Article paru dans Ouest France lundi 15 septembre.
"À la Fête de L'Huma, samedi. Avec Delanoë, mardi, ralliant amis et militants... Le premier secrétaire veut rassembler le PS et la gauche. Rassembler le PS. François Hollande voulait travailler au rassemblement du PS avant de quitter son poste.C'est en cours. En se ralliant à Bertrand Delanoë, pour lui succéder, le premier secrétaire a déclenché d'autres ralliements, annoncés pendant le week-end : les présidents de Région de Bretagne, Jean-Yves Le Drian, et d'Aquitaine, Alain Rousset, des fidèles des anciens rendez-vous transcourants de Lorient. Objectif : créer un pôle central au sein du PS.
En faisant mine de croire qu'en choisissant le maire de Paris comme vrai patron pour diriger le PS, on ne l'aide pas dans la perspective de la présidentielle de 2012. Bien sûr, il devra confirmer. Mais face à Ségolène Royal, qui tente de gagner la direction du PS dans le même but, le maire de Paris accumule les points. Reste à savoir quel sera l'impact de ces ralliements sur les militants qu'Hollande rencontre chaque jour : Lomme-lez-Lille, Albi et, mardi, Cergy-Pontoise, avec Delanoë. Rassembler les autres. Il reste huit jourspour savoir combien de candidats se présenteront à la tête du PS. Le lieutenant de Ségolène Royal, Vincent Peillon, estime que l'ex-candidate à la présidentielle est la « plus légitime » pour faire l'unité du parti car elle a rassemblé 60 % des membres du PS lors de sa désignation.
Proche de Martine Aubry, Marylise Lebranchu, la députée bretonne et vice- présidente du conseil régional, a appelé, elle, avec le fabiusien Didier Mingaud, à un rassemblement sans crainte des partisans du oui et du non au référendum européen. Fabius dans la majorité ou pas ? Tel est l'un des enjeux de la bataille. Reste Moscovici : il a l'air d'être sorti du champ, mais demande « que tous se parlent et fassent la paix ». Autour de lui. Manuel Valls commente : « Où est la rénovation ? »
Avec le PC, rassembler la gauche. François Hollande et Marie- George Buffet tout sourire à la Fête de L'Huma. C'était samedi, à La Courneuve. Ils veulent « créer une dynamique » pour « arriver à une gauche rassemblée ». On cherche déjà un nom à ce rassemblement espéré de l'ex-gauche plurielle (PC, PS, Verts, MRC, PRG). Bertrand Delanoë est de passage aussi, « comme tous les ans ». Olivier Besancenot, lui, a changé de statut. En lançant un parti qui ne veut pas du pouvoir, il est arrivé incognito, sans tapis rouge. Il nie chercher à débaucher des militants ou sympathisants communistes, mais signe des dédicaces de son livre.
C'est contre lui que Buffet et Hollande se retrouvent. Pour ne pas se laisser manger la dernière laine sur le dos, Marie-George Buffet appelle la gauche à « l'offensive ». « Je vous sens sceptiques », reconnaît-elle devant les 40 000 présents à son discours de clôture. Elle n'a pas atteint 2 % à la présidentielle mais, grâce aux accords avec le PS, le maximum de maires communistes a pu être sauvé, en mars. Ça compte. Didier EUGENE.



