J’ai présenté aujourd’hui à la presse les grands axes du travail des élus communistes, républicains et citoyens de Marseille.
Lors du prochain Conseil Municipal, Jean-Claude GAUDIN va nous présenter son programme de politique générale pour les 6 ans à venir.
Suite aux dernières élections municipales, le groupe Communiste, Républicain et Citoyen se situe clairement dans l’opposition. Mais cette nouvelle mandature débute, faut-il le rappeler, avec une infime majorité de droite. Aussi, avec plus de force encore, nous nous opposerons à la politique de régression économique et sociale impulsée par le maire UMP de Marseille. Et nous serons à nouveau porteurs de propositions alternatives. Pour répondre aux aspirations de toute la population marseillaise, nous ne rabaisserons pas nos objectifs en terme de qualité et de quantité.
Nous avons souhaité vous rencontrer aujourd’hui afin de vous exposer les grandes lignes de nos propositions face à la politique du nouveau tandem GAUDIN-BLUM. Nous le savons, Nicolas SARKOZY veut faire des villes et des intercommunalités des relais actifs pour sa politique désastreuse. Et Marseille est en tête de liste.
Depuis 13 ans, Jean-Claude GAUDIN façonne la ville pour la plier aux exigences du Libéralisme. Cette politique n’a fait qu’accentuer les inégalités.
À Marseille, les écarts de revenus vont de 1 à 16 pour 1 à 4 nationalement. Le constat est sans appel :
* 15 % des Marseillaises et des Marseillais sont toujours au chômage ;
* Sur ces 6 dernières années, les personnes vivant au-dessous du seuil de pauvreté sont passées de 15 à 25 % soit 1 marseillais sur 4 qui vit avec moins de 650 euros par mois ;
* 25 000 personnes attendent toujours un logement social ;
* En 10 ans, ce sont 111 millions d’actifs qui ont été cédés à des promoteurs à des prix défiants toute concurrence ;
* Seulement 11 km de tramways qui sur l’essentiel du trajet font doublon avec le métro.
Pour faire de Marseille une ville prospère, des actions sont à entreprendre. Dans un premier temps, le développement urbain doit être réalisé en tenant compte des réalités actuelles : Une crise du logement sans précédent, l’insuffisance des infrastructures au regard des besoins en déplacements, le tout en lien direct avec la politique de l’environnement.
En effet, c’est dans le domaine du logement que la politique de Jean-Claude GAUDIN fait le plus de mal. La politique actuelle du logement se fait en direction des plus aisés, exclut de plus en plus de Marseillaises et de Marseillais ainsi que les salariés. Elle est un frein à la croissance démographique et finalement ralentit l’essor de Marseille. Il faut une politique de logement ambitieuse, développée à l’échelle intercommunale et intégrant la notion de mixité sociale réelle par arrondissement afin de permettre à tous les Marseillais de se loger.
L’accord de gouvernance, voté à la CUM par tous les groupes de droite comme de gauche, le 31 Mai dernier, acte un taux de 20 % de logements sociaux par commune et par secteur à Marseille, que MPM aidera à réaliser, en particulier, par des actions foncières adaptées. Ce principe d’application de la loi SRU est une bonne chose, mais nous proposerons de ne pas laisser s’accroître la concentration de populations en difficulté dans les zones défavorisées, notamment les quartiers d’habitat social, qui se traduit par des logiques d’exclusion et des obstacles à l’intégration, mais de favoriser la mixité sociale, notamment dans les arrondissements suivants : les 4e, 5e, 6e, 7e, 8e, 9e et 12e.
Car, si nous en restons au principe appliqué par Jean-Claude Gaudin dans la précédente mandature (20 % de social dans tout nouveau programme), nous n’arriverons jamais à atteindre notre objectif. En d’autres termes, il faudra que tous les programmes de constructions comprennent 50, 60, ou 80 % de logements sociaux dans les quartiers à faible densité d’HLM afin de rattraper le retard considérable de Marseille en la matière. Et même à ce rythme, soyons réalistes, il faudra plus de 40 ans pour satisfaire la demande ! Sans oublier, que nous devons encourager la labellisation «haute qualité environnementale» ainsi que le recours à l’énergie solaire et intégrer la politique d’accessibilité des logements aux personnes handicapées.
