19 mars 1962 enfin reconnu à Marseille.
J’ai inauguré le jardin du 19 mars 1962 dans le quartier de la Viste à Marseille. Le 19 mars 1962, les accords d’Evian venaient mettre un terme aux combats meurtriers ayant opposé pendant plus de 8 années la France et l’Algérie. Au cours de cette période, l’engagement de l’armée française, dans ce que l’on qualifiait alors pudiquement « d’évènements » fut très important. De nombreuses victimes, tant civiles que militaires seront en effet comptabilisées à la fin de ce terrible conflit. Les appelés du contingent, en ce qui les concerne en furent les premières victimes. On dénombre au lendemain des combats plus de 30 000 jeunes tombés au cours des différentes opérations ou missions de pacification. Depuis, suite à plusieurs initiatives et de nombreuses démarches administratives effectuées auprès des autorités gouvernementales, soutenues par l’action de certaines formations politiques, les anciens combattants ont enfin obtenu satisfaction.
Ce que l’on qualifiait alors d’opération de maintien de l’ordre ou de campagne de pacification, était reconnu officiellement comme état de guerre. En effet, après un débat de haute tenue ou censures et devoir de mémoire ont prévalu le parlement unanime, (l’Assemblée Nationale, le 10 juin 1999, le Sénat, le 5 octobre de la même année) a voté la loi n°99-882 reconnaissant la guerre d’Algérie. Nous avons su mettre en conformité le langage officiel, avec le langage courant conscient qu’une société ne peut vivre sans référence à des valeurs. Ce n’est que justice qui a été rendue aux anciens combattants d’Afrique du Nord, de nombreuses années après la fin de ces terribles combats. La date du 19 mars 1962 marque donc et marquera dans nos manuels d’histoire, la fin officielle des hostilités engagées entre la France et l’Algérie à compter du 1er mars 1954. Permettez-moi de rappeler qu’il est inacceptable que le gouvernement de Monsieur RAFFARIN, à l’époque, 1er ministre, ait pu croire opportun, voici 4 ans maintenant, d’imposer à l’Assemblée Nationale , le 5 décembre, date sans signification véritable, comme date d’hommage aux victimes des combats d’Afrique du Nord, en lieu et place du 19 mars, date du cessez-le-feu, commémoré depuis 42 années. En effet, pour les deux guerres mondiales 14-18 et 39-45, les dates symboliques de commémorations retenues sont tout naturellement celles du cessez-le-feu. Il est donc tout à fait logique et normal que l’on procède de la même façon pour le cessez-le–feu concernant la guerre d’Algérie et tout à fait illogique que l’on remplace la date du 19 mars par celle du 5 décembre, comme l’a stipulé le décret gouvernemental, signé par Jacques CHIRAC, Président de la république et Nicolas SARKOZY, alors ministre. Il faut également rappeler que cette date a été légitimée par la volonté populaire dès le 8 avril 1962, par plus de 90% de françaises et de français, lors du référendum organisé à l’initiative du Président de la République Française de l’époque, le Général De Gaule. Aussi, vous le savez, alors que le gouvernement par l’intermédiaire du Préfet de région, m’enjoignait de commémorer la fin de la guerre d’Algérie les 5 décembre, j’ai refusé publiquement et officiellement d’obtempérer. Ici, tant que je serai votre Député-Maire, nous commémorerons la fin de cette guerre tous les 19 mars. Plus encore, pour que cette date demeure dans notre histoire et continue d’être considérée par la population comme date légale, je prends l’initiative, en tant que Député-Maire des 15ème et 16ème arrondissements de donner désormais à ce jardin, le nom de Jardin du 19 mars 1962. J’ai demandé à plusieurs reprises à Monsieur Jean-Claude GAUDIN, Maire de Marseille, de donner le nom d’une rue, d’un rond-point ou autre du 19 mars 1962. Il ne m’a jamais répondu. Je mesure toute l’importance que peut prendre une telle initiative, et j’en assume toute la responsabilité, donnant ainsi satisfaction à une revendication ancienne. C’est pour toutes ces raisons, que j’inaugure aujourd’hui officiellement cette plaque en hommage aux milliers de victimes qui sont tombées au cours de cette guerre, de façon à rappeler à la population que le 19 mars 1962, restera pour notre mairie de secteur, et ce malgré les déclarations gouvernementales, la date anniversaire officielle et légale de la commémoration de la cessation des hostilités entre la France et l’Algérie.


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