« Libérées ! | Accueil | L'ASSEDIC doit indemniser les saisonniers en 2008 »

Mes Vœux à la population des quartiers nord et à Marseille.

Copie_de_image_ou_vido_205 Hier j’ai présenté les vœux de mon conseil d’arrondissements des 15e et 16e de Marseille aux habitants.

« Mesdames et Messieurs, Chers amis, C’est un plaisir pour moi et pour les élus du Conseil d’Arrondissements de vous accueillir aussi nombreux dans cette mairie. Plaisir d’accueillir les personnalités politiques, institutionnelles, les personnalités associatives également, très actives et toujours fidèles à nos arrondissements. Je remercie de leur présence à mes cotés ; Jean-Noël GUERINI, président du conseil général des BdR ; Henri Jibrayel, député ; Sylvie Andrieu, député ; Samia Ghalli, vice présidente de la région, Joël Dutto, vice président du conseil général des BdR, Garo Hosvépian, maire des 13e et 14e arts de Marseille ; Christine Ortiz, ma 1ere adjointe, conseillère municipale de Marseille, etc.

Permettez-moi donc, au nom de tout le Conseil d’Arrondissements, d’adresser à chacune et à chacun d’entre vous tous mes vœux de bonheur pour 2008. Que cette nouvelle année soit synonyme d’espérance, de réussite, de joie, d’aboutissement de tous vos projets. Je souhaite que chacune, chacun, puisse s’accomplir, s’émanciper, se construire dans un monde que j’espère plus fraternel, plus solidaire. Dans un monde que je rêve plus humaniste. Vœux utopiques diront certains, je ne le crois pas. Certes l’histoire semble s’orienter vers l’individualisation, la standardisation de nos sociétés modernes.

Certes l'accroissement des richesses d’un côté s’opère trop souvent au détriment de la majorité de la population de l’autre. Et ce formatage de nos sociétés, résultat d’un libéralisme débridé, n’œuvre pas pour la libération humaine, bien au contraire. Pour autant, il nous appartient à tous d’agir pour construire un monde de paix, dans lequel chaque être humain trouve sa place. Pour ma part, je sais que l’humanité est belle quand elle est diverse. Nos différences sont le ferment de notre richesse commune. L’humanité est forte quand elle n'aliène pas, quand elle n’humilie pas, mais au contraire quand elle émancipe et libère. L’humanité est noble quand elle est tolérante et juste. Transformer le monde doit être un objectif qui nous rassemble. Il n’est pas un combat vain ou illusoire. Notre jeunesse y croit ; je vous cite un extrait d’une chanson de Keny Arkana, jeune artiste marseillaise d’origine argentine : « On y arrivera, même si ici le Mal est bien portant, on y arrivera parce qu'on est tous une goutte de plus et que chaque goutte est importante.... ».

Ces paroles sont un message d’espoir et d’encouragement. Je suis d’autant plus séduit par Keny Arkana qu’elle est une femme évoluant dans un courant musical majoritairement masculin, le rap. Et pourtant, Keny Arkana est une artiste des plus engagées, unanimement reconnue par ses pairs pour la qualité de ses textes. Dans notre combat pour la libération humaine, commençons donc par faire sauter les verrous, par foutre en l’air, excusez-moi l’expression, les discriminations insupportables faites à l’encontre de la population féminine, représentant ni plus ni moins la moitié de l’humanité. De Benazir Bhutto, tragiquement assassinée, au Pakistan, à Hillary Clinton aux Etats Unis, en passant par Leila Shahid, que j’ai eu la chance de rencontrer ici même en Mairie, j’ai une pensée pour toutes ces femmes qui honorent les responsabilités que leur ont confiées leur peuple.

Elles sont un sérieux camouflet infligé aux théoriciens les plus obscurs, défenseurs de l’asservissement de la femme par l’homme. Si 2008 n’effacera pas toutes les intolérances, espérons que nous serons toujours plus nombreux dans les luttes contre les discriminations, sous toutes ses formes, de l’homophobie au racisme. Rejetons avec encore plus de détermination les obscurantismes les plus dangereux et les intégrismes les plus fous. Ils sont le début de la décomposition de l'être humain, précisément de l'homme libre. Employons-nous plutôt à construire l’avenir. Il est grand temps d’inventer un mode de développement de nos sociétés qui soit durable, autrement dit respectueux de l’environnement, de l’humanité, de la faune, de la flore. Je suis convaincu qu’il nous appartient d’ouvrir la voie d’un grand débat citoyen, à l’échelle planétaire et à l’échelle du quartier, pour définir collectivement les bases d’une économie nouvelle, plus sociale, plus écologique. Pour ma part, je suis persuadé que notre avenir se construira avec nos voisins, finalement c’est bien l’homme qui a inventé les frontières. Mais, s’agissant de l’Europe, je suis pour un projet essentiellement politique, un projet de rapprochement des peuples, un projet qui dessine un horizon commun, et qui se construit avec et pour les populations.

