La municipalité actuelle de Marseille, dirigée par Jean Claude GAUDIN, vient d’annoncer (La Provence du 7 décembre) que la couverture du stade Vélodrome pourrait intervenir au moyen d’une concession.
En droit français, la concession est l’une des formes que peut prendre une délégation de service public. Elle se distingue par la prise en charge par le concessionnaire (souvent une société privée) non seulement des frais d'exploitation et d'entretien courant mais surtout des investissements. Le concessionnaire se rémunère ensuite directement auprès de l'usager par un prix fixé dans le contrat de concession, prix révisable annuellement. Dans ce type de contrat, la collectivité délégataire est souvent dégagée de toute charge financière d'investissement. En contre-partie, elle doit accepter une durée de concession généralement longue (de 15 à 20 ans).
La concession envisagée pour le stade vélodrome permettrait à un ou plusieurs investisseurs privés de réaliser les investissements en lieu et place des collectivités locales qui n’auraient, dans ce cas, pas un centime à débourser. Le stade Vélodrome restera ainsi propriété de la Ville de Marseille.
Je note toutefois un inconvénient majeur à ce système : l’investisseur qui réalisera la couverture ne s’engagera pas à perte. Il se rémunérera, comme la loi l’y autorise, sur les usagers, autrement dit à chaque fois qu’une manifestation aura lieu au stade Vélodrome. Or l’OM est à ce jour la société qui utilise le plus souvent le stade. Il est donc à craindre que le coût de la couverture soit reporté sur les comptes de l’OM et, in fine, sur le prix des abonnements.
Qu’a prévu l’équipe de Jean-Claude GAUDIN dans son montage financier pour éviter l’envolée des prix des abonnements ? C’est la question que je me pose aujourd’hui. D’autant que je suis très favorable à la couverture du stade Vélodrome, mais via d’autres montages financiers, qui n’auraient pas d’incidence sur les abonnements (en permettant à l’investisseur de se rémunérer sur d’autres sources que les entrées du stade, la location de locaux aux abords du Vélodrome par exemple). Quoiqu’il en soit, tout projet devra faire l’objet d’une décision concertée avec l’ensemble des acteurs, et notamment avec l’OM et les neuf associations de supporters.
Si l’OM vient de recevoir une leçon de football de la part de Liverpool un club anglais, ce qui en dit long sur le chemin à parcourir du point de vue sportif (encore que la fiscalité avantageuse outre manche et l’absence d’une DNCG efficace attirent les investisseurs les moins scrupuleux…), je ne partage pas pour autant une gestion des stades à l’anglaise : prix des abonnements exorbitants, certains supporters n’hésitant pas à abandonner leur équipe (c’est le cas à Manchester United par exemple, où les abonnements, déjà inaccessibles, devraient augmenter de 12.4 % par an les quatre prochaines années). Entre l’ambiance de Chelsea, et celle du stade d’Inönü à Istambul, mon choix est fait… Alors oui à la couverture du stade, non à un prix des places prohibitif ! La richesse de l’Olympique de Marseille c’est d’abord ses supporters.



