Aujourd’hui Nicolas Sarkozy suspend le projet de privatisation de La Poste. C'est une formidable victoire.
La direction de La Poste, qui emploie 288.000 personnes, affirmait avant la crise devoir trouver au moins trois milliards d'euros afin d'affronter l'ouverture totale à la concurrence, chiffre qui pourrait augmenter avec la crise. Il existe d'autres solutions que le changement de statut. Le projet d'ouverture partielle au privé du capital de La Poste ne sera pas mis en oeuvre pendant la crise financière, une annonce d'Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, aujourd’hui même. "Il n'est pas question, dans la situation où nous nous trouvons, d'ouvrir pour l'instant le capital de La Poste", a d'abord dit Henri Guaino dans un premier temps sur Europe 1. Il a ensuite précisé sa déclaration sur France Info.
"La décision sur La Poste sera prise le moment venu, pour l'instant, il n'y a pas de décision, donc la question de l'ouverture du capital n'est pas posée", a-t-il dit. Il a précisé enfin que le passage au statut de société anonyme n'était pas remis en cause et devrait en principe se faire en 2009 ou 2010.
L'abandon du statut d'établissement public est en effet obligatoire en vue de l'ouverture totale du marché postal à la concurrence, en 2011, décidée au niveau européen, juge-t-il. C'est l'éventuelle cession, après ce changement, d'une partie minoritaire du capital au privé qui est mise en cause par la crise, selon lui.
Cette étape n'est pas obligatoire, l'Etat pouvant par hypothèse garder, dans un contexte de concurrence, 100% du capital et organiser le refinancement de La Poste par des fonds publics ou para-publics, estime-t-il. Une commission de réflexion doit rendre ses conclusions en décembre. L'abandon du recours au marché financier semblait inéluctable dans la crise, mais c'est cependant la première fois que l'Elysée remet explicitement en cause cette option.
Le 6 juillet dernier, le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant avait déclaré que ce projet défendu par la direction de La Poste "méritait l'intérêt".
Mais il faut être plus clair. Nicolas Sarkozy doit abandonner purement et simplement ce projet de privatisation de La Poste. Rien ne justifie cette politique ultralibérale de privatisations. La crise du système capitaliste démontre l’inefficacité pour les populations de ce choix doctrinaire des conservateurs de tous poils.
La crise financière impose l'évidence: la libre concurrence, la loi du marché, le libéralisme ont fait leur temps comme vient de le déclarer le PCF.