Et que dire des orientations économiques de cette Europe là. Le sacro-saint principe de la concurrence libre et non faussée a montré depuis longtemps ses limites. Nous savons tous que cette concurrence ne joue pas en faveur du consommateur. De même, nous ne pouvons accepter la libéralisation de tous les secteurs, et notamment des services, comme le préconise l’AGCS. Les conséquences, nous les subissons directement au niveau local. Anticipant ainsi, par exemple, sur l’ouverture à la concurrence du secteur postal, la Poste cherche à s’adapter à la terrible loi du marché. Nous ne serons plus des usagers mais bien des clients. Et les conséquences se font sentir directement dans nos quartiers comme à Saint Louis ou à la Viste.

Dans le même esprit, on veut nous faire croire qu’en « Travaillant plus, on pourrait gagner plus ». Un message qui, à au moins deux égards, me choque. D’une part, parce qu’il s’ancre dans une philosophie profondément individualiste ; travailler plus pour gagner plus, c’est inciter chacun à ne regarder que son gain personnel et à masquer ce que la société en entier pourrait gagner. D'autre part, personnellement, je suis pour moins de chômeurs, moins d’inactifs, pour la reconnaissance de tous les talents. En clair, « soyons plus à travailler, pour gagner plus ensemble ». Sortir de l’assistanat, c’est donner à chacun les possibilités d’avoir un emploi. A Saint-Louis Sucre par exemple, chaque salarié avait rapporté, en 2006, 53000 € aux actionnaires. Cette entreprise ne se portait visiblement pas si mal. Dans ces conditions, je me félicite d’être intervenu très en amont, avec les employés de l’usine, et d’avoir déclenché l’élan qui a permis, avec vous, d’éviter l’arrêt de l’activité raffinage. Ce qui aurait été un non- sens économique. Aujourd’hui nous avons gagné, puisque le raffinage se poursuivra après 2010.

Derrière cette victoire, c’est la défense de l’emploi industriel sur Marseille qui est en jeu. Après les salariés de Nestlé, nous ne pouvions nous permettre de perdre une nouvelle branche de l’activité industrielle marseillaise. Ce type d’activité est vital pour notre agglomération. Il est vital pour notre Port qui se trouve actuellement à un tournant de son histoire. Oui le Port Autonome doit être modernisé, et si une réforme est envisagée, elle doit viser un objectif : redonner à notre port sa vraie place. Plusieurs pistes de réflexions se dégagent. Pour ma part, et pour reprendre les termes d’un roman de Jean Claude IZZO, je vous dirai que « La révolution culturelle à Marseille, je la vois les pieds dans l’eau, avec un port qui fonctionne comme un port ».

Ce qui, à mes yeux, passe par une triple exigence : en premier lieu, veillons à ne pas condamner le port au tout tourisme ou à la promotion immobilière, mais au contraire parions sur la diversité des Bassins Est pour regagner des volumes et maintenir de l’activité industrielle. Deuxièmement, il est impératif que les investissements d’état soient à la hauteur. Troisième et dernière exigence : mettre en place une vraie concertation avec les salariés de toutes les activités portuaires qui sont des acteurs à part entière et qui souhaitent faire gagner Marseille et son Port. Nous le sentons bien, tout bouge autour de nous, la mondialisation est là, l’Europe se construit et s’est encore élargie, l’espace Méditerranéen se cherche. Comment notre ville va-t-elle s’engager dans cette formidable mutation ? Marseille va-t-elle être capable de jouer ses atouts pour devenir cette grande métropole Euroméditerranéenne dont sa population, la Région, et notre pays ont besoin ou va-t-elle regarder passer sa chance ?

Cela suppose une articulation harmonieuse entre l’impératif de s’insérer dans la compétition internationale entre métropoles européennes et mondiales (à cet égard Euroméditerranée peut être un levier essentiel) et, dans le même temps, l’exigence de penser la vie économique à l’échelle locale, en veillant à n’exclure aucun quartier, aucune population, aucun type d’activité : activité industrielle, mais aussi le commerce et les services, qui pourraient être soutenus en dopant les aides aux micro-crédits. Marseille a donc des atouts qui, bien utilisés, peuvent offrir à sa population la prospérité qui lui fait défaut depuis de très nombreuses années.

Avec son port, ses activités industrielles et commerciales, ses établissements de formations initiales et professionnelles, sa recherche de haut niveau, sa position centrale en Europe et en Méditerranée, et surtout son peuple, vivant, jeune, dynamique. Marseille peut devenir une grande métropole du sud. Et pourtant, le chômage, les exclusions, l’insécurité, rendent la vie intenable à des dizaines de milliers de marseillaises et de marseillais, et d’abord à la jeunesse. Marseillais, nous voulons être acteurs des changements qui s’opèrent. Nous ne voulons pas subir des décisions prises ailleurs et par d’autres. Nous voulons nous engager dans les changements qui s’annoncent. Nous voulons nous préparer aux enjeux essentiels de notre époque. Nous voulons construire maintenant l’avenir de nos enfants, de nos quartiers Nord, de notre ville, de son agglomération. Soucieux du quotidien comme des grands projets, nous voulons transformer Marseille pour celles et ceux qui en ont le plus besoin d’abord, chômeurs, précaires, jeunes, retraités, salariés, petits commerçants, et pour celles et ceux qui peuvent contribuer également à son essor, cadres, entrepreneurs, professions libérales, etc.. C’est pourquoi nous voulons faire de Marseille la grande capitale Euroméditerranéenne, solidaire, active, dynamique du sud de la France.

