Lettre ouverte à mes camarades communistes.
Chers Camarades, chers amis(es),
Je pense qu’il faut aujourd’hui se mobiliser pour rassembler tous les communistes de cœur et de carte. Rien n’est plus stérilisant que de tergiverser. Il y a urgence. Il faut s’engager dans la bataille des municipales sans esprit de boutique.
Ne laissons pas apparaître que rien ne peut se faire de concret pour changer réellement. Les Marseillaises et les Marseillais ne peuvent plus attendre. Il nous faut avoir la détermination, la volonté farouche de construire, d’agir, de résoudre les problèmes. Car il y a toujours une solution, une possibilité, une marge de manœuvre.
Oui je crois que, dans la profondeur de la population marseillaise, il y a une forte aspiration en faveur des valeurs antilibérales, et pourquoi ne pas le dire, anticapitaliste, qui ont fait la gauche : la solidarité, la justice, le progrès, l’égalité en droit et en devoir, en un mot, l’action pour la libération humaine.
Avec ténacité et modestie, je ne veux en rien renoncer à ce qui fait mon identité, ma raison d’être. Mais être communiste, c’est parler de ce qui préoccupe les Marseillais. Etre communiste, c’est être compris d’eux. Etre communiste, c’est essayer de changer et d’améliorer la vie quotidienne des gens. Etre communiste, c’est ne pas s’enfermer dans des accords d’appareils.
Malgré son histoire prestigieuse, le parti communiste deviendra une nostalgie du passé à Marseille s’il ne s’engage pas dans une voie nouvelle. Cette voie n’est pas exempte d’efforts et de courage pour s’adapter aux réalités d’aujourd’hui.
Cet engagement a un prix. Celui qui permet à cette ambition de devenir légitime. Celui de la responsabilité devant un choix d’avenir. Il nous faut cesser de s’abriter derrière « la fatalité », « les médias », « la responsabilité des autres » pour justifier notre isolement politique. Notre capacité d’action sera le seul critère de jugement du citoyen.
Ce n’est pas l’absence d’idées qui discrédite le parti communiste. C’est le fait qu’il n’ait pas le courage de s’adapter aux nouvelles contraintes, aux nouveaux leviers d’action. Je crois que notre victoire se mérite et qu’au final l’effort sur nous-même sera payant.
La nature ayant horreur du vide, plus cette situation dure, plus les forces libérales prendront l’avantage. Les conditions politiques changent, mais l’objectif reste le même : rendre l’espoir crédible par le rassemblement le plus large du côté gauche de l’échiquier politique.
Car malgré notre échec aux élections présidentielles, malgré notre échec aux élections législatives (et je suis bien placé pour le mesurer), l’avenir des Marseillaises et des Marseillais dépend pour beaucoup du courage et de la détermination à réussir ce rassemblement.
Si toutefois nous ne sommes pas présents à ce rendez-vous ou si nous nous mettons nous- même hors jeu, nous porterons la responsabilité de l’échec.
C’est d’un peuple de Marseille rassemblé dont nous avons besoin. Cet objectif fait parti intégrante de notre identité de communiste. Or, comme nous avons été capables de le faire dans le passé, c’est bien de cela dont il s’agit : dépasser les intérêts, même légitimes, de notre famille politique pour créer les conditions du rassemblement populaire qui saura moderniser Marseille.
C’est ainsi, ainsi seulement, que nous apparaîtrons utiles au peuple de Marseille.
Frédéric
DUTOIT



