Le 34e congrès du Parti Communiste Français s’ouvre demain.
Les militants présents décideront de conserver leur organisation issue du congrès de Tour en 1920. La très grande majorité des communistes qui restent membres du PCF sont attachés à leur engagement politique au point de l’identifier à la structure parti à laquelle ils appartiennent.
Quoi de plus naturel d’ailleurs ! Quand on a milité toute sa vie pour le communisme et que ce combat a été porté par le PCF pendant près de 90 ans, on ne peut se résoudre à sa disparition. Je les comprends très bien puisque mon engagement personnel depuis 35 ans est identique.
Le débat dans cette préparation de congrès du PCF a essentiellement tourné autour de cette question. Il y aurait ceux qui voudraient la disparition du parti et les autres qui voudraient le maintien de celui-ci. Très sincèrement je crois que poser ainsi la question n’a pas de sens.
Demander aux communistes qui sont encore adhérents s’ils veulent que leur parti existe, se développe, gagne en influence électorale etc. est un peu absurde, non ? Évidemment que tous souhaitent voir leur parti compter fortement dans la vie politique française.
Le problème n’est pas de savoir ce que les communistes pensent, mais de savoir pourquoi le peuple français lui, ne pense pas que ce parti puisse lui être utile. Oh, bien entendu, beaucoup de nos concitoyens ne nous rejètent pas. Ils pensent parfois que nous devons être encore plus à leur cotés pour les défendre. Ils veulent nous voir à l’avant pointe du combat pour défendre leurs intérêts.
En gros, un tiers des Français n’ont pas une mauvaise image du PCF. Mais le problème, c’est qu’ils ne sont que 2% à lui faire confiance lors des scrutins nationaux. Remarquez que nous allons certainement progresser aux prochaines élections européennes puisque les premiers sondages nous place à 4% des intentions de votes. Le PCF doublera ainsi son score de la présidentielle. C’est une bonne chose qui me fait dire aujourd’hui que le PCF n’est pas près de mourir. Il poursuivra son existence encore longtemps.
Ce qui m’importe plus, c’est de savoir comment le changement réel dans notre pays pourrait se faire avec un PCF à ce niveau d’influence ? Bien entendu qu’il nous faut « révolutionner » la gauche. Bien entendu qu’il faut un rassemblement majoritaire pour y parvenir. Bien entendu qu’il faut un projet progressiste qui enthousiasme les citoyens.
Mais qui peut croire que ceux-ci vont accorder leur confiance à un parti politique qui est perçu comme marginalisé pour ne pas dire plus ? Un jeune élu communiste m’a présenté une image qui donne bien à voir le problème qui nous est posé.
Ce camarade me disait : « Frédéric, quel club, crois-tu, que les jeunes gamins qui jouent au foot dans la cité veulent soutenir ou rejoindre ; celui qui est dernier et en deuxième division ou celui qui joue les premiers rôles comme l’OM ? Ils veulent jouer la gagne, même si le club de deuxième division est le plus cher à leur cœur parce que c’est celui de leur enfance et de leur quartier. »
Le problème politique posé au PCF est bien celui-là. Tous les dirigeants, tous les militants le savent bien. C’est la raison pour laquelle le PCF s’engagera inexorablement vers la stratégie des fronts citoyens et politiques avec d’autres forces. Il en a déjà proposé sa constitution pour les prochaines élections européennes de 2009.
C’est la raison pour laquelle il s’engagera, tôt ou tard, dans un rassemblement des forces radicales à gauche. Son seul souci sera de préserver, à juste titre, ses positions électorales voir d’essayer d’en conquérir d’autres. C’est pourquoi, il fera toujours alliance avec la seule force politique qui peut lui assurer son implantation : le parti socialiste. Que ce dernier soit allié ou pas avec le modem comme à Marseille.
Le PCF est donc voué à cette stratégie à multiples facettes. Il ne pourra pas échapper à cette quadrature du cercle. Sa crédibilité en sera d’autant plus remise en cause.
Je n’ai pas de solution miracle, mais il me semble que notre débat serait bien plus utile et serein si les communistes se posaient ces questions là à leur congrès au lieu de s’invectiver les uns les autres.




