Pour l’emploi à Marseille, il est urgent d’impulser une nouvelle dynamique.
La baisse du chômage à Marseille, est plus conjoncturelle que structurelle ; elle ne règle pas, loin s’en faut, la question de l’emploi sur Marseille. La preuve avec les chiffres dévoilés par La Provence du mardi 29 janvier.
Marseille est en retard. Et nous connaissons parfaitement les raisons de ce retard : il n’y a dans cette ville aucune politique volontaire en faveur de l’emploi. Construire une ville pour les riches, les promoteurs et les affairistes ne riment malheureusement pas avec ville dynamique.
Attirer les cadres, c’est d’abord offrir des conditions de vie attractives : logement abordable, places en crèche, possibilité de se déplacer aisément, etc. Finalement que des dossiers sur lesquels votre municipalité s’est très peu investie, ou a agit en dépit du bon sens. Les cadres se sont déjà détournés de notre métropole, préférant Aix ou Montpellier.
Ensuite, Marseille doit pouvoir offrir des emplois à ces cadres. Or notre ville enregistre une très faible croissance des emplois métropolitains supérieurs, les EMS, moitié moins par exemple que la Ville de Rennes. Ces emplois supérieurs qualifiés, dans le domaine de l’innovation, de la recherche ou encore de l’éducation, sont pourtant essentiels puisqu’ils peuvent induire jusqu’à 8 emplois faiblement qualifiés. De plus, parier dans l’innovation, cela permet de conforter les industries traditionnelles, sans cesse mis à mal au profit des intérêts financiers des grands groupes... bien loin des intérêts des Marseillaises et des Marseillais. Parier sur l’innovation permet aussi de développer de nouvelles activités, par exemple, liées au développement durable. Il s’agit là d’un gage de réussite pour l’avenir.
Or, Marseille ne compte actuellement que deux pôles de compétitivité quand la région lyonnaise en est à cinq et qu’elle développe en parallèle des CLUSTERS, sortes de programmes innovant qui facilitent les connexions entres le monde de l’entreprise et la recherche.
Si on analyse rétrospectivement les budgets de la ville de Marseille, les dépenses de fonctionnement en matière d’économie ont été diminuées par deux depuis 2001 : de 30 millions d’euros, elles n’ont cessé de baisser pour atteindre 15 millions aujourd’hui. Une baisse spectaculaire qui ne peut s’expliquer par la création de la Communauté Urbaine, compétente en matière de développement économique, puisque c’est la Ville de Marseille qui continue de subventionner les organismes agissant en faveur de l’emploi.
Pour ma part je pense qu’il est nécessaire de décupler ces aides, notamment dans le domaine du micro crédit. Ce type de prêt constitue une voie prometteuse, il peut être un instrument essentiel pour permettre aux personnes sans emploi de prendre en main leur destin, en se réinsérant sur le marché du travail ou en créant leur propre activité. A Marseille, nous disposons d’une jeunesse dynamique, créative, volontaire, inventive. Bref une population qui a le profil idéal pour le micro crédit. Ce dispositif a déjà fait ses preuves dans les pays du tiers monde mais aussi en Europe, en Angleterre notamment.
Pour l’emploi à Marseille, il est urgent d’impulser une nouvelle dynamique dès aujourd’hui, sans quoi nous serons les spectateurs de la réussite des autres métropoles Européennes.

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