parlez. Ce n'est pas une question de couleur politique. Tous les députés sont dans la même galère, vraiment tous. C'est pour cela qu'une chose qui pourrait libérer les parlementaires, c'est la proportionnelle !

Odile Ambry : Ça c'est fort !

Gérard Dantec : Ce qui est inquiétant, c'est que vous avez l'air de dire que ce n'est pas les députés qui traitent les problèmes de fond.

Frédéric Dutoit : Ce n'est pas tout à fait vrai car, lorsqu'une loi arrive à l'Assemblée ou au Sénat, les élus s'en saisissent et travaillent. Ce dont je parle, c'est la disponibilité des parlementaires pour aller faire un travail de fond dans d'autres instances, notamment internationales. Là, il y a un vrai problème. C'est encore pire quand on est dans l'opposition comme moi. Dans l'opposition, on n'a qu'un ou deux attachés parlementaires alors qu'on en a beaucoup plus dès qu'on est dans la majorité, ce qui libère du temps.

La proportionnelle est un moyen de libérer les élus pour le travail politique de fond C'est pour cela que la proportionnelle c'est un vrai bon débat. Car si vous êtes élu à la proportionnelle, vous avez comme mission ce travail politique de fond. Je suis moins pressé de rentrer chez moi si je me dis que c'est la bataille politique générale et la prise de conscience générale qui va faire que mon groupe existera ou non. C'est là que je commence à travailler sur les questions de fond. Odile Ambry : Et la question des Commissions ?

Frédéric Dutoit : Ce n'est pas vraiment un problème car les commissions de travail sont largement prises en charge par des attachés mais, c'est comme tout, rien ne remplace l'expérience personnelle, la relation physique dans une commission de travail. Même l'internet ne peut remplacer cela. On peut imaginer un travail en commission en utilisant la vidéoconférence. Cela peut exister mais je ne suis pas convaincu que ce soit viable.

Odile Ambry : Vous savez, dans les grandes réunions internationales, ils ont un truc génial. Ils sont assis derrière leurs ordinateurs dans une grande salle et ils discutent entre eux par messagerie instantanée. Pendant que je parle à mon voisin, lui envoie un message à une autre personne à l'autre bout de la salle, ce qui fait que les magouilles de couloir, les négociations sous la table peuvent se faire en séance, par messagerie. La réunion officielle se fait en salle et les réunions officieuses sur ordinateur. C'est glamour !

Sophie Pene : Ce que vous dites finalement c'est que, pour un député, le comptoir de Marseille a plus de réalité que le Sommet mondial de la société de l'information ? Pour un député, le comptoir de Marseille a plus de réalité que le Sommet mondial de la société de l’information

Frédéric Dutoit : Oui. C'est pourquoi je dis que la proportionnelle peut être une solution pour libérer le parlementaire de son encrage « terrain ». Attention, ça a aussi des inconvénients ! On peut être coupé de la réalité. Je ne dis donc pas que c'est la règle d'or.

Philippe Batreau : Et est-ce que vous avez un site web ?

Frédéric Dutoit : Oui. Enfin oui... La mairie des 15 et 16èmes arrondissements de Marseille a un site web et j'ai un blog : http://www.dutoitfreeblog.com/

Sophie Pene : Vous l'écrivez vous-même ? Frédéric Dutoit : Oui. D'ailleurs, regardez, il y a beaucoup de fautes d'orthographe ! En général, mon blog je le fais quand je rentre chez moi ou que j'arrive à l'Assemblée. Je passe une demi-heure ou une heure sur mon blog.

Christophe Bys : Avec quelle démarche ? J’ai un blog pour faire participer les gens Frédéric Dutoit : Politique ! Pour faire participer les gens qui le lisent. Mais il n'y en a pas beaucoup qui viennent, parce que c'est de la politique. Je fais cent visites par jour, peut-être cent trente. D'ailleurs en ce moment, ça augmente, je ne sais pas pourquoi. Tiens, il y a un très bon groupe de rap de mes quartiers, Psy 4 de la rime ! Un jour quelqu'un sur le terrain est venu m'en parler. Je dit « Quoi, Psy 4 de la rime ? Non je ne connais pas. » Je demande à mes filles qui me disent « Mais comment, papa, tu ne connais pas Psy 4 de la rime ?! » Je cherche et là je trouve leur site web : http://www.psy4delarime.fr/.

Moi le rap, ce n'est pas mon truc mais je découvre de la chanson à texte. Je les invite donc dans ma mairie, je leur remets la médaille de la mairie, ils étaient heureux comme des papes ! Il y a eu des photos et j'ai fait un billet sur mon blog, ce qui a peut-être contribué à ce qu'il y ait beaucoup de visites sur mon blog ! Il y a beaucoup de gens des quartiers nord de Marseille qui viennent sur mon blog Pour en revenir au blog, je me rends compte qu'alors que je pensais que les quartiers nord de Marseille étaient plus en difficulté du point de vue de l'usage de l'internet, il y a beaucoup de gens des mes quartiers qui viennent faire un tour sur mon blog. Je m'en rends compte pas tellement au travers des commentaires sur le blog que des messages sur mon adresse mail du blog. C'est assez paradoxal.

Sophie Pene : Mais est-ce que par votre exemple d'usage d'un blog vous ne participez pas à cette rumeur que l'internet fera les élections ?

Frédéric Dutoit : Je ne crois pas que l'internet fera les élections. Je n'ai pas considéré l'ouverture du site de la mairie et du blog comme un outil de communication politique. J'ai un journal de mairie, j'ai un journal parlementaire, le site web et le blog, ce n'est pas pareil. Ce n'est pas un moyen de propagande. Le site web pour la mairie, c'est un moyen d'information différent, autre, nouveau.

Mais cent visites par jour pour mon blog, ce n'est pas cela qui me fera avoir un contact avec tous les citoyens de ma circonscription. Je ne crois pas que l’internet fera les élections L'internet, cela ne remplace pas le papier, cela ne remplace pas le contact, cela ne remplace rien. C'est autre chose, de nouveau, mais autre chose.

Odile Ambry : D'un autre côté, dans un parti où il y aurait une vraie logique de communication globale, le fait que chaque élu, député ou autre, ait son blog et sorte donc d'une forme de communication organisée représente une vraie révolution. Avec le blog, chaque élu peut dire ce qu'il veut, quand il veut, sur le sujet qu'il veut. Je suis allé voir les grands sites politiques dont tout le monde parle et les billets sont souvent signés par leur équipe. Ils sont transparents sur ce point. Mais le blog pose la question de la liberté d'expression d'un élu par rapport à une dynamique politique interne.

Frédéric Dutoit : C'est fini ça. Même chez les communistes !

Sébastien Bachollet : Merci monsieur le député, merci Frédéric. Merci pour ce dialogue franc et ouvert, merci pour cette mise en perspective d'une situation locale et de la responsabilité d’un élu. »

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Voici les sites qui parlent de L’internet, c'est un vrai outil de travail utile.:

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