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Perspectives économiques pour Marseille : propositions.

Image_ou_vido_1531_2 L’enjeu essentiel pour l’avenir de nos quartiers, de ses habitants et au delà de Marseille, le développement économique et l’emploi sont au cœur de mes préoccupations. S’agissant des quartiers Nord, la situation économique y est plus que paradoxale : on enregistre ici un taux élevé d’inactifs, alors que dans le même temps ces quartiers sont l’avenir économique de la cité phocéenne. Ils sont aujourd’hui des quartiers en pleine mutation. Profondément marqués par leur histoire industrielle, ils se sont construits autour de l’activité portuaire et des nombreuses industries (tuileries, savonneries, huileries…). Ils ont donc été les premières victimes du déclin industriel de notre ville.
Actuellement, malgré l’implantation de nouvelles activités économiques et une décrue du chômage plus forte que dans les autres arrondissements de Marseille, le taux de chômage y est encore trop élevé, atteignant jusqu’à 40 % dans certaines cités de Marseille. Ces quartiers sont pourtant idéalement situés : porte d’entrée de la deuxième ville de France, avec un aéroport et le premier port français à proximité, ils contribuent à faire de ce territoire LE territoire d’avenir de Marseille, LE territoire au plus fort potentiel de développement, LE territoire qui devient incontournable sur le plan économique pour notre métropole. Le développement économique de Marseille suppose une articulation harmonieuse entre l’impératif de s’insérer dans la compétition internationale entre métropoles européennes et mondiales (à cet égard Euromediterranée est un levier essentiel) et, dans le même temps, l’exigence de penser la vie économique à l’échelle locale, en veillant à n’exclure aucun quartier, aucune population, aucun type d’activité. Les choix d'urbanisme, les orientations économiques que nous devrons prendre pour Marseille dans ces 10 prochaines années devront précisément servir à créer une dynamique pour les habitants, le logement et l'activité économique dans toutes ses composantes.. Gagner le pari du développement économique et de l’emploi dépend et nécessite avant tout, de nouveaux choix politiques, plus modernes, plus novateurs, plus en phase avec le monde actuel. Une vraie politique ambitieuse en matière économique pour Marseille doit selon moi s’articuler autour de trois axes essentiels. Je vous livre ici brièvement quelques une de mes propositions. Premier axe : il me semble essentiel de soutenir TOUS les secteurs d’activité. L’activité industrielle d’une part, pour laquelle je souhaite la mise en œuvre d’un grand plan local pour l’industrie. Un plan qui aurait pour mission essentielle le soutien aux activités existantes (je pense à Saint Louis Sucre, à la réparation navale). Dans le même temps ce plan aurait une mission de prospective, en préconisant les activités industrielles nouvelles que nous pourrions attirer sur le territoire et qui ne risqueraient pas de s’effondrer d’ici 5 ans. La question industrielle pose directement la question du port autonome et de la réforme du statut des PAM. Je me félicite à ce propos que tous les acteurs économiques (l’UPE, les syndicats du port, la CCI), parce qu’ils sont pragmatiques, et parce qu’ils souhaitent tous le succès du port autonome, s’opposent à la position de la municipalité d’orienter notre port vers le tout tourisme. Sur les bassins Est, il faut attirer des volumes, augmenter les flux, et conserver le trafic marchandises, roro comme container. Autre secteur qui doit retenir toute notre attention : les services à la personnes, le commerce. Personnellement, je souhaite que l’on donne une réelle impulsion aux micro crédits sur Marseille. Ce type de prêt constitue une voie prometteuse, il peut être un instrument essentiel pour permettre aux personnes sans emploi de prendre en main leur destin, en se réinsérant sur le marché du travail ou en créant leur propre activité. Le taux de réussite n’est certes pas de 100 %, mais nous avons à Marseille une population très créative, qui a des idées, et pour laquelle parfois un simple petit coup de pouce permettrai de démarrer. Ce dispositif a fait ses preuves dans les pays du tiers monde et également en Angleterre ; il existe déjà à Marseille mais à une échelle trop petite. Les collectivités pourraient agir en dopant les aides au micro crédit, en accentuant l’information et en assurant l’accompagnement des publics. Deuxième axe fort : développer la formation et l’orientation, en vue de sécuriser les parcours professionnels, mais aussi pour assurer une meilleure adéquation entre l’offre et la demande en matière de ressources humaines. Je propose en parallèle de favoriser le développement et la promotion de l’enseignement supérieur sur Marseille, en élargissant la carte des formations, et en facilitant l’accès à tous les publics, ce qui signifie notamment la construction de résidences étudiantes. Enfin dernier volet, investir dans l’économie de la connaissance, la recherche, l’excellence, l’innovation. Engageons nous pour la création de pôle de projet locaux, à l’instar des CLUSTERS à Lyon. Nous pourrions mettre en place localement des projets de recherche constitués d’un réseau de laboratoires ou d’équipes travaillant à la réalisation d’un programme scientifique commun. En outre, Marseille dispose d’atouts insuffisamment exploités. Le territoire est couvert par un réseau de fibre optique très performant, et qui offre des connexions ultra rapides avec l’Asie et le Maghreb. Nous devons nous engager fortement pour confirmer la vocation Marseillaise de « Hub » des nouvelles technologies. Enfin je tenais à faire un bilan personnel, en tant qu’élu local, du dispositif des ZFU. La première zone franche Nord Littoral, lancée en 1997, est un exemple de réalisation qui a transformé positivement nos arrondissements, qui les a redynamisés. Le succès de ce projet tient certainement dans l’implication de tous les partenaires, publics comme privés. La volonté des uns de voir revivre ces quartiers, des autres de créer leur propre entreprise, tout cela a permis une émulation collective avec les résultats que l’on connaît. La vallée de Séon, c’était un espace en friche ; on y compte aujourd’hui plus de 9 000 emplois. Et si certains ne jouaient pas le jeu (je me rappelle être intervenu pour régler le problème des boites aux lettres, notamment dans les cités, ce qui était un véritable affront fait à la population), aujourd’hui nous pouvons nous féliciter du succès du dispositif. D’ailleurs, le système des exonérations fiscales touche à sa fin, mais les entreprises vont rester, car après ce coup de pouce de départ, elles ont aujourd’hui assuré leur stabilité. Avec la deuxième ZFU, c’est la reconversion économique des quartiers nord qui se poursuit. J’ai une autre ambition pour Marseille que celui d’un ghetto doré s'appuyant exclusivement sur le tourisme, la culture ou encore le service public. Notre métropole dispose d’outils exceptionnels pour réussir et se placer parmi les villes les plus dynamiques. L’essor économique de Marseille ne sera possible que si l’on associe pleinement, à chaque étape, la population et les forces vives de nos quartiers.

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