Aujourd'hui, le Parlement européen a avalisé le plan d'action, qui doit permettre à l'Europe de mener la lutte contre le changement climatique, approuvé par les chefs d'Etat et de gouvernement, pour réduire de 20% les émissions polluantes de l'Union Européenne d'ici 2020.
Lors du Conseil Municipal, Jean-Claude GAUDIN, nous a soumis un rapport sur le plan climat territorial, rapport sur lequel le groupe communiste, républicain et citoyen s'est abstenu.
Pourquoi ?
Car, comme j'ai conclu mon intervention ce jour-là, le plan climat qui nous a été présenté : " ce ne sont que de belles paroles et nous attendons de voir comment ce plan va évoluer."
En effet :
« Monsieur le Maire, Chers collègues, les dirigeants de l’Union Européenne ont trouvé Vendredi dernier un accord pour mettre en œuvre leurs ambitieux objectifs de protection du climat en réduisant de 20% les émissions polluantes européennes d’ici 2020.
Inquiets des effets de la récession économique, de nombreux pays ont réclamé et partiellement obtenu d'importantes exemptions ou délais pour ce secteur. Ce qui fait dire aux défenseurs de l'environnement (Greenpeace, le WWF et Friends of the Earth Europe) que le plan européen a été en partie vidé de sa substance, et par là même « qu’il constituait un échec ».
Et une fois de plus, notre Président de la République, Nicolas Sarkozy, tire sa révérence de la présidence de l’Union Européenne sur un succès purement médiatique, mais a, en fait accouché d’une souris.
Dès lors, le combat est clair : une autre mode de croissance et de développement tout à la fois durable et soutenable, social et solidaire, n’est possible qu’en s’affranchissant des politiques libérales européennes et internationales actuelles.
À ce jour, la réponse à l’urgence écologique est bridée par les contraintes économiques et budgétaires, alors que les dérives de l’idéologie libérale que défend le gouvernement ne s’en embarrassent guère : 360 milliards d’euros ont été débloqués en faveur des banques, le paquet fiscal a été voté pour les plus privilégiés et les exonérations fiscales sont accordées à souhait. Telles sont les priorités de votre Gouvernement, que nous sommes loin de partager.
Bien au contraire, ce contexte de crise et de récession financière doit être un accélérateur d’un nouveau mode de développement par un programme de grande ampleur de recherche et de production d’énergies renouvelables, la maîtrise de la consommation énergétique.
Aussi, Monsieur le Maire, je me réjouis que vous en preniez enfin conscience en nous soumettant ce rapport aujourd’hui ! Il vaut mieux tard que jamais.
Je ne peux qu’être pour l’installation de panneaux photovoltaïques sur les toitures des bâtiments communaux et les équipements sportifs, le développement de l’éolien sur le territoire, la dématérialisation du papier et votre volonté de sensibiliser afin de changer les comportements des Marseillaises et des Marseillais.
Toutes ces démarches sont fort louables, mais manquent d’ampleur. Nous sommes tous conscients que la ville de Marseille ne peut agir seule. Aussi, je pense que notre Plan Climat Territorial prendra toute sa légitimité si de véritables réseaux de travail se mettent en place entre la Ville, le Conseil Général, le Conseil Régional et la Communauté Urbaine de Marseille pour les déchets et les transports, pour l’eau et l’économie.
Nous nous retrouvons face à un rapport qui a la couleur supposée de l’écologie, le goût de l’écologie, mais répond-t-il vraiment aux véritables enjeux écologiques, dans l’intérêt des Marseillaises et des Marseillais ?
Sur le fond, on ne peut que s’interroger sur la réalité de ces objectifs. Dans un premier temps, la révision du PLU: Peut-on imaginer que toutes les conditions seront réunies pour un développement durable efficace? Permettez-moi d’en douter !
Dans le rapport, je cite « en traduisant ces objectifs dans ses composantes, le PLU deviendra un outil majeur du Plan climat ».
Construire pour construire, manger de l’espace pour satisfaire les promoteurs immobiliers, construire à bas coûts pour faire monter les marges, oublier systématiquement les normes qualités ; soyez assuré, Monsieur le Maire, que nous serons très attentifs !
Il faut penser autrement le développement de l’urbain et reconstruire la ville sur la ville. Harmoniser et rapprocher les lieux de travail, d’habitation et de culture.
Nous ne pouvons accepter de lier le sort du développement durable à des impératifs de rentabilité financière.
Par exemple, de quelle manière la ville s’impliquera dans la réhabilitation environnementale du parc de logements privés diffus et imposera les normes hautes qualités exigées aujourd’hui ? Dans combien de temps et dans quelles proportions pourra-t-on appliquer ces normes au parc existant ?
Dans un second temps, autre point pour le moins sensible : le problème des transports collectifs. Certains secteurs ne peuvent êtres confiés au marché libéral.
La solidarité nationale en matière de transports doit jouer en faveur du transport ferroviaire - mode de transport peu polluant -, pour l’entretien des lignes existantes, la création de nouvelles lignes.
Il est impératif de développer des transports collectifs plus respectueux de l’environnement et accessibles à tous, avec l’extension des Transports en Commun en Site Propre, la poursuite du tramway au sud comme au nord de Marseille.
Il est impératif de favoriser les déplacements en mode doux permettant une vraie alternative « au tout voiture » avec notamment des navettes maritimes ou des Batobus, le développement des pistes cyclables et l’interdiction de l’automobile en centre ville.
Où en est la piétonnisation du vieux port annoncée par vous-même dans la campagne électorale par exemple ?
Monsieur le Maire, je dois reconnaître que vous nous présentez aujourd’hui un Plan Climat Territorial avec de bonnes intentions.
Et en réponse à mes interrogations, peut-être allez-vous me répondre : « Vous n’avez pas lu avec attention le document annexé, Monsieur DUTOIT ».
Monsieur le Maire, je vous répondrai « Oui, je l’ai lu mais à ce jour, ce ne sont que de belles paroles et nous attendons de voir comment ce plan va évoluer ». Voilà pourquoi nous nous abstiendrons sur le vote de ce rapport. »