Belle cohérence et complémentarité entre la politique de logement et la politique de transport. Ce sont les moyens d'exclusion et de remodelage de la ville dont la droite use et abuse depuis des années ! En effet, on ne peut que constater l’insuffisance des infrastructures au regard des besoins en déplacements. Chaque jour ce sont plus de 2 millions de déplacements internes à Marseille avec 50 à 60 % pour le mode automobile, ce qui laisse une part relativement modeste pour les transports collectifs. Nous proposons 2 grands axes pour offrir une véritable alternative à l’utilisation de l’automobile dans l’ensemble de l’aire métropolitaine marseillaise, en coopération avec les autres collectivités : la Région pour le TER, l’Etat, et ceux pilotés par la CUM et la ville de Marseille.
Nous attendons d’ailleurs que la Communauté Urbaine mette en application la décision de justice pour la DSP tramway. Tout d’abord, il faut réorganiser le réseau de surface (métro, bus, tramway) avec plus de régularité dans l’offre de transports collectifs. Un véritable réseau de transports urbains rapides doit émerger avec le RTR.
Il faut un maillage plus fin du transport dans Marseille afin de permettre de mieux desservir les lieux structurants du territoire et les différents quartiers :
Prolongement de la ligne métro de Bougainville jusqu’à Septèmes, de Dromel à la Valentine,
Un tracé tramway jusqu’aux Quartiers Nord ;
Irriguer les sites universitaires notamment pour aller sur le site de Luminy ;
Débloquer les 250 millions d’euros nécessaires pour terminer la Rocade L2, et l’aménagement de la Rocade du Jarret jusqu’à Plombières avec deux voies de transports en site propre, utilisées par trolleybus à batterie ainsi qu’une piste cyclable. Le second axe est d’avoir un plan de stationnement qui incite les habitants à utiliser les transports en commun :
Parkings en centre ville à des tarifs accessibles à tous en proposant par exemple des formules stationnement-abonnement RTM,
Ouverture des parkings 24H/24 à 1 euro la nuit, l’ouverture du métro jusqu’à minuit la semaine et 1 h 00 du matin le week-end. Et surtout, il faut innover. À l’heure où toutes les grandes métropoles doivent investir dans les modes de transports utiles, efficaces et collectifs.
Ainsi, nous proposons, dans un premier temps, la gratuité totale des transports publics pour les chômeurs, rmistes et leur famille ainsi qu’aux jeunes de moins de 25 ans. Mesure qui revêt un aspect formateur d’usage des transports collectifs d’une part et répond à une nécessité sociale, beaucoup de jeunes étant en situation de grande précarité.
De plus, si nous réussissons à étendre la gratuité des transports en commun à toute la population marseillaise, seul moyen pour atténuer voire interdire la voiture dans la ville, nous pourrons désengorger le centre ville. Cela permettrait par la même occasion de réduire les pics de pollution qui ont des effets néfastes sur notre santé en ayant des propriétés irritantes pour l’appareil respiratoire, entre autres.
La politique de Jean-Claude Gaudin en matière de transports va à l’encontre de l’amélioration de l’environnement et de la qualité de vie des Marseillaises et des Marseillais. Nous insisterons sur le projet de création de Navettes Maritimes avec un parcours Estaque-Pointe-Rouge via le Vieux-Port (450 000 voitures en moins par jour). De plus, nous nous assurerons que la piétonisation du Vieux-Port soit réalisée, et nous soutiendrons le projet d’un parc national marin dans les Calanques.
À l’heure où la paupérisation de la population française, et particulièrement à Marseille, gagne à grands pas du terrain et que les richesses sont détenues entre quelques individus minoritaires, Marseille, les Marseillaises et les Marseillais auraient tout à gagner au retour en gestion publique de l’eau et de l’assainissement collectif. Tant sur le plan individuel, avec un coût notablement diminué, que sur le plan collectif, avec une prise en charge, par les pouvoirs publics, d’un collectage et d’un assainissement en adéquation avec les réoccupations et aspirations environnementales de l’ensemble des habitants de la Région PACA.
