Les artistes et la politique !
Les artistes, qui ont au premier chef des responsabilités esthétiques, n’en ont pas moins aussi des responsabilités dans la société. Si une politique culturelle a pour fonction première de favoriser l’expression des artistes, dans le strict respect de leur totale liberté de création, elle se doit aussi d’encourager leur rencontre avec des publics divers et favoriser la diffusion la plus large des œuvres et des productions culturelles. Cela signifie que l’une des missions essentielles de la politique culturelle est de conquérir de nouveaux publics. Quand certains intellectualisent la culture, d’autres la réduisent à sa dimension touristique. Il faudrait trouver « un juste milieu », une ligne directrice de l’action culturelle, une conception neuve qui réponde aux aspirations populaires.
Au moment où se creusent les inégalités sociales liées aux différences de revenus, de niveau d’études, mais aussi d’héritage culturel, l’éducation artistique à l’école, l’aménagement culturel du territoire, la promotion de la culture dans l’audiovisuel, bref, l’émergence d’une véritable démocratie culturelle est plus que jamais d’actualité. Nous avons tous des efforts à faire en ce domaine. Il faut favoriser la pratique artistique dans tous les milieux et tous les territoires, notamment auprès des plus jeunes et dans les zones de la politique de la ville. Des efforts ont été faits. Ainsi y a-t-il eu le temps des Arts de la rue qui a permis à ces arts de se structurer. Le temps des Arts du cirque a de même suscité un formidable engouement pour ces disciplines. Il faudrait maintenant envisager de s’ouvrir davantage à d’autres formes de culture. Par exemple à la culture hip-hop. Le hip-hop est une façon de s’exprimer, de s’intégrer qu’ont choisie des jeunes qui pensaient jusque là que la culture était réservée aux élites. C’est la culture de toute une génération, pas une mode. Au moment où nos quartiers vivent des heures si difficiles, la culture doit être un élément clé de la politique à mettre en œuvre. La culture est bien aujourd’hui une question centrale, qui n’apparaît peut-être pas directement dans la crise actuelle des « banlieues » mais n’en est pas moins un élément majeur. On ne parle pas assez de l’acculturation de toute une partie de la population. Nous devons également réfléchir au rôle des DRAC. Ces administrations ne sont jamais à l’initiative d’aucun projet qui compte vraiment dans les territoires. Essentiellement occupées à préserver les pouvoirs de petits réseaux s’adressant à des publics très restreints, elles sont totalement absentes des vrais enjeux. Alors qu’il est évident que la culture joue un rôle-clé dans la constitution même du lien social et culturel, les outils du ministère de la culture font défaut en ce domaine.


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