Partisans de la dilution du Parti et de la création d'une nouvelle force. Y aurait il un débat au PCF ?
Je publie aujourd’hui une réaction de Jean Louis Cailloux, Section de Suresnes du PCF, Hauts de seine.
« Faisons confiance aux communistes pour dire ce qu’ils veulent.
11 membres du Comité Exécutif National !!! (Brigitte Gonthier Morin Nicole Borvo, Sophie Celton, Patrice Cohen-Séat, Jean-Marc Coppola, Marie-Claire Culié, Elisabeth Gauthier, Joëlle Greder, Fabienne Haloui, Alain Hayot, Richard Sheehan,), publient un texte pour s’opposer frontalement aux choix exprimés par les communistes lors du vote sur la base commune pour le congrès, et au mien qui a été de voter le texte du CN.
En effet, alors que les adhérents du parti viennent de se prononcer clairement (à travers certes trois textes distincts) pour l’existence du PCF, ces dirigeants cherchent, à partir des ambiguïtés de la base commune du Congrès, à en transgresser le sens et à relancer le projet de dilution dissolution du PCF.
Ils proposent trois ouvertures précises: À partir du texte de la base commune en ajoutant « innocemment » un mot (souligné par moi) qui donne un sens très précis et non adopté par le vote des communistes : Ouvrir le parti comme le dit la base commune, à d’autres cultures politiques." et leur donner " toute leur place dans notre Parti transformé dans cet objectif."
Utiliser l’idée d’un front des "réseaux populaires et citoyens" qui serait « constitutif d'un "grand mouvement politique" Changer le nom du PCF pour "nous libérer d’une image qui ne correspond pas à ce que nous sommes..." et donner "corps à la métamorphose - assumons-la pleinement - que nous devons accomplir." Examinons ces propositions.
1) Le mot communisme a-t-il besoin d’un adjectif ?. Celui (historiquement nécessaire) de Français en réduit déjà la portée universelle. Rajouter un qualificatif n’affaiblirait-il pas la portée d’engagement révolutionnaire? Ne serait-ce pas une étape vers des abandons ultérieurs ? À mon avis les signataires renoncent déjà à l’état d’esprit nourrissant l’action, l’engagement révolutionnaires. Compte tenu de l’exigence des communistes, cette proposition n’a aucune portée réelle, mais est peut être avancé comme leurre pour faire passer le reste.
2) L'idée de construire des "fronts" est très présente dans nos débats sur les élections et pour le Congrès. Elle peut séduire. Mais que recouvre l’idée de front dans le texte des rusés ? L'Huma du 21 juin dernier, permet d’en juger au travers des propos de Patrice Cohen-Seat, (cosignataire du texte, ce dirigeant exprimait aussi dans un livre que les valises du communisme sont trop lourdes à porter).
Dans une intervention lors d’un débat à Aubagne, le 12 juin 2008, avec des représentants de PRS et des comités antilibéraux, il affirmait : Je le cite « la construction d'un front peut être une étape avant d'aller plus loin..." « Je suis à l'unisson, déclarait-t-il, de tous ceux qui disent « faisons ensemble ». Mais on ne décrète pas de la vie et de la mort des organisations politiques de l'extérieur. Il faut partir de ce qui existe, de la diversité de nos cultures politiques, avec l'ambition de construire quelque chose.
Pourquoi ne pas construire ensemble un front? La construction d'un tel front peut être une étape avant d'aller plus loin. » Et ce front, précise-t-il, « pourquoi pas lors des élections européennes? Et pourquoi pas un front à l'échelle de l'Europe? »... Nous voyons bien qu’il a front et front. Celui d’un front de lutte populaire qui rassemble tous ceux qui, sur un ou des sujets donnés, se rejoignent. Celui qui vise de façon politicienne la création d’un nouvelle force politique et de dilution du PCF, objectif décidément toujours enraciné au sein du groupe dirigeant du parti.
3) Quant à l’ouverture, du parti, les signataires proposent sans vergogne l'ajout du mot politique au texte réel de la base commune (qui parle d’ouverture à d’autres cultures) et la transformation du Parti pour atteindre cet objectif d'ouverture à d’autres cultures politiques ! Les signataires nous proposent une nouvelle combinaison venue d’en haut et des appareils, là où il faut développer des luttes populaires transformatrices.
Cela est très différent avec le fait que pour les communistes, il va de soit qu’une adhésion au Pcf, se fait toujours dans le respect de la culture du nouveau venu. Il est d’ailleurs évident que la culture des jeunes adhérents ne peut être la même –y compris souvent dans la façon de militer- que les adhérents plus anciens. Nous ne demandons pas au nouvel adhérent de rentrer dans un moule culturel.
Par contre, et ce n’est pas la même chose, l’ouverture suppose à mon avis, l’échange, pour l'appropriation d'une culture commune, révolutionnaire, permettant par exemple dans cette période de crise de maîtriser le rôle de l'argent et de la finance dans notre société, d'identifier les objectifs révolutionnaires. Pour les signataires, il s’agit de bien autre chose. Tétanisés par le curare de la bipolarisation, et ne croyant qu’au rapport de force électoral, ils recherchent un rassemblement de sommet.