C’est pourquoi, il nous semble légitime de proposer le retour à une gestion publique de l’eau pour 2009 lors de la fin du contrat d’affermage. À ce développement urbain doit être associé un véritable projet de développement économique avec la création d’emplois durables. À Marseille, le taux de chômage reste élevé avec 15 % de demandeurs d’emploi et 22,8 % pour les jeunes. La situation de l’emploi se caractérise par le développement important de la précarité : 25 % de la population marseillaise vit en dessous du seuil de pauvreté. Le projet Euromed a certes permis la création d’emplois, mais essentiellement dans le tertiaire.
Et l’on constate une inadéquation entre ceux qui sont à la recherche d’un emploi et les besoins des entreprises sur le territoire d’Euroméditérranée. Nous devons créer les conditions pour développer la création de petites et moyennes entreprises. Ce sont celles qui constituent le vivier des créations d’emplois. Enfin, il est primordial de parier sur le développement de l’emploi des jeunes.
De ce point de vue, notre groupe mettra de nouveau en avant la nécessité et l’urgence de mettre en œuvre les moyens permettant d’améliorer le lien entre l’école, les centres de formation et les entreprises pour des formations adaptées aux besoins actuels tout en anticipant sur les besoins de demain. La chute du taux de chômage passe par un effort sans précédent en matière de formation et de qualification de la défense des services publics (santé, Poste, éducation,), de la reconquête de l’industrialisation sur les Friches.
Gagner le pari du développement économique et de l’emploi dépend et nécessite avant tout d’autres choix politiques que ceux portés par le gouvernement. Preuve en est : le Port Autonome de Marseille, poumon économique au cœur de l’arc méditerranéen, est mis à mal du fait de l’essoufflement des investissements de l’Etat depuis de nombreuses années. Contrairement aux effets d’annonce qui l’entoure, la loi sur la Réforme Portuaire, qui vient d’être adoptée ce mardi par le Parlement, n’a pas pour finalité de favoriser la productivité des ports français, ni la volonté de définir une stratégie cohérente et ambitieuse pour rattraper nos concurrents du Nord de l’Europe.
Avec cette Réforme, le seul objectif du Gouvernement est de privatiser les outillages et de transférer les personnels de manutention au privé. Aujourd’hui, l’ensemble des dépenses est équilibré avec l’ensemble des recettes. En transférant les opérations commerciales au privé, le gouvernement prive les établissements publics des recettes générées par les redevances d’outillage et reporte tout sur les droits de port et les redevances domaniales.
Quant aux modifications apportées à la gouvernance des ports et à leur Conseil d’Administration, elles remettent en cause les faibles garanties apportées par la loi de démocratisation de 1983. En effet, la nouvelle organisation proposée réduit largement le rôle décisionnaire de l’Etat. Quant à la représentation des salariés, elle n’est pas assurée à sa juste place. De la même manière, à aucun moment, il n’est prévu d’orientation stratégique, et encore moins de loi de programmation financière capable de garantir les investissements sur le moyen et long terme.
Le Gouvernement n’apporte aucune garantie et compte tenu que l’Etat a sous investi pendant 30 ans alors qu’il était actionnaire principal, on ne peut qu’être inquiet pour l’avenir ! Autant nous sommes favorables, les personnels portuaires également, à une réforme intelligente et intelligible, autant nous ne saurions cautionner cette réforme telle qu’elle a été votée à ce jour avec, notamment, l’absence d’un accord-cadre garantissant les droits des salariés et leur devenir. Nous ferons donc preuve d’une vigilance accrue tout au long de la mise en place de ladite Réforme. Aussi, nous apportons notre entier soutien dans le combat qu’ils mènent pour mettre en échec cette nouvelle atteinte au service public et à l’intérêt général et nous proposerons un débat public sur la place du port et son avenir, d’ici peu, avec l’ensemble des acteurs concernés.
Enfin, le développement culturel et artistique est tout aussi important pour l’avenir de Marseille que le développement économique, social ou urbain. Or, la politique de Jean-Claude GAUDIN et de son équipe depuis 13 ans se traduit par des effets d’annonces autour de grands évènements au détriment des structures de création.
À ce jour, on ne peut que se satisfaire de l’annonce, début Juin, de la délivrance du permis de construire par, Christine Albanel, Ministre de la Culture, pour le projet lancé par la Région : Le Centre régional de la Méditerranée, lieu à vocation culturelle et économique qui doit être construit à Marseille sur une esplanade face à la mer, près du Vieux-Port et accolé au futur Mucem.
