Mon Hommage à François Billoux
Il y a 30 ans, le 14 janvier 1978, nous quittait François Billoux.
Né le 21 mai 1903, à Saint Romain la Motte, son père, paysan, a joué un rôle important dans son engagement politique.
Il disait d’ailleurs, je cite : « Je suis né dans une famille paysanne. Mes parents étaient des métayers vignerons sur une terre qui appartenait à un propriétaire d’une usine de textiles de Roanne. Celui-ci comptait les fruits sur les arbres. Mon père était influencé depuis de nombreuses années par les idées du socialisme. Il admirait à la fois Jean Jaurès et Hervé, ce qui correspondait à son esprit de révolte de petit paysan constamment humilié, d’antimilitarisme et à sa soif sentimentale de justice. »
Homme de conviction, son premier combat a été celui de la paix.
François Billoux adhère à l’âge de 14 ans, aux jeunesses socialistes, à la suite d’un discours pacifiste d’Hélène Brion en 1917. Il adhère au parti communiste français, en 1920, lors de sa fondation. Au sein du Parti Communiste, il a toujours défendu ses convictions, au point d’être privé de ses responsabilités politiques nationales durant plusieurs années.
C’est ainsi qu’après un passage en Alsace, il s’établit dans les années 1930 à Marseille. Il y retrouve Charles Nédelec, chargé de réorganiser la CGTU. « Je ne suis d’abord parti pour quelques semaines, et puis finalement je devais y rester » confia t-il.
C’est à partir de 1934 que la carrière politique de François Billoux va être liée de façon durable à la ville de Marseille. Dès son arrivée, son objectif fut de réaliser un large rassemblement contre la montée du fascisme. Il utilisa les expressions Unité d’Action et Front Unique d’Action, jusqu’à la signature d’un pacte d’action antifasciste, conclu avec la SFIO.
François Billoux précisait à ce sujet : « Nous n’abandonnons rien de notre idéologie… Si nous organisons l’unité d’action …c’est pour sauver les travailleurs de la ville du fascisme, de la guerre impérialiste, et du régime capitalisme lui-même ». Et plus tard : « Pour édifier un parti communiste plus fort, nous le disons tout net, il faut écraser les restes de sectarisme et extirper définitivement les vains bavardages ».
Les élections législatives de 1936 voit le couronnement de son action et notamment, lors d’une campagne ardente sur le thème de Marseille propre, dont le point culminant fut la réunion contradictoire de la place Marceau avec Sabiani. Il est élu député des Bouches du Rhône de 1936 à 1940.
Il est arrêté le 8 octobre 1940 à son domicile, déchu de son mandat de député en 1940, et emprisonné au Puy en Velay. En mars 1941, il est transféré à la Centrale de la Maison Carrée, près d’Alger où les 27 députés communistes, ceux « du chemin de l’honneur », étaient isolés dans un quartier particulier.
Au moment de la formation du Comité Français de Libération Nationale, il est l’initiateur de la participation des députés communistes à cet organisme. Il fut membre du CFLN en 1944, en qualité de commissaire d’Etat.
De Gaulle, dans ses mémoires de guerre, le qualifia d’homme « habile et capable ». Lorsque le CFLN se transforma en gouvernement provisoire, il s’attacha particulièrement aux problèmes de la jeunesse dans la perspective de la libération du pays. Il occupa ensuite diverses responsabilités puisqu’il a été ministre de la santé publique, de l’Economie Nationale, de la Reconstruction, de l’Urbanisme et enfin de la Défense Nationale entre 1944 et 1947.
En 1945, François Billoux fut avec Gaston Deferre le chef de file d’une liste d’union de rassemblement des forces Démocratiques, élue en totalité. Il présenta, d’ailleurs, avec Maurice Thorez la liste UFD le 15 avril au Stade Vélodrome.
Il est réélu député de Marseille de 1945 à 1978, et à partir de 1958, dans la circonscription créée correspondant aux quartiers nord de la ville. Quartier ouvrier, il a toujours gardé une forte popularité, puisqu’il fut élu au 1er tour en 1962, 1967, 1968, 1973.
Il est conseiller municipal de Marseille de 1953 à 1959. A l’Assemblée Nationale, il est intervenu, dans le domaine de la politique étrangère, mais aussi en politique intérieure, en faveur des Marins Pêcheurs, pour le développement du port de Marseille, sur le statut juridique des Arméniens, mais également à propos des problèmes de l’Education Nationale. Il déposa à 2 reprises des propositions de loi tendant à la construction d’un million de logements populaires.
En 1965, face aux listes Deferre-Rastoin et Comiti, il conduisit une liste de rassemblement avec les socialistes dissidents menée par Daniel Matalon. Il écrivit à ce sujet : « Pour avoir une Municipalité au service de la population Marseillaise, les électeurs et électrices n’ont pas d’autres moyens que de faire triompher les listes d’Union des forces démocratiques où se retrouvent ensemble communistes, socialistes, et d’autres républicains. »
Ce n’est qu’en 1975, 30 ans après, que François Billoux et Gaston Deferre se retrouveront ensemble dans un meeting pour l’union de la gauche, à la salle Vallier.
Presque 40 ans après les actions unitaires organisées pour les élections municipales de 1935 entre les communistes et les socialistes.
Rassembleur, il a réussi à faire l’union dans les moments difficiles.
Son engagement en direction de la jeunesse fit de lui un défenseur d’une ligne d’autonomie de la jeunesse communiste par rapport au parti communiste Français. Le rajeunissement était pour lui prioritaire, pour l’avenir de notre formation politique.
Il a été directeur politique du journal La Marseillaise et en 1956 de France-Nouvelle. De nombreux camarades ici présents, se rappellent sans doute, les comptes-rendus du Comité Central et du Bureau Politique, de cet homme à la voix rugueuse et puissante, au Cinéma de la Plaine, et de la Belle de Mai.
Le 13 juillet 1977, il décida de renoncer à son mandat de député et à sa fonction de dirigeant communiste à la Fédération des Bouches du Rhône. Il transmettait le flambeau à Guy Hermier qu’il aidera dans sa campagne pour les élections législatives de 1978 et décidait de se consacrer à la « promotion de la jeunesse».
Malade, il mourut le 14 janvier 1978 à Menton.
C’est au côté des autres dirigeants communistes, au Père Lachaise, qu’il fut inhumé. L’Homme se caractérisait par sa foi en la jeunesse, son engagement pour la paix, sa volonté farouche de rassemblement. De manière incontestable, François Billoux est associé au courage, à l’intelligence politique, aux qualités d’organisateurs.
Il a marqué de manière décisive l’Histoire de notre parti. Et ici, il a marqué de manière décisive l’histoire de nos quartiers.
C’est pour cela que la Municipalité d’Union de la Gauche dirigée en 1983 par Mr Gaston DEFERRE, sur proposition de mon ami Pascal Posado, Maire de Secteur de l’époque, a donné son nom à ce merveilleux Parc.
Comme François Billoux, je continuerai mon combat, fidèle à mes convictions, à mes idéaux et à mes engagements malgré les obstacles qui parsèment mon chemin. Qu’ils viennent de mes adversaires politiques ou de mes « amis » politiques car j’ai moi aussi cette volonté de rassembler.

merci pour cet hommage, merci de permettre à nos mémoires de fonctionner encore.
La connaissance du passé permet de construire un meilleur avenir.
Rédigé par: DELFINO Sophie | le 31 janvier 2008 à 16:39