Je suis bien entendu favorable à ce projet. Marseille doit s’affirmer comme une grande métropole européenne et Euromed constitue de ce point de vue un atout. En outre cette extension pourrait être de nature à dynamiser un territoire durement frappé par le déclin de l’activité industrielle, et dont l’habitat est fortement dégradé. Le nouveau périmètre s’étendra sur les 3ème, 14ème et 15ème arrondissements. Les trois mairies de secteur, 2/3, 13/14 et 15/16, seront donc directement concernées. Or pour garantir son succès, un projet structurant comme celui là ne saurait être correctement mené à son terme en méconnaissant l’avis des populations concernées et de leurs représentants.
Il serait tout à fait juste, pour la démocratie, que les trois mairies d’arrondissements soient associées aux instances dirigeantes, à minima pour être informé des décisions et pour organiser la concertation dont légalement elles ont la compétence. L’extension d’Euromed a été portée par la nécessité d’accélérer le développement du cœur de la métropole suivant trois axes : réaménagement urbain, développement économique et développement social. Les opérations qui seront décidées dans le nouveau périmètre seront décisives. Si donner un nouvel élan à Marseille est essentiel, nous devrons être attentifs à ce que les marseillais qui habitent sur ce périmètre trouvent toute leur place dans ce projet. Je partage par exemple les objectifs de réalisation de 10 000 logements nouveaux et de création de 10 000 emplois. Mais des logements pour qui et des emplois pour qui. La mixité devra être un principe : mixité sociale, diversité des niveaux de qualifications requis pour les emplois. Il me semble que les 2100 familles qui y habitent devront être prioritaires pour les logements et les emplois dans le cadre de la mixité des fonctions urbaines (activités, habitat, mais aussi aménagement d’espaces publics de qualité, implantation d’équipements culturels et sportifs). Nous devrons également rendre ces quartiers accessibles en proposant une offre en transport en commun performante. Une autre question essentielle nous est posée : comment ces projets viendront se greffer à leur environnement. Nous devrons éviter toute aggravation de la fracture sociale avec les quartiers alentours, de National jusqu’au Canet en passant par la Cabucelle. Il appartiendra notamment à la Ville de Marseille de garantir l’unité et l’homogénéité des territoires. Enfin je me félicite que le nouveau périmètre n’englobe pas les bassins Est du Port. Si le PAM et Euromed participent tous deux au rayonnement de Marseille, ils n’ont pas la même fonction. Chacun de ces deux établissements publics doit posséder son espace d’intervention propre si l’on veut en faire des éléments d’avenir pour notre métropole. Certains misent uniquement sur Euromed, je fais le pari des deux, Euromed plus le PAM. Nous avons tout à gagner en jouant la carte de la complémentarité. D’autant que l’économie portuaire est en pleine croissance. Dans ce contexte, et eu égard à la proximité géographique des deux EP, la réussite des projets pour Marseille s’appréciera à notre capacité à faire coexister le PAM et Euromed. C’est l’objectif du protocole d’accord signé, il devra être respecté. Car le PAM et Euromed sont avant tout des outils qui doivent servir les intérêts des Marseillaises et des Marseillais.