Alors que Marseille concourt au titre de Capitale Européenne de la Culture, même les investissements dans ce domaine sont en panne :
l’Opéra ne pourra être réhabilité qu’en 2014 ;
les financements pour le Grand Longchamp diminuent chaque année ;
le MUCEM n’est toujours pas à l’étape de l’étude ; pour le silo, il faut attendre 2013…
Et l’Hôtel-Dieu, patrimoine de la ville, est bradé pour construire un hôtel de luxe. Nous voulons répondre aux demandes des Marseillais qui souhaitent accéder à des équipements culturels collectifs de proximité du type des médiathèques.
C’est bien une politique élitiste de la culture que met en œuvre Gaudin et son équipe. Pour nous, Marseille est, depuis toujours, une terre d’accueil et de rencontre où l’émergence d’une véritable démocratie culturelle est plus que jamais d’actualité alors que se creusent les inégalités. Nous mènerons donc le combat qu’il faut afin que Marseille devienne une Capitale Européenne de la Culture.
Nous savons que notre combat sera de longue haleine mais, comme nous l’avons fait dans la précédente mandature, nous agirons toujours dans l’intérêt des marseillaises et des marseillais.
Depuis sa réélection, Jean-Claude Gaudin applique à la lettre la politique de Nicolas Sarkozy, avec notamment, la mise en place lors des dernières journées de grève, du service minimum d’accueil dans le 1er degré. L’instauration de ce service minimum dans les écoles marseillaises a pour seule vocation de casser le droit fondamental de tout salarié de pouvoir faire grève.
Aussi, nous partageons totalement le mécontentement des personnels de l’Education et des agents territoriaux qui dénoncent une manœuvre purement idéologique du maire de Marseille. À Marseille, locaux et moyens humains font défaut et la vie scolaire s'en ressent : la rentrée 2008 sera une nouvelle fois très compliquée avec la suppression de 5 écoles marseillaises.
Voilà pourquoi, nous avons posé, lors du Conseil Municipal du 28 Avril dernier, une question orale à Jean-Claude GAUDIN afin de lui proposer un plan d'investissement pluriannuel aussi bien pour le fonctionnement que pour l'équipement des écoles marseillaises. Il en va de l'avenir de nos enfants ! Tout comme nous sommes intervenus auprès de l’Inspecteur d’Académie d’Aix-Marseille pour le retrait de l’expérimentation du fichier Bases élèves car nous estimons que le bon fonctionnement des écoles ne nécessite en rien d’avoir un fichier national de tous les élèves et de leurs familles. La situation politique issue des élections municipales et cantonales est profondément inédite. La majorité de droite à Marseille ne l’est que de deux siéges.
La Communauté Urbaine s’est dotée d’un Président de gauche alors que la majorité des conseillers communautaires sont de droite. Depuis, un accord de gouvernance a été trouvé entre toutes les forces politiques siégeant à la CUM. Cet accord de gouvernance porte sur le contrat communautaire partagé et sur la répartition des sièges de Vice présidents de la CUM et des présidences de commissions. Tous les partis politiques assument ces responsabilités.
De plus, cet accord s’est fait sur la volonté d’appliquer les programmes des Maires élus par le suffrage universel dans les communes qui composent MPM. Cette nouveauté a amené le groupe Communiste, Républicain & Citoyen de la ville de Marseille à s’interroger sur la place et le rôle de l’opposition à Marseille. Dans ces circonstances très particulières, notre groupe sera porteur de propositions alternatives à la politique de recomposition économique et sociale de Jean-Claude Gaudin. C’est à partir de la prise en compte de ces propositions, pour lesquelles nous avons été élus, que nous déterminerons nos positions.
L’exercice sera sans nul doute compliqué. Mais comme nous l’avons fait dans la précédente mandature, nous agirons toujours dans l’intérêt des marseillaises et des marseillais. Dans une démarche de relations étroites avec les citoyens de notre ville, nous nous opposerons à tout ce qui va dans le mauvais sens et nous accompagnerons tous ce qui pourra aider Marseille à devenir La Grande Métropole de l’Europe et de la Méditerranée.



