Assemblée Générale du Parti Communiste : Toutes les options sont ouvertes pour l'avenir.
Près de 1.200 délégués communistes ont adopté aujourd’hui un mandat qui laisse toutes les options ouvertes. Du simple dépoussiérage à la création d’une nouvelle force, le "mandat" adopté cet après-midi par près de 1.200 délégués laisse donc toutes les options ouvertes pour la reconstruction d’un PCF exsangue après la dernière présidentielle (moins de 2% des voix). Ce texte de compromis en vue du 34e congrès, fin 2008, a été adopté à une très large majorité à main levée, mais au prix d'âpres débats entre communistes. Certains camarades y voient pourtant une volonté de "liquider" le PCF. Le texte de l’assemblée a été adopté par 72% des voix, contre 20% et 7% d'abstentions.
Marie George Buffet, a estimé que le parti, menacé de disparition après sa débâcle de la présidentielle (1,93%), n'avait d'autre choix que de se "révolutionner" lui-même ou "d'ouvrir un autre chemin." Certes, mais lequel ? Marie George Buffet, qui a dit assumer l'échec de la présidentielle et qui passera la main au prochain congrès a ajouté : "Avons-nous les potentiels pour que notre parti devienne pleinement (...) un grand parti moderne et populaire?". "Si oui, il faut révolutionner le PCF en allant au bout de la confrontation d'idées (...) Sinon, il faut prendre un autre chemin", a-t-elle ajouté. L’idée d'une force nouvelle pointe son nez et mon ami Maxime Gremetz reproche à la secrétaire nationale du parti, soit de "pencher pour une nouvelle force" soit de laisser toute latitude "à ceux qui préparent la liquidation" du parti. "On a retardé superficiellement l'échéance de l'éclatement par un texte de compromis", a-t-il dit à Reuters. Maxime Gremetz a également contesté la légalité du vote à main levée intervenu dimanche. "On n'a pas pris acte du fait qu'à 80% dans les sections, les adhérents se sont prononcés pour le maintien du PCF", a-t-il affirmé. Les communistes qui partagent son point de vu ont obtenus dans la nuit de samedi à dimanche en commission, la suppression d'un paragraphe stipulant qu'il ne "s'agit d'exclure aucune hypothèse concernant le parti ou sa stratégie." Mais dimanche matin, la direction a donc demandé un vote pour pouvoir réintroduire le paragraphe contesté. "Il y avait une tentative des orthodoxes de fermer le débat. Ce signal aurait été catastrophique", a expliqué Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF. "Ce qui me tenait à coeur, c'est qu'aucun communiste ne puisse se dire jusqu'au prochain congrès je n'en serai pas", a-t-il ajouté. Marie-Pierre Vieu, membre de la direction, a estimé que l'équilibre du texte garantissait "l'unité du parti."De nombreux délégués ont exprimé leur méfiance au sein d'un parti traumatisé par l'échec des expériences de gauche plurielle ou des collectifs antilibéraux et coincé entre une extrême gauche en forte progression et un Parti socialiste dont plusieurs dirigeants lorgnent vers le centre. Dans le mandat adopté, "il n'y a rien sur l'après-2008, rien sur les élections municipales, rien sur une participation à des listes qui associeraient le MoDem", le Mouvement démocrate de François Bayrou, a lancé l'un d'eux à la tribune. La direction parle de participation à des "fronts citoyens et populaires" pour que le parti puisse repartir à l'offensive avant les prochaines échéances électorales. Mais des militants et élus s'interrogent sur la pertinence d'une volonté de rassemblement dans le paysage actuel de la gauche et estiment que le PCF va perdre un an avant de trancher réellement le débat sur son avenir.


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