Je suis intervenu aujourd’hui en séance publique de la Communauté Urbaine de Marseille Provence métropole pour défendre une autre conception pour le traitement des déchets ménagers de Marseille.
« Monsieur le Président,
Je veux tout de suite vous dire que le groupe communiste approuve des deux mains le lancement de l’audit environnemental, technique, juridique et financier que vous nous proposez concernant la délégation de service public relative à la conception, au financement, à la réalisation et à l’exploitation du centre multifilières de traitement des déchets dans la Zone Industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer.
Nous connaissons tous les interrogations, les controverses qu’a suscité le projet d’incinération des déchets de Marseille Provence Métropole. La mobilisation populaire témoigne de la vive émotion que ce projet a suscité. Elle témoigne également, que devant l’enjeu majeur de société que représente la protection de l’environnement et de la santé humaine, nos concitoyens ne comptent pas se laisser abuser par les intérêts financiers qui dominent souvent dans les prises de décisions de la collectivité publique.
On mesure là ce que les élus communistes ne cessent de dire depuis le début. Transparence et démocratie sont des exigences cruciales, des atouts pour la réussite d’un projet qui touche à la conception même du développement durable pour nos territoires. Leur absence ou leur insuffisante mise en œuvre n’ont généré qu’inquiétudes et mécontentements. Les populations ont trop eu l’expérience, dans la France entière, d’usines rejetant des produits dits anodins qui se révèlent ensuite toxiques.
En annulant la délibération de notre assemblée qui déléguait la réalisation et la gestion du centre multifilières de traitement des déchets incluant une grande part d’incinération à la société Urbaser-Valorga, le tribunal Administratif nous donne l’occasion de retravailler et faire évoluer cet équipement.
C’est pourquoi, monsieur le président, je vous demande solennellement de ne pas faire appel de la décision du tribunal administratif pour donner toute sa chance à une solution alternative à l’incinérateur. Ce moment tant attendu doit susciter l’émergence d’une solution enfin élaborée et partagée par tous.
Nous le savons tous ici : les collectivités locales, les EPCI, les élus et les associations citoyennes du territoire concerné ou voisin de cette installation dans la Zone Industrielle de Fos, ont émis leur opposition à un projet qu’ils vivent plus comme une volonté de notre Communauté Urbaine d’exporter le traitement de ses déchets, en leur imposant un choix auquel ils n’ont pas été associés, que comme une contribution à une solution cohérente pour doter le département d’un traitement moderne, préservant l’environnement et la santé.
A Marseille même, de très nombreuses voix, dont la mienne, se sont toujours fait entendre pour demander l’examen d’autres possibilités.
Nous devons construire l’avenir commun en partenariat avec les autres agglomérations de la région urbaine de Marseille-Aix. Nous ne pouvons faire cavalier seul dans un dossier majeur d’aménagement de notre territoire. Il est grand temps d’ouvrir la page d’une métropolisation partagée et solidaire.
De ce point de vue, je veux exprimer ici les propositions alternatives, cohérentes, que notre groupe veut vous faire aujourd’hui.
Nous proposons de mettre le maximum de transparence et de démocratie pour créer les conditions d’une évolution sereine et responsable du débat, jusque dans ses dimensions citoyennes, une dimension indispensable pour aboutir à un projet partagé.
Il nous faut avoir le courage d’une solution ambitieuse, fondée sur la réduction des déchets à la source, le tri sélectif, le recyclage la méthanisation et le compostage, le stockage, afin d’écarter tout recours à l’incinération. Cette dernière solution très souvent et légitimement suspectée et rejetée, qui plus est coûteuse pour les contribuables, peut-elle encore être considérée comme une solution d’avenir ? Rien n’est moins sûr.
Alors profitons de la situation nouvelle créée pour travailler à transformer le contrat avec EVERE pour supprimer l’incinération et augmenter la capacité de méthanisation et de compostage du site.
Enfin, et en complémentarité, ne faut-il étudier sérieusement la possibilité de poursuivre l’exploitation de la décharge d’Entressen ?
Celle-ci est aujourd’hui réhabilitée. La communauté urbaine a investi des sommes considérables pour la mettre aux normes. Demandons à l’Europe de réviser sa position. Invitons les commissaires et les techniciens de l’institution européenne à vérifier la fiabilité et la conformité de cet équipement. Plus rien n’oblige celle-ci de nous imposer ses directives surtout quand elles n’ont plus d’objet.
Faisons ce travail avec toutes les collectivités et intercommunalités concernées, avec le département des Bouches-du-Rhône et la Région. Et mutualisons les projets et les moyens.
Quant au surcoût que pourrait occasionner l’abandon de l’incinérateur, attendons bien entendu les résultats de l’audit que nous engageons aujourd’hui.
Notre seule légitimité ici est de garantir l’intérêt général, d’agir pour la prospérité et le bien être de nos populations qu’il faut savoir entendre. »
En réponse Eugène Caselli, président de la CUM pour cette nouvelle mandature, nous a informé qu’il ne ferait pas appel de la décision du tribunal administratif. Reste maintenant à confirmer un choix respectueux des populations.