Ces modifications ont un sens qui confirme la coupure très grave entre un groupe dirigeant qui poursuit son projet (refoulé l'an dernier par les assemblées de sections) de dissolution ou dilution du Parti dans un parti "de gauche", et des militants qui, tout en étant divers, sont convaincus qu'il y a besoin comme jamais du PCF, et qu'il faut le transformer sans le dénaturer ni le dissoudre. Les dirigeants signataires font preuve d’un esprit de ruse. Ils ont naturellement le droit de défendre un point de vue, mais nous pouvons relever que comme tous les autres partisans de la dilution du Parti et de la création d'une nouvelle force, ils n’ont pas osé, à aucun moment des débats du CN, énoncer leurs thèses et encore moins les soumettre au suffrage des communistes.
Ils auraient pu au CN qui a adopté le texte, désavouer clairement la phrase de la base commune concernant le choix de développer le PCF, phrase qui est contradictoire avec leurs propositions. Ces camarades n’ont pas eu le courage de cette franchise, mais trouvent une fois le vote passé, celui de manœuvrer pour tenter de dévoyer le choix des communistes, ou du moins indiquer à ceux-ci, comment ils doivent lire le texte.
Disons le, cette manœuvre est rendue possible par certaines ambiguïtés du texte du CN qui tout en faisant le choix clair du parti, n’exclu pas de possibles stratégies du type des « collectifs ». Le danger est sérieux car les signataires représentent environs 20% de l’exécutif national, et peuvent se retrouver avec d’autres (ceux du 4e texte non soumis au débat, ou ceux qui s’inscrivent dans l’idée peu précise de « métamorphose ». En fait ce sont des pratiques anciennes où le choix des adhérents n’existe pas.
Que faire devant ce danger et cet esprit de manoeuvre, et pour mettre en échec cette entreprise dangereuse ? C'est le rassemblement des communistes, qui dans la préparation du congrès et comme l'an dernier pour l'Assemblée extraordinaire des délégués de section, doit exiger des modifications de la base commune permettant des décisions claires et sans ambiguïté du Congrès.
Des décisions précises sur l'avenir du PCF, de novations, de transformations communistes, et non de régressions sociales-démocrates, des décisions précises d'actions pour donner au Parti une direction combative et convaincue, donc nouvelle. Il faut en finir avec ces attitudes qui bloquent le parti parce que la majorité de ses dirigeants ne croient pas à son utilité et passe son temps à lui savonner la planche et à des constructions politiciennes. Tout cela doit être combattu et justifie beaucoup d'exigences des communistes, dans le débat sur les élections européennes, sur le besoin de décisions précises et cohérentes du Congrès sur le devenir du PCF et la nature de ses transformations, et sur le besoin d'une nouvelle direction nationale et départementale vraiment décidée à agir pour une relance novatrice du PCF.
J’ai personnellement voté pour le texte du CN car il affirme l’ambition de «dépassement du capitalisme », de faire émerger une autre civilisation, celle d'un « communisme de partage et de liberté pour chacune et chacun »,(..) « en prise avec les réalités et les aspirations de notre temps ». Il propose de développer le PCF, au lieu de s'engager dans la « recherche de la constitution d'un autre parti aux contours incertains » et de le transformer profondément tout en veillant à sauvegarder son « autonomie de réflexion de décision et d'action ».
Ces phrases sont un acquit militant. Mais ses insuffisances, ses ambiguïtés, nous le voyons avec cet appel de membres de l’exécutif, nécessitent un fort travail des militants communistes sur le contenu. Alors mettons nous en débat et repoussons les ruses et les manœuvres. Veillons aussi à l’élection des délégués, et aux candidatures pour les directions car l’esprit de ruse associée aux pratiques des directions sortantes peut se manifester de façon redoutable pour favoriser les partisans des abandons. Comme le dit notre secrétaire départementale dans son rapport au dernier conseil départemental - nos pratiques risquent d’être encore teintées de centralisme. »
JL Cailloux


Excellent article.
Il faut bien comprendre que "Communistes Unitaires" agit comme une tendance organisée (Programme distinct, discipline de vote distincte, exécutif distinct), donc comme un Parti distinct à l'intérieur du PCF.
Cette tendance organisée tente de prendre le contrôle du PCF pour le transformer en un rassemblement humaniste marxisant situé entre les Communistes et les Socialistes.
Cette tendance organisée a déjà plus ou moins pris le contrôle, entre autres, d'Espaces Marx et du secteur international du PCF.
Elle n'admet guère, dans les secteurs ou fédé qu'elle contrôle, les communistes "proParticommuniste", si on peut créer ce mot.
Qui plus est, pour préparer la voie à leur rassemblement aux contours incertains, elle décrie inlassablement le PCF et aussi les autres partis communistes ou pays socialistes.
Par contre, quand le PCF tente de redresser la barre et de rétablir la démocratie dans son fonctionnement, les "Communistes uniteires" qui en fait créent la désunion, crient à la "purge"!
Il est plus que temps de stopper le "détricotage du Parti" et de reprendre confiance en nos forces et en notre potentiel révolutionnaire!
Rédigé par: Pierre K. | 10 décembre 2008 at 12:28