Le décompte proclamé hier par la direction du PS donne Martine Aubry gagnante avec 42 voix d’avance, soit 0,03% des suffrages. Bien entendu, Ségolène Royal rejette ce résultat et dénonce des fraudes. Elle exige un nouveau vote. Le feuilleton se poursuit.
Lundi une commission spéciale doit se réunir pour examiner les résultats afin de statuer sur les réclamations. La commission comprend trois mandataires de chaque camp, avec, en observateur, un représentant de l'eurodéputé Benoît Hamon, éliminé du second tour par le vote militant du 20 novembre. Et mardi, le conseil national du PS se réunit. Objectif: désigner le prochain secrétaire général du Parti socialiste, qui succèdera à François Hollande.
Le conseil, qui est formé à la proportionnelle à partir du vote des motions du 6 novembre. Le débat, ou le combat va être rude. La place de premier secrétaire du PS ouvre les portes à la candidature aux prochaines élections présidentielles.
C’est bien pour cela que cette place est tant convoitée. Alors, le parti socialiste risque-t-il d’imploser ? Sincèrement je n’y crois pas. Les analystes, d’ailleurs, restent sereins, et faisaient ce week-end la même analyse qu’il y a quinze jours à la suite du congrès de Reims: « les élus du PS ont trop besoin du parti pour exister ».
Même Ségolène Royal a exclu samedi soir de quitter le parti si elle perdait. «La scission est possible, les circonstances s'y prêtent, mais ce n'est pas le plus probable», explique ainsi Paul Bacot à Reuters, soulignant que le parti est composé à plus de 60% d'élus et de collaborateurs d'élus qui ne casseront pas leur outil de travail. Même constat pour l'analyste Dominique Reynié, chercheur au Cevipof.
Pour ses membres élus, dit-il à Reuters, le PS «est un trésor de guerre, une machine indispensable pour gagner». Les élections européennes en juin 2009, les élections régionales en 2010, puis la présidentielle et les législatives en 2012...
Le Parti socialiste parviendra certainement à se réconcilier quand les échéances approcheront. Car la situation qui menace le PS n'est pas la disparition mais, au pire, une série de revers électoraux. D’ailleurs, si le PS attire toujours autant d’électeurs, c’est bien parce qu’il est perçu comme le plus crédible pour mettre en échec la force Sarkozienne.
Personne ne me fera croire que c’est la pertinence de son projet qui fait de lui un parti attractif pour des millions de Françaises et de Français. Comme François Mitterand, Ségolène Royal a crée une dynamique formidable aux dernières présidentielles.
Remarquons que dans l’histoire de notre 5e république, seules deux périodes électorales ont vu s’affronter deux hommes de droite au deuxième tour de la présidentielle ; 1969 avec Poher/Pompidou et 2002 avec Le Pen/Chirac. Dans ces deux cas, c’est le candidat du parti majoritaire à droite qui a gagné.
Alors, il faudra bien savoir si celles et ceux qui souhaitent un changement réel dans notre pays, se laisseront tenter une fois de plus par ce "moindre mal" si séduisant à leurs yeux qu’est le PS.
Mais pour éviter ce piège éternel, auront-ils une autre force politique, à leur disposition, à gauche capable de concurrencer le parti socialiste ?
C’est toute la question, non ?