Pourtant, Marseille est encore durement touchée par le chômage, les inégalités de masse, les exclusions qui sont autant de facteurs de désespérance et de désagrégation sociale. Je souhaite le meilleur pour notre ville en 2008, et je sais que cela passe par une action municipale forte. Dès maintenant nous devons répondre à la crise du logement en permettant une meilleure mixité sociale par arrondissement. Nous devons repenser le développement urbain de notre ville en ne laissant aucun quartier de côté, nous devons diminuer fortement le chômage, prendre en compte la question environnementale en proposant un schéma des déplacements qui sauve Marseille de l’asphyxie. Nous devons également faire de Marseille une ville propre, une ville agréable, une ville culturelle, bref, une ville attractive. Gagner ce pari dépend et nécessite avant tout des choix qui seront opérés ici. Les quartiers Nord sont depuis de nombreuses années les quartiers les plus populaires de Marseille. Pendant longtemps ils ont été les quartiers ouvriers de la ville.

Avec la désindustrialisation de Marseille dont ils ont été les premières victimes et la baisse générale d’activité économique, le chômage, les difficultés, s’y sont développés plus rapidement qu’ailleurs. Même si la décrue est plus forte que dans les autres arrondissements de la ville, le taux de chômage y est encore élevé. Mais les choses changent. La diversité sociale et culturelle, le rôle des femmes, de la jeunesse dans la vie de ces quartiers en font un formidable atout. Oui les quartiers Nord de Marseille disposent d’atouts importants. Ils ont une histoire qui a façonné la ville de Marseille et un dynamisme associatif déterminant. Ils longent le port, ils disposent de la ZAC de Saumaty-Séon et des zones franches. Ils sont situés au cœur du « grand Marseille » et deviennent un atout pour la communauté urbaine. Géographiquement incontournables pour les liaisons routières, ferrées et maritimes. Ils disposent d’un cadre environnemental qui peut devenir un facteur décisif pour leur développement. Ils deviennent la nouvelle centralité urbaine, économique, sociale, culturelle de Marseille et de son agglomération qui offre un potentiel inégalé. Mais surtout ils sont composés d’hommes et de femmes, de jeunes, de retraités qui s’engagent, qui agissent, qui entreprennent, qui nouent des solidarités, qui construisent des projets.

Nous voulons contribuer à mobiliser toutes ces énergies pour créer une nouvelle dynamique de développement des Quartiers Nord de Marseille au service de notre ville et de son agglomération. J’ai la conviction que plus nous serons nombreux à écrire ce projet pour faire gagner Marseille, plus nous serons nombreux à agir ensemble, plus nous servirons l’intérêt des Marseillaises et des Marseillais. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : offrir une autre perspective pour Marseille, faite de progrès et de solidarité. Voilà pourquoi je m’investis sans retenue. Et pour reprendre une citation de Jean Jacques Rousseau : « Vivre, ce n’est pas respirer, c’est agir ; c’est faire usage de nos organes, de nos sens, de nos facultés, de toutes les parties de nous-mêmes, qui nous donnent le sentiment de notre existence. L’homme qui a le plus vécu n’est pas celui qui a compté le plus d’années, mais celui qui a le plus senti la vie. ».

Et bien moi, je veux la sentir la vie, alors j’agis. Et je sais que les Marseillaises et les Marseillais qui rencontrent les pires difficultés, et ils sont nombreux, veulent aussi sentir la vie. Pour cela il est temps d’agir, de se mobiliser pour que Marseille gagne des emplois, pour qu’à Marseille il ne soit plus impossible de se loger, pour qu’à Marseille, il soit facile et agréable de circuler, pour réconcilier à nouveau notre ville avec ceux qui souffrent. Agissons ensemble, construisons ensemble, l’avenir ne dépend que de nous. « Changer le monde commence par se changer soi même », chante Keny Arkana. Prenons-le pour devise. Excellente année 2008 ! »

TrackBack

URL TrackBack de cette note:
http://www.typepad.com/t/trackback/628112/25078340

Voici les sites qui parlent de Mes Vœux à la population des quartiers nord et à Marseille.:

Commentaires

Ce qui nous transforme individuellement le mieux, c'est la lutte de masse, l'action collective.

Poster un commentaire

Si vous avez un compte TypeKey ou TypePad, merci de vous identifier

Mail

mai 2008

lun. mar. mer. jeu. ven. sam. dim.
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31