Enfin le tramway roule dans les rues de Marseille. Ce nouvel équipement vient enrichir l'offre en transport en commun. Il est un mode de déplacement performant, silencieux, fiable, non polluant pour l'atmosphère. Notre tramway est moderne et esthétique, à la disposition des marseillaises et marseillais, qui apprécient déjà ses qualités. S’il circule aujourd’hui, c’est bien grâce à la compétence et à la technicité des agents de la RTM. Je tiens à saluer leur professionnalisme et leur engagement dans ce projet.
Cette première ligne en site propre est de nature à rendre le réseau de transport en commun attractif. Cette étape en appelle d’autre, l’objectif étant de disposer sur Marseille d’un réseau de transport en commun efficace et performant. Les enjeux sont considérables. Nous devons engager notre métropole vers la modernité, le progrès, en répondant au défi majeur du respect de l’environnement, sans jouer petit bras. Malheureusement, ça ne semble pas être le but poursuivi par la politique de JC Gaudin et de R Musellier. Par exemple, il serait impératif d’envisager d'autres lignes en site propre. Au mieux, M. Gaudin envisage une liaison jusqu’à 4 septembre d’ici 2015. L'arrivée du tramway dégage des perspectives en matière de redéploiement des lignes de bus. Une chance nous est offerte d'améliorer les échanges et les liaisons inter quartiers, de programmer la desserte des secteurs nouvellement urbanisés. Au lieu de ça, ce sont des suppressions de lignes qui sont envisagées. Posons-nous également la question de la qualité du service offert. Le tramway, circule de 5 heures du matin à minuit. Or le métro s'arrête à 21 heures, et les bus de nuit sont plutôt rares. Quelle cohérence ? L'arrivée du tramway impose de nouvelles exigences en matière de service public. Les marseillais s'impatientent et visiblement MPM n'a pas engagé de réflexion à ce sujet. Et on ne peut laisser sous silence le manque de parking résidents toujours en cours de construction ou à l’état de projets. Au-delà de ce manque d’ambition, le choix d’une DSP nous inquiète fortement. Dès sa mise en place, nous avions attiré l’attention sur les difficultés financières qui risqueraient de peser sur la Régie des transports. Le tramway en centre ville captera la clientèle actuelle de la RTM. Finalement, la DSP aura pour conséquence de détourner une partie des recettes de transport vers le groupe Véolia. De ce point de vue, les conclusions du commissaire du gouvernement vendredi dernier plaide en faveur de l'unicité du réseau. La régie a la capacité de gérer entièrement le réseau. On ne peut d’un côté abandonner à la RTM les lignes déficitaires et de l’autre pointer du doigt le montant élevé des subventions d'équilibre réclamées par la Régie. Les enjeux du réchauffement climatique, la rareté du pétrole et l'engorgement du centre ville nous imposent de se détourner peu à peu du tout voiture pour favoriser des modes de transports alternatifs et moins polluants. Le tramway est un premier pas. Quelle suite lui donnons nous ? La modernisation du réseau doit se poursuivre en dépassant notre approche exclusivement marseillaise. Nous devons réfléchir à l'échelle de l’aire métropolitaine. Cette mission nous incombe d'autant plus que l'arrivée du tramway va entraîner un effet d'engouement vers les transports en commun. Pratique d'utilisation, moderne et attractif, le tramway peut être un point d'appui pour engager une politique de déplacement ambitieuse et tournée vers les transports en commun.




