Triste budget pour le dernier de la mandature Gaudin
Le budget 2008 de la Ville de Marseille, présenté ce matin en séance du conseil municipal, est le dernier de la mandature Gaudin. La plupart des éléments du document ne sont que des prévisions, et on ne peut pas dire qu’elles soient ensoleillées pour les marseillaises et les marseillais.
Cette année encore, la majorité de droite nous propose un budget qui n’est pas à la hauteur des besoins des marseillaises et des marseillais.
Le budget 2008, est toujours plus, en stagnation, sinon en régression, puisque d’après les estimations des services de la ville de Marseille, il s’établit cette année en totalité à 1, 384 milliard d’euros contre 1,369 en 2007 soit une augmentation de 1.10%, c’est à dire moins que l’inflation.
Cette situation est d’autant plus préoccupante que, si on regarde du côté de la Communauté Urbaine, on note, d’une part, que les dotations de l’Etat évolue à un rythme inférieur à celui de l’inflation, d’autre part, la croissance des bases de la Taxe Professionnelle attendue en 2008 est inférieure à celle de 2006. Ce ralentissement, d’après le rapport, « s’explique notamment par la fermeture totale ou partielle, la restructuration ou la délocalisation, en 2007, d’un certain nombre d’établissements ».
Voici une illustration concrète de la politique de Monsieur Gaudin en matière de développement économique.
Les marges de manœuvre deviennent au fil des ans, peau de chagrin. L’excédent brut ne cesse de décroître : 200 millions en 2000, 130 millions en 2007. L’excédent net qui finance les nouvelles dépenses de fonctionnement passe de 107 millions en 2001 à 28 millions en 2008.
Si Monsieur Gaudin n’est pas avare en promesses électorales, force est de constater que la réalité de son budget est bien en deçà de son discours.
En effet, en 2007, si l’on y regarde de plus près : 112 millions d’euros étaient consacrés à l’action sociale et la santé, cette année, il n’en propose que 108 millions d’euros. L’économie et l’urbanisme, 93 millions d’euros l’année passée, cette année 78. Les crédits pour le sport, la jeunesse, pour la sécurité et la salubrité stagnent, de même pour l’environnement, alors que M. Gaudin prétendait faire figurer Marseille comme modèle de développement durable.
Depuis 13 ans, pour les marseillaises et les marseillais, c’est toujours les mêmes litanies : payer toujours plus, pour moins de services. 42 % d’augmentation des recettes fiscales depuis 2001, et 77% d’augmentation de l’accès au service.
Quant au poids de la dette, il ne fait que prendre une place toujours plus importante passant de 33% à 35 % des dépenses réelles de fonctionnement. Les frais financiers représentent plus de 10% des dépenses de fonctionnement, sans compter :
- la dette transférée à la communauté urbaine,
- l’impact des nouveaux investissements qui concernent la ville de Marseille,
- les retombées de la crise financière actuelle.
En investissement, on est dans la même logique : une baisse du recours à l’emprunt, donc moins d’investissement, contrairement à ce qui est écrit dans le rapport. Ainsi le montant des autorisations de programme est de 1,8 milliard d’euros votés, seulement 1/3, soit 619 millions ont été réalisés.
Et de manière plus précise, en matière scolaire, depuis 2000 : 404 millions votés, 146 réalisés. De plus, dans le même secteur, on note qu’à l’approche électorale il y a une réelle tendance à l’inflation des AP, puisqu’il est écrit 100 millions d’AP nouvelles en 2006 et les autres années, 15 à 40 millions par an.
Voici bien la preuve de la politique d’affichage de la majorité municipale !
Voilà 13 ans que M. Gaudin est maire, cela ne veut pas dire pour autant qu’il n’a rien fait. Il a poursuivi, et même amplifié sa politique de recomposition sociale, avec pour conséquence l’accroissement des inégalités, l’augmentation des exclusions.
Et les chiffres le prouvent :
-50 % des marseillais ne paient pas l’impôt sur le revenu,
-25% vivent sous le seuil de pauvreté.
- 42 700 sont bénéficiaires du RMI, dont 1 sur 10 en centre ville.
La politique de M. Gaudin conduit à l’insécurité de la vie pour les marseillaises et les marseillais.
En outre, il n’a eu de cesse de donner les clefs de Marseille, d’offrir plus de foncier aux promoteurs et de vendre la ville aux affairistes. Cette spéculation immobilière a façonné la ville, qui peu à peu a exclut les salariés, les repoussant en périphérie. Se loger, travailler à Marseille devient de plus en plus difficile.
Dans le domaine des transports, en 13 ans, il n’a construit que 11 Km de tramway.
Il se targue du renouveau, de l’attractivité de notre ville, mais si l’on compare avec les autres grandes villes de France, l’augmentation de la population reste limité. Nous sommes en dessous de la progression de la moyenne nationale.
Les marseillaises et les marseillais souffrent de cette politique, il est temps que ça change ! Marseille a besoin de se construire avec tous les marseillaises et les marseillais. Pour faire vivre la démocratie, le rôle des mairies de secteur, lien de proximité avec la population, doit être accru.
Le budget, au lieu d’être élaboré, entre spécialistes, et porté à la connaissance des conseillers municipaux une semaine avant son vote, devrait être co-élaboré, construit dans la plus grande transparence. Le groupe communistes et partenaires a voté contre ce budget en séance du conseil municipal.


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